Le lac à l'Anguille accueille... 10000 anguilles!

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Au cours de l'été, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs prévoit transférer quelque 10 000 anguilles âgées de moins d'un an vers le lac à l'Anguille.

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Saint-Anaclet-de-Lessard) Cet été, pour une première fois au Québec, 10 000 anguilles sont déportées de leur rivière d'origine vers un autre cours d'eau pour leur épargner un long voyage de quelques années pendant lequel elles ont bien peu de chance de survie. De la rivière Mitis, elles sont transportées vers le lac à l'Anguille, près de Rimouski. Celui-ci pourra ainsi retrouver les raisons de son nom.

«Ce lac s'appelle le lac à l'Anguille et, depuis plusieurs années, il n'y avait à peu près plus d'anguilles», fait savoir le biologiste chargé du dossier de cette espèce au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Guy Verreault. «C'est quand même une aberration! Pour des raisons essentiellement de blocage d'accès, parce qu'on a mis des barrages un peu partout sur la rivière et à l'exutoire du lac, on s'est retrouvés avec un lac qui n'était plus accessible à l'anguille.»

Ce transport d'une cinquantaine de kilomètres que fait subir le Ministère à ces milliers d'anguilles est, selon le biologiste, une première. L'exercice avait déjà été réalisé dans la région de Rivière-du-Loup, mais à titre expérimental. «Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'anguille ne peut pas s'ensemencer comme le saumon ou la truite, précise M. Verreault. Ça ne se reproduit pas artificiellement.»

Comme l'espèce est menacée, une telle action consiste également à favoriser un meilleur taux de survie et de reproduction à l'animal aux allures de petit serpent. «L'anguille a connu une baisse de 95 %, explique le biologiste. Donc, sur 1000 anguilles qu'on avait dans les années 80, présentement, il en reste à peu près 50. L'action qu'on fait est pour donner un coup de pouce à cette espèce-là de façon à la rétablir. Essentiellement, ce qu'on veut s'assurer, c'est que les populations d'anguilles remontent en abondance.»

Un autre objectif poursuivi par la démarche est d'augmenter la biodiversité du lac à l'Anguille et pour contribuer à diminuer la présence de cyanobactéries. «La présence d'anguilles va aider à abaisser les populations de petits poissons et devrait avoir un effet bénéfique sur les algues bleu-vert en baissant la fréquence de leur floraison», explique Guy Verreault.

Ce transfert d'anguilles, qui s'est amorcé au début de l'été, se poursuivra jusqu'à la fin août. Le projet est réalisé en collaboration avec l'Association de la protection de l'environnement du lac à l'Anguille, qui compte 20 membres. Pour le président de l'organisme, il s'agit d'une solution parmi d'autres pour réduire le problème des cyanobactéries, dont le lac est envahi. Mais, il est bien conscient qu'on est encore loin de la coupe aux lèvres. «Il y a eu toutes sortes de pratiques et d'activités qui ont détérioré le lac en 70 ans, indique André Lévesque. On peut pas le remettre en état en quatre ou cinq ans! On parle d'une dizaine d'années.»

Situé à Saint-Anaclet-de-Lessard, au Bas-Saint-Laurent, le lac à l'Anguille est d'une superficie de 98 hectares. Le cours d'eau aurait la capacité d'accueillir 40 000 anguilles.

Le biologiste Guy Verreault a déplacé 300 anguilles,... (Collaboration spéciale Johanne Fournier) - image 2.0

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Le biologiste Guy Verreault a déplacé 300 anguilles, mercredi, de la rivière Mitis au lac à l'Anguille, situé à Saint-Anaclet-de-Lessard, près de Rimouski.

Collaboration spéciale Johanne Fournier

La mort après la reproduction

À l'inverse du saumon, l'anguille d'Amérique retourne en mer pour se reproduire, après 10 à 30 ans en eau douce, lorsqu'elle aura atteint sa maturité sexuelle. Le moment venu, ce poisson catadrome entreprend alors un parcours de 4000 kilomètres pendant quatre mois vers la mer des Sargasses, à proximité du triangle des Bermudes. «Une fois qu'elle [l'anguille] se sera reproduite, elle mourra», précise le biologiste Guy Verreault.

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