Saint-Raymond: bras de fer autour du lac Sept-Îles

Le tour du lac Sept-Îles, à Saint-Raymond-de-Portneuf, a... (Photo fournie par François Rhéaume)

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Le tour du lac Sept-Îles, à Saint-Raymond-de-Portneuf, a connu un développement immobilier rapide dans la dernière décennie. Il est maintenant encerclé par quelque 500 habitations.

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(Québec) Le projet de la ville de Saint-Raymond de convertir une des dernières parcelles vierges autour du lac Sept-Îles en huit nouveaux terrains résidentiels ne fait pas l'unanimité. Alors que la municipalité considère avoir fait ses devoirs sur le plan environnemental, un groupe de citoyens croit plutôt qu'il s'agit d'un coup fatal porté à un lac qui se dégrade déjà rapidement.

Le maire Daniel Dion et un groupe citoyen de contestation se livrent un bras de fer depuis plusieurs mois, à Saint-Raymond-de-Portneuf. Au coeur du litige, un terrain vierge de 143 000 mètres carrés, partiellement composé d'une zone humide fragile, que possède la municipalité depuis 1970, dans le secteur de la baie Vachon, au lac Sept-Îles.

Le tour du lac a connu un développement immobilier rapide dans la dernière décennie, étant désormais encerclé par quelque 500 habitations. «Juste comme baigneur, les impacts sur le lac sont très facilement visibles. L'eau est brune la fin de semaine, le lac est encrassé. Il montre qu'on lui en demande beaucoup trop en ce moment et on sait qu'on est en train de le tuer», explique François Rhéaume, un des citoyens s'opposant au projet de la Ville.

Autant le groupe de contestation que le conseil de ville s'entendent pour dire qu'il faut protéger le lac et réduire le nombre de bateaux qui y circule. Là où le bât blesse, c'est que la municipalité estime qu'elle peut rentabiliser son terrain tout en respectant l'environnement, une théorie à laquelle plusieurs citoyens et certains environnementalistes n'adhèrent pas.

La version du maire Daniel Dion est la suivante. La municipalité a décidé de vendre la majeure partie de son terrain en huit lots de 10 000 à 12 000 mètres carrés. Les nouveaux propriétaires ne pourront bâtir leur maison près de la rive, ni se construire un quai. «Ce sera des règlements beaucoup plus sévères que pour la majorité des personnes qui habitent déjà autour du lac.»

Son administration a préalablement mandaté l'organisme de bassin versant CAPSA afin de délimiter la zone humide présente près de la baie Vachon, que la Ville doit légalement protéger. «On a pris cette zone-là de 17 000 m2, on a ajouté une bande de terrain de 30 000 m2 et on va en faire une réserve protégée à jamais», assure-t-il.

François Rhéaume et le groupe d'opposants au projet estiment plutôt, basés sur leur travail avec des environnementalistes, qu'une autre zone humide, en eau peu profonde celle-là, couvre pratiquement toute la rive du terrain que compte vendre Saint-Raymond. Le hic, c'est que le provincial ne protège pas ce type de zone humide pour le moment.

Légal ou pas, le groupe d'opposants dénonce l'exemple que donne Saint-Raymond avec son projet. «C'est une accumulation contre un lac qui a déjà sa claque et là, la Ville donne le mauvais exemple au monde autour, au privé.»

François Rhéaume se désole de la nouvelle route asphaltée dont la construction a débuté, entre les terrains qui seront vendus. Il assure que bien qu'aucun nouveau quai individuel ne sera permis, la Ville prévoit la construction d'un quai commun, qui augmentera le nombre de bateaux sur le lac.

Daniel Dion balaye ces arguments, estimant plutôt que Denis Cayer, un des principaux citoyens derrière le groupe s'opposant au projet de la Ville, a ses intérêts personnels en tête. «C'est dans sa cour en arrière de chez lui, le développement, alors il a monté ça en épingle pour contester. Même si on ajoutait une seule habitation, il ne serait pas content.»

Le mouvement prend de l'ampleur

N'empêche, le mouvement de contestation est loin de se limiter à Denis Cayer et François Rhéaume. La pétition Internet pour bloquer le projet a amassé plus de 900 signatures. Des environnementalistes ont joint leur voix au mouvement. «Il n'y a pas une ville au Québec qui en a fait plus pour son lac que Saint-Raymond», rétorque le maire, citant en exemple la renaturalisation d'une portion de la bande de protection riveraine.

«Ailleurs au Québec, les Villes investissent de l'argent pour racheter des terrains pour protéger leurs cours d'eau. Ici, on a déjà le terrain et la Ville veut le vendre. On ne comprend pas qu'une Ville qui est en santé vende son cours d'eau pour du développement industriel, pour faire de l'argent», conclut pour sa part Francis Rhéaume. «On se sent démunis parce qu'on n'a pratiquement aucun recours pour freiner le projet.»

Comme le profit de la vente des terrains, par décret lors des fusions de 1995, ne peut qu'être investi dans le Parc industriel de Saint-Raymond, Daniel Dion prévoit que cet argent servira à des travaux nécessaires d'aqueducs et d'égouts.

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