Le lac Saint-Charles, le chouchou des chercheurs

Étant la source d'eau potable de 400 000... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Étant la source d'eau potable de 400 000 personnes - un sommet au Québec - le lac Saint-Charles suscite l'intérêt de chercheurs oeuvrant dans plusieurs domaines.

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(Québec) Les chercheurs se ruent littéralement sur le lac Saint-Charles. Cette source d'eau potable pour les citoyens de Québec est devenue un véritable laboratoire à ciel ouvert avec plus d'une quinzaine de projets de recherche en cours ou à venir.

«Il n'y a aucun autre lac autant étudié au Québec», lance Mélanie Deslongchamps, directrice générale de l'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL). Elle attribue cet intérêt des biologistes, des experts en science de l'eau ou en environnement à la particularité du lac Saint-Charles comme source d'eau potable pour 400 000 citoyens. Nulle part ailleurs dans la province autant de gens s'abreuvent à même un lac, de surcroît d'une superficie relativement modeste, dit-elle. 

L'organisme APEL mène lui-même plusieurs études de surveillance de la qualité du lac. Mais en plus de ces mises à jour régulières de sa santé, le lac attire entre autres des chercheurs du Centre d'études nordiques, de l'Université Laval, de l'INRS, de l'Université de Montréal et de Polytechnique. Les projets, déjà démarrés ou sur le point de l'être, sont répertoriés dans un document remis à la Ville de Québec et dont Le Soleil a obtenu copie.

On y constate que le lac Saint-Charles est étudié sous tous les angles, en été comme en hiver, dans le fond comme à sa surface.

Médiatisation

Outre les caractéristiques marines et l'état de santé préoccupant du lac qui intéressent les chercheurs, Mélanie Deslongchamps ne cache pas que la médiatisation du plan d'eau depuis une première sortie du maire de Québec, Régis Labeaume, pour sa sauvegarde en novembre 2015 a attiré les projecteurs sur le lac Saint-Charles. L'imposition par la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) de restrictions aux constructions à Lac-Beauport, Stoneham, Sainte-­Brigitte-de-Laval et Lac-Delage avec le fameux règlement de contrôle intérimaire (RCI) a aussi placé le lac Saint-Charles au coeur de l'actualité.

Mélanie Deslongchamps parle de «momentum» qui a remis sur le dessus de la pile des dossiers sur lesquels son organisme travaille depuis longtemps. «C'est le sujet de l'heure et c'est le temps de faire passer les projets qu'on juge nécessaires», dit-elle.

La place du lac Saint-Charles dans l'espace public a aussi attiré un lot d'étudiants à la maîtrise ou au doctorat qui y voient eux aussi un terrain de recherche particulièrement porteur.

À l'APEL, on s'organise pour que personne ne se marche sur les pieds. «Il a fallu qu'on coordonne tout ça», poursuit Mme Deslongchamps. En mai, l'organisme a d'ailleurs tenu une journée avec tous les chercheurs pour faire le point sur les projets en cours, dont trois que Le Soleil vous présente aujourd'hui.

Les sédiments racontent le passé

En 1997, Roxane Tremblay avait consacré sa maîtrise à l'étude du fond du lac Saint-Charles qui témoigne de l'activité humaine au fil du temps. Près de 20 ans plus tard, la même chercheuse revient avec cette fois-ci une étude complète des sédiments du lac. Quelque 13 carottes de la matière présente au fond du plan d'eau seront prélevées, un échantillonnage particulièrement imposant, selon Mélanie Deslongchamps. «L'étude de l'accumulation de sédiments permettra de voir l'évolution de la présence d'azote et de phosphore, responsables de la prolifération des cyanobactéries aussi connues sous le nom d'algues bleu-vert. «Les sédiments peuvent nous permettre de voir s'il y a eu un impact lors de la construction de l'autoroute», illustre-t-elle à propos de ce projet de recherche que l'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL) souhaite voir lancé «depuis 10 ans».

La taille des plantes aquatiques

Autre projet souhaité par l'APEL depuis longtemps : celui de la mise à jour de la taille des plantes aquatiques. Ces plantes qui, tout comme les cyanobactéries, se nourrissent de phosphates et d'azote contenus dans les produits nettoyants et l'engrais peuvent nuire à l'équilibre du lac. Or, leur ampleur n'a pas été mesurée depuis 2012. «On pourra savoir si elles sont stables ou elles ont continué à croître comme elles l'avaient fait entre 2007 et 2012», a dit Mélanie Deslongchamps à propos de l'étude que son organisme mène chaque cinq ans. La surveillance de la taille des plantes aquatiques est une étape de documentation, mais la directrice générale de l'APPEL le dit et le répète : la véritable solution viendra lorsque les produits sources de phosphates et d'azote seront interdits. «Sinon, c'est comme mettre un plaster sur un bobo», illustre-t-elle.

Les fosses septiques sous la loupe

L'un des points majeurs du RCI dans les municipalités de la couronne nord touche l'interdiction éventuelle de construire une résidence avec fosse septique. Toute la question des eaux usées est au coeur de bien des débats et une étude que mènera Biljana Narancic à partir du 19 septembre vise à «mesurer l'impact des rejets d'eaux usées sur la qualité de l'eau» et de «caractériser l'origine de la pollution fécale» du lac Saint-Charles. Dans le résumé de la recherche, on peut lire que le bassin versant du lac Saint-Charles comprend deux stations municipales d'épuration et «près de 6000 installations septiques autonomes».

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