Hausse du réservoir de la Manic-5: «un manque flagrant» de transparence

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Les gens qui verront leur chalet noyé par la hausse du niveau d'eau du réservoir du barrage Daniel-Johnson n'ont guère de recours.

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Steeve Paradis

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Le Soleil

(Baie-Comeau) Le milieu de la Manicouagan et, surtout, les propriétaires touchés ne semblent guère avoir le choix d'encaisser la décision d'Hydro-Québec de hausser de plusieurs mètres le niveau du réservoir de Manic-5, qui fera en sorte d'ennoyer au moins une cinquantaine de chalets. Mais ça ne l'empêche pas de déplorer la manière de procéder de géant de l'hydroélectricité.

«Ils sont rois et maîtres sur le territoire, ils font ce qu'ils veulent. Hydro-Québec a le devoir de mieux informer le public. C'est un manque flagrant de la part d'une société d'État», peste le conseiller spécial au secteur Ressources et territoire du conseil des Innus de Pessamit, Jack Picard. «On ne sait rien, ajoute-t-il. On les a rencontrés il y a deux semaines et on a eu zéro document, que du verbal.»

«On a dit à Hydro : "Vous ne pouvez pas faire ça, vous allez ennoyer des bâtiments", enchaîne le conseiller. On nous a répondu qu'ils étaient dans leur droit, selon le décret des années 60. Mais ça fait 40 ans que le niveau du réservoir est un peu plus bas que 345 mètres (au-dessus du niveau de la mer) et là, ils veulent se rendre à 359 mètres? Quinze mètres de hauteur, ça fait de l'eau, ça.»

Le conseil des Innus exige que la société d'État se soumette à une étude d'impact environnemental, même si elle n'y est pas tenue. Une des craintes de Pessamit est l'augmentation du niveau de mercure que ne manquera pas de créer un réservoir plus grand. «Une autre [crainte] est de savoir précisément la superficie qui sera ennoyée. Ça, personne ne semble le savoir», a lancé le conseiller spécial.

Geste cavalier

Même si plusieurs villégiateurs perdront un bien précieux pour la plupart, la majorité a une clause dans leur bail stipulant qu'ils sont en zone inondable et qu'ils n'ont pas droit à des compensations le cas échéant. Le député de René-Lévesque en convient, mais il considère le geste plutôt cavalier. «Ils ont le droit de faire ça, mais ils ont aussi le devoir de bien informer la population sur les conséquences des gestes qui sont posés», a clamé Martin Ouellet.

«Ce qui me fait le plus rager, c'est probablement quelqu'un à Montréal qui a pris cette décision, qui s'est dit : "Ben, ça doit être comme dans les années 80, y'a pas de chalets, y'a pas de station scientifique, y'a pas d'infrastructures, ça fait qu'on hausse le niveau, on envoie ça à la région et ça finit là"», a enchaîné le député, visiblement ulcéré.

M. Ouellet s'est dit «absolument étonné» quand il a appris la chose il y a près de trois semaines. «Le pdg d'Hydro est venu en commission parlementaire en septembre nous parler de toutes sortes de choses, dont la transparence, mais on n'a jamais entendu parler de rehaussement de niveau de réservoirs. Ils ont raté une belle occasion d'être transparents», a-t-il fait valoir.

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