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Des sacs de sable «non conformes» toujours sur les rives de la Lorette

Les travaux, réalisés par les employés municipaux de... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Les travaux, réalisés par les employés municipaux de L'Ancienne-Lorette, ont débuté cette semaine. À terme, environ 20 % des 650 sacs de sable initiaux installés après l'innondation-surprise de 2013 seront changés.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Trois ans après leur installation «non conforme» aux règles environnementales, les sacs de sable disposés le long de la rivière Lorette n'ont jamais été enlevés. Ces jours-ci, ils sont même remplacés et repositionnés pour tenir le coup jusqu'à la fin des travaux permanents le long du cours d'eau... dans au moins trois autres années.

La Ville de L'Ancienne-Lorette a procédé ces dernières semaines à un appel d'offres et fait l'acquisition de 120 immenses sacs à poignées pouvant contenir 1,3 tonne métrique de sable. Distribution GFS Canada - GFS étant le type de sacs - a obtenu le contrat pour 55 188 $. 

Ces sacs sont identiques à ceux utilisés en 2013. Ils doivent remplacer les plus abîmés le long des 1500 mètres de rives protégées. Les travaux, réalisés par les employés municipaux de L'Ancienne-Lorette, ont débuté cette semaine. À terme, environ 20 % des 650 sacs initiaux seront changés. 

Certains seront également déplacés pour accommoder des riverains qui les avaient vus apparaître sur le pas de leur porte arrière il y a trois étés après une inondation- surprise. Certains citoyens n'avaient même plus accès à leur cabanon ou à leur piscine, détaille le maire Émile Loranger. Son administration a accepté de bouger les sacs pour que «les gens puissent récupérer une partie de leur cour», leur «donner un peu d'oxygène pour les aider à patienter» en attendant les travaux permanents pour rehausser les rives et éviter les débordements. 

Aucune autorisation 

Le ministère de l'Environnement du Québec a toujours soutenu que l'installation de sacs de sable le long de la Lorette était «non conforme», car trop près des berges. Il faut une autorisation pour travailler à moins de 10 mètres du lit de la rivière. 

L'Ancienne-Lorette ne l'a jamais demandée. Le provincial a toutefois jugé qu'il revenait à l'agglomération de Québec de faire retirer les sacs. 

À l'été 2014, une partie de bras de fer a eu lieu entre les maires Régis Labeaume et Émile Loranger. Le premier plaidait que les sacs de sable augmentaient les risques d'inondation pour les riverains de Québec. Il a réclamé publiquement leur retrait. Le second a refusé net, disant vouloir protéger ses citoyens d'une nouvelle inondation. 

Selon M. Loranger, la barrière est toujours aussi nécessaire aujourd'hui, même s'il espère ne «jamais avoir besoin de s'en servir». «On est à risque. On dit 0-20 ans, 0-25 ans, mais il peut y en avoir trois années de suite pis après y en aura pas pendant 75 ans.»

Le maire de L'Ancienne-Lorette croit que ses détracteurs se sont ralliés et il se sent tout à fait à l'aise de renouveler les sacs de sable. 

«La meilleure preuve, c'est qu'ils sont encore là», dit-il. «Tout le monde a réalisé que c'était une bonne idée. D'ailleurs, ils se sont inspirés de ça pour faire les études par la suite», ajoute l'élu. Il nous fait remarquer que le mur anti-crue annoncé par la Ville de Québec pour 2019 sera installé à peu près au même endroit que les sacs. «On va arriver au même résultat finalement, mais ça va être plus esthétique», conclut-il. 

Le ton est un peu moins enthousiaste du côté de la Ville de Québec, où la barrière de sable est toujours qualifiée de «non conforme». «Les sacs de sable ayant été posés sur les rives des propriétés situées à L'Ancienne-Lorette, la Ville de Québec appelle à la collaboration de la Ville de L'Ancienne-Lorette pour procéder au retrait de ceux-ci afin de se conformer. Québec ne souhaite pas agir de façon cavalière envers la Ville de L'Ancienne-Lorette ni envers ses citoyens», a fait savoir par écrit la porte-parole Wendy Whittom. 

Pas de retrait forcé

Questionnée au téléphone, elle a admis qu'il n'était pas dans les intentions de Québec de «forcer» le retrait des sacs. D'où leur maintien pendant toutes ces années. 

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux Changements climatiques (MDDELCC), lui, a mis deux jours à pondre une réponse écrite qui tient en deux phrases: «Le ministère continue d'accompagner la Ville de Québec et travaille avec elle dans son projet de remodelage des rives de la rivière Lorette. Relativement à l'enjeu des sacs de sable, il est du ressort de l'agglomération de Québec.»

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