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Québec veut trapper les braconniers récidivistes

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Le syndicat des agents de protection de la faune du Québec estime qu'en plus d'amendes plus salées pour les braconniers récidivistes, le gouvernement devrait saisir leur certificat de chasseur.

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(Québec) Le gouvernement du Québec songe à donner plus de «mordant» à sa loi antibraconnage. Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, étudie actuellement l'idée de serrer la vis aux récidivistes.

Le braconnier a la fâcheuse manie de vanter de ses exploits, puis de recommencer, encore et encore. Même s'il se fait prendre, «c'est plus fort que lui», un peu comme «une maladie», confiait récemment une source venant du domaine de la protection de la faune.

Dans ce contexte, et admettant être soumis à une «pression populaire», le ministre Luc Blanchette envisage la possibilité d'augmenter les amendes rattachées à la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune au Québec.

«Pour une première infraction ou une première série d'infractions, on a tendance à appliquer la loi telle quelle, mais on a de l'ouverture à pouvoir la réviser de façon à ce que, pour les récidivistes, on puisse être plus sévère», a-t-il affirmé au Soleil mercredi.

Si les récidives surviennent dans les trois ans après la première offense, la loi réclame déjà des montants plus substantiels. «On l'augmente, mais peut-être pas suffisamment. La population nous demande d'être plus sévère», a-t-il ajouté, se basant sur des commentaires reçus par les réseaux sociaux ou sur le terrain. «Ce serait quoi, le montant? La récidive est-elle suffisamment dissuasive? [...] On est en train de faire l'analyse.»

Certains articles de la loi sont assortis d'amendes assez salées, bien souvent dans les quatre chiffres. Les condamnations dévoilées plus tôt cette semaine pour une vingtaine de braconniers de la région du Bas-Saint-Laurent - opération Quenouilles - en sont un bon exemple. Les amendes variaient entre 250 $ et 64 000 $ par tête selon les manquements commis. Le milieu semble toutefois croire qu'il faut faire plus pour décourager un braconnier chronique.

En poste aux Forêts, à la Faune et aux Parcs (MFFP) depuis un peu plus d'un mois, M. Blanchette n'a pas déterminé d'échéancier pour appliquer d'éventuelles mesures encore plus coercitives. «On analyse le dossier en collaboration avec les agents de protection de la faune pour avoir plus de mordant sur la loi.»

À la bonne porte

Ceux qui sont chargés d'appliquer les règlements sont ouverts à des mesures plus musclées contre les braconniers notoires. «S'il veut s'attaquer aux récidivistes, le ministre va cogner à la bonne porte», a réagi Pierre Gagné, président du Syndicat des agents de protection de la faune du Québec.

M. Gagné croit qu'il faudrait, en plus des amendes, s'attarder aux suspensions de certificat. Les braconniers peuvent actuellement perdre ou se faire saisir leur certificat de chasseur pour une durée maximale de deux ans après une première offense. La durée de la suspension ou de l'annulation double ou triple si des récidives ont lieu dans les trois premières années après la première condamnation. «Ça, ça leur fait mal», a mentionné M.Gagné. Ce dernier soutient qu'il faut envisager une annulation à vie du certificat pour les cas les plus lourds.

Le critique du Parti québécois en matière de faune, Sylvain Roy, juge qu'augmenter «les amendes en cas de braconnage est un élément dissuasif incontestable». Mais, a-t-il précisé, «encore faut-il que cette mesure soit accompagnée d'une présence des agents de la faune sur le terrain». «Ils sont confinés] à leurs bureaux 50% de leur temps de travail», a-t-il déploré, citant le rapport 2016 du commissaire au développement durable. 

La lutte contre le braconnage a été particulièrement faste en 2015-2016 au Québec. Selon le rapport annuel paru à la mi-septembre, 5217 dossiers d'infraction ont été traités, menant à 7000 chefs d'accusation. Le MFFP estime à 4815 le nombre de personnes qui seront visées par des poursuites. Les amendes perçues pour l'année sont de l'ordre de 2,6 millions $.

En chiffres

5217 : Nombre de dossiers d'infraction pour braconnage qui ont été traités en 2015-2016

2,6 M$ : montant total des amendes perçues pour l'année

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