Un «scandale» enfoui dans les dépôts à neige

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(Québec) Un seul dépôt à neige sur la douzaine que compte la Ville de Québec respecte les normes environnementales, soutient l'opposition en se basant sur des documents internes des travaux publics municipaux. Les trois élus de Démocratie Québec jugent que ce «scandale» est la «responsabilité entière» du maire Labeaume et de ses choix budgétaires.

Le dépôt de la Colline, dans l'arrondissement de La Haute-Saint-Charles, est le plus inquiétant et «majeur» aux yeux des trois élus de Démocratie Québec qui, lundi, ont convoqué les journalistes pour dénoncer ce qu'ils attribuent être «de l'inaction» et de la «négligence» de l'administration Labeaume.

«La neige qui fond se déverse directement dans la rivière Saint-Charles et la prise d'eau potable», a commenté le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Paul Shoiry.

«C'est inacceptable, voire même scandaleux», a-t-il poursuivi, carte du secteur Château-d'Eau à l'appui.

L'opposition reproche à Régis Labeaume de «parler des deux côtés de la bouche» en soutenant que sa priorité est la qualité de l'eau potable. «La Ville de Québec se targue d'être exemplaire, mais elle est loin d'être exemplaire», a ajouté M. Shoiry qui invite le maire Labeaume à regarder sa propre administration avant de «faire la morale aux autres». Il faisait allusion au règlement de contrôle intérimaire de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) dont M. Labeaume est président. Ce RCI, qui entrera en vigueur le mois prochain, freine la construction dans le bassin versant du lac Saint-Charles dans les municipalités au nord de Québec, notamment à Stoneham et Lac-Beauport.

Se basant sur des Rapports de fonte de 2012 à 2015, dont Démocratie Québec a obtenu copie en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, les experts de la Ville notent que seul le dépôt à neige de l'Hêtrière, dans l'arrondissement Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge, respecte la réglementation.

«Cinq des dépôts rejettent leurs eaux dans la rivière Saint-Charles entre le boulevard Henri-IV et la rue Saint-Sacrement, contribuant ainsi à l'ensablement de la rivière», peut-on lire dans des extraits de rapport distribués aux journalistes.

«Pour les chlorures, huit dépôts à neige excédent le critère de qualité pour la protection de la vie aquatique», poursuit le rapport.

«La neige qui fond se déverse directement dans... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

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«La neige qui fond se déverse directement dans la rivière Saint-Charles et la prise d'eau potable»,  a commenté le chef de l'opposition à l'hôtel de ville Paul Shoiry, lundi.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Vérificateur général

Ce constat fait dire à l'opposition que l'administration n'a «rien fait» puisque le Vérificateur général de la Ville avait déjà «sonné l'alarme en 2012».

«Le maire ne peut pas dire qu'il ne le savait pas, a martelé Paul Shoiry. Aucune mesure correctrice importante n'a été apportée et aucune n'a été prise malgré les recommandations du service de l'environnement.»

Dans les documents obtenus par les élus, les experts de la Ville recommandent diverses mesures comme l'installation de bassins de rétention plus efficaces «et idéalement disposés à l'extérieur du lieu de disposition de la neige». On peut aussi y lire qu'un plan d'action 2012-2016 vise à donner priorité aux dépôts dont les rejets sont dirigés vers les rivières Saint-Charles et Lorette, soit De la Colline, Jonquière, Godin, Saint-Thomas, Michelet et Chanoine-Scott. On lit aussi qu'une étude «sera effectuée en 2016».

Or, quatre ans après le constat de 2012, aucun changement n'a été apporté, note Démocratie Québec. «Le maire pour lui, c'est un rapport, ce sont des informations qu'il a mis sur la tablette. C'est clair qu'il n'a pas mis les énergies et les ressources nécessaires pour apporter les correctifs à la suite de tout ce qui lui avait été mentionné autant de la part des travaux publics que du Vérificateur général», a renchéri la conseillère Anne Guérette.

Conclusion pour Démocratie Québec : le «maire Labeaume et de son équipe» ont la «responsabilité entière» de ce «scandale». «La pollution directe des cours d'eau de la Ville est causée par l'inaction et le non-suivi des mesures correctrices», a tranché Paul Shoiry. 

Au service des communications de la Ville de Québec, on a renvoyé les questions du Soleil au cabinet du maire où on a indiqué en fin de journée que le vice-président responsable des infrastructures, Jonatan Julien, réagira mardi.

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