Rincer la rivière Saint-Charles avec le fleuve?

N'ayant pas servi depuis plusieurs années, les portes... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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N'ayant pas servi depuis plusieurs années, les portes d'acier du barrage Samson sont très usées. La Ville pourrait être forcée d'apporter quelques mises à niveau à la structure pour réaliser son plan.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La Ville de Québec veut savoir si nettoyer les sédiments de la Saint-Charles à l'aide des marées du fleuve sera suffisant pour rendre possible le projet de Régis Labeaume de permettre le kayak ou le patin sur la rivière à la hauteur du centre-ville.

Le comité exécutif de la Ville de Québec a accordé en juillet des contrats à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) et à l'Université Laval pour évaluer ces 18 prochains mois «les impacts du transport des sédiments par l'optimisation de la gestion de l'ouverture de la vanne du barrage Samson de la rivière Saint-Charles».

L'octroi de ces deux subventions de recherche confirme le reportage du Soleil qui, en février, avançait cette hypothèse comme façon d'enlever la boue accumulée dans le fond du cours d'eau à la hauteur des quartiers Saint-Sauveur et Saint-Roch.

L'idée est en somme de voir si laisser entrer régulièrement l'eau du fleuve avec son fort débit sera suffisant pour enlever les sédiments accumulés dans le fond de la rivière.

L'envasement qui s'est créé au fil des ans empêche présentement d'utiliser la Saint-Charles à sa pleine capacité, notamment pour des fonctions récréatives, avait dit Régis Labeaume en décembre.

À l'occasion d'une entrevue de fin d'année, le maire de Québec avait alors fait état au Soleil de son plan pour «redonner» la Saint-Charles aux citoyens. 

«L'étude s'intègre dans la volonté de bonifier les usages récréotouristiques de la rivière Saint-Charles, de donner aux citoyens un accès privilégié à ses cours d'eau et de favoriser le développement de la faune, de la flore et de la vie aquatique», peut-on aussi lire dans un document du comité exécutif.

Mais pour améliorer l'accès à la rivière, il faut d'abord régler le cas des sédiments accumulés dans le fond, mélange de boue et de diverses substances qui stagnent faute d'un courant assez fort pour les faire voyager. 

Le problème est bien connu des experts de la Ville et des chercheurs. L'ouverture des vannes du barrage antimarée Joseph-Samson a d'ailleurs été testée à quelques reprises depuis 2011. «On a fait des projets expérimentaux de l'utilisation des marées. Ça a donné des résultats concrets, mais ce n'est pas assez», notait toutefois le porte-parole de la Ville, Jacques Perron en entrevue au Soleil en février. Il évoquait alors le besoin d'«études additionnelles».

Barrage en mauvais état

Voilà qu'elles arrivent avec ces subventions à l'INRS (73 242 $) et à l'Université Laval (133 050 $) votées par le comité exécutif de la Ville de Québec au début juillet.

Ces études menées pendant un an et demi mèneront à des conclusions déterminantes pour le moyen à privilégier afin de résoudre le problème de sédiments dans ce secteur de la rivière Saint-Charles. Un problème majeur restera cependant la difficile utilisation des vannes du barrage Samson. Ces portes d'acier sont très usées et certains intervenants avaient confié au Soleil en février qu'on craignait parfois de ne plus pouvoir les refermer tant elles étaient rouillées. 

La solution semblerait donc être celle mise en place d'une vanne modulante flambant neuve qui pourrait être contrôlée à distance.

Or, une telle amélioration au barrage Samson pourrait coûter cher. La Ville de Québec entend évaluer les besoins nécessaires à cette réfection et a prévu depuis 2015 dans son programme triennal d'immobilisations une somme de 200 000 $ pour analyser l'ampleur des travaux à effectuer.

Du kayak, de la voile légère et du patin

Commander des études pour régler la question des sédiments dans la rivière Saint-Charles s'ancre dans un vaste plan que le maire Régis Labeaume a éventé en décembre. Son souhait? Que les gens de Québec «jouissent» de ce cours d'eau urbain. Et pour y arriver, il faudra dégager des kilomètres de berges pour aménager des sentiers, des belvédères, des plantations, des quais, avait énuméré M. Labeaume en entrevue éditoriale en décembre.

Clairement emballé par son plan, le maire avait avancé qu'on pourrait dans quelques années y pratiquer le kayak, la voile légère et patiner l'hiver, une activité abandonnée depuis 1999. «Tout ce que tu veux; tout ce que tu peux faire dans une rivière», avait lancé M. Labeaume à propos de ce projet de «dizaines de millions de dollars». 

Problème technique

Une présentation technique quelques mois plus tôt montrant le problème des sédiments et le mauvais état du barrage antimarée Joseph-Samson l'a convaincu, avait-il relaté. 

«Ils nous ont montré le problème technique et j'ai dit : «On part! Tant qu'à faire ça, on le fait ensemble.» Aussitôt qu'ils m'ont parlé du barrage, j'ai dit : "Go, je veux une équipe complète, des aménagistes, des urbanistes. Je veux la totale», avait relaté M. Labeaume en évoquant un horizon d'au moins trois ans, le temps d'enlever les sédiments. 

Un plan plus détaillé du projet de réaménagement sera vraisemblablement présenté ces prochains mois.

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