Anacolor veut réduire ses émanations, mais pas de 90%

L'usine a fait l'objet de plusieurs plaintes depuis... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

L'usine a fait l'objet de plusieurs plaintes depuis qu'elle a accru sa production en 2012.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) C'est bel et bien l'obligation de réduire de 90% ses émanations de composés organiques volatils (COV) que conteste Anacolor, dont l'usine de Cap-Rouge fait l'objet de nombreuses plaintes depuis 2012 à cause des odeurs de peinture que ses activités dégagent. L'entreprise l'a confirmé hier lors d'une opération médiatique, arguant que le ministère de l'Environnement outrepasse ses pouvoirs en lui imposant cette condition.

Comme le révélait Le Soleil la semaine dernière, Anacolor a demandé le 30 septembre au Tribunal administratif du Québec d'invalider le «certificat d'autorisation» en vertu duquel l'Environnement permet à l'usine de poursuivre ses activités. Parmi les conditions imposées, la principale est d'installer un système d'épuration qui éliminerait 90% des COV sortant des cheminées de l'usine, qui fait de la peinture de pièces métalliques.

Or, fait valoir l'avocat Marc-André Gravel, qui représente l'entreprise, le certificat d'autorisation de l'Environnement est imposé en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement, alors qu'il y a déjà un règlement qui régit les émissions de COV au Québec, le Règlement sur l'assainissement de l'atmosphère. «Comme ça a été reconnu par les tribunaux à maintes reprises, quand le législateur prend la peine d'adopter un règlement spécifique, ce sont ces règles spécifiques là qui s'appliquent», dit-il.

Ce règlement stipule que l'obligation de réduire de 90% les rejets de COV ne s'applique qu'aux installations qui émettent plus de 100 kilogrammes de COV par jour, alors qu'Anacolor n'en génère qu'une soixantaine «au maximum». Ce sont donc d'autres normes, que l'usine respecte déjà, qui doivent s'appliquer, plaide Me Gravel.

Cela dit, souligne le président de la compagnie, Éric Nadeau, «on a déjà fait 40% jusqu'à maintenant, on a commencé à utiliser [des substances pour masquer les odeurs] et on est sur le point d'installer un autre système. Alors, on n'est pas d'accord avec le 90%, mais ça ne veut pas dire qu'on ne veut pas s'améliorer encore pour des questions de bon voisinage».

Production accrue depuis 2012

Rappelons que la compagnie exploite une usine de peinture de pièces métalliques à Cap-Rouge, juste sous le pont ferroviaire. L'usine elle-même est active depuis une quarantaine d'années, mais elle a considérablement accru sa production en 2012, et c'est par la suite que les plaintes (pour odeur de peinture, maux de tête, irritation des voies respiratoires, etc.) se sont multipliées dans ce secteur. On croyait bien avoir trouvé une solution, en 2013, quand l'entreprise a augmenté la hauteur de ses cheminées et remplacé certains des solvants qu'elle utilise, mais des analyses d'air effectuées par le ministère de l'Environnement à l'automne 2015 et dévoilées par Le Soleil au printemps ont prouvé que rien n'a été réglé. Plusieurs COV dépassent encore régulièrement les normes environnementales dans l'air du quartier.

Dans un rapport déposé en mars dernier, la Santé publique a conclu que les concentrations atteintes n'étaient pas assez fortes pour provoquer des effets toxiques, mais qu'ils pouvaient néanmoins déclencher des symptômes bien réels, comme des nausées et des maux de tête. Elle demandait que la pollution soit grandement réduite à la source.

Plusieurs citoyens du quartier, qui sont en train de s'organiser en un groupe formel, demandent le déménagement pur et simple d'Anacolor.

Changement de cap à la Ville ?

La Ville de Québec, dont la position a toujours été de dire qu'elle suivait le dossier Anacolor «de près», mais qu'elle ne pouvait pas faire grand-chose, souhaite maintenant changer le zonage du secteur afin, éventuellement, de «redévelopper le site de l'usine».

Un projet de règlement en ce sens a été présenté cette semaine au conseil d'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge et une consultation publique aura lieu le 2 novembre.

«Il est souhaité de modifier le plan de zonage de manière à créer une nouvelle zone incluant [Anacolor], où plusieurs usages du groupe commerce [quelques commerces sont installés dans les lots concernés] sont retirés et où les droits acquis sont gérés de manière stricte», lit-on dans le document.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer