Pétrolia blâme Québec pour la colère des Innus

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Des membres de la communauté innue de Mingan, à l'île d'Anticosti, ont l'intention d'occuper les lieux de forages pour empêcher l'avancée de travaux.

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(Québec) Le gouvernement libéral a totalement négligé sa responsabilité de consulter les Innus sur l'exploration d'hydrocarbures à Anticosti, déplore le patron de Pétrolia, Alexandre Gagnon.

L'insatisfaction de la communauté innue de Mingan qui veut recourir aux tribunaux pour bloquer les trois forages sur l'île du golfe du Saint-Laurent découle de l'inaction de l'actuel gouvernement, dénonce le président-directeur général de Pétrolia.

«Dans notre esprit, indique-t-il au Soleil, le gouvernement du Québec a toujours clairement précisé que l'acceptabilité sociale pour les Innus et la MRC de la Minganie était de son ressort.»

Le chef de la communauté innue de Mingan, Jean-Charles Piétacho, réitère qu'une injonction sera déposée d'ici vendredi pour invalider les certificats d'autorisation de fracturation hydraulique délivrés par Québec. M. Piétacho interpellera aussi aujourd'hui le ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, pour qu'il «joue son rôle» et protège le saumon d'Anticosti. L'autorisation de puiser 30 millions de litres d'eau dans deux rivières met en péril le saumon de l'île, dit-il.

Au-delà des tribunaux, les Innus ont l'intention d'occuper les lieux des forages pour empêcher l'avancée des travaux. «Ça fait des mois et des années qu'on essaie de se faire entendre et personne n'écoute, affirme le chef Piétachao. Maintenant, on prend les moyens pour se faire écouter. [...] Si on nous considère comme des illégaux, je pense que les criminels, ils sont de l'autre côté.»

Depuis Hambourg, en Allemagne, où il prend part à une mission économique, le premier ministre Philippe Couillard a dit comprendre les préoccupations des Innus. Il ne cache pas son malaise par rapport au projet mais se dit «pris avec le contrat que le PQ a signé en campagne électorale». D'après le premier ministre, l'opérateur du projet, la société Pétrolia, n'a pas suffisamment consulté les Innus. 

Or, le pdg de Pétrolia, M. Gagnon, s'appuie sur le procès-verbal détaillé d'une rencontre du Secrétariat aux priorités et aux projets stratégiques du Conseil exécutif (MCE), le 1er avril 2014, pour renvoyer la balle au gouvernement. On peut y lire que la stratégie de communication du MCE prévoit de «s'assurer de l'adhésion des communautés locales et autochtones au projet». Après l'élection du 7 avril, note M. Gagnon, Pétrolia a suggéré la mise sur pied d'un comité à des représentants du ministère des Ressources naturelles responsables de l'acceptabilité sociale. «Le gouvernement n'a alors pas cru bon de donner suite à cette demande», souligne M. Gagnon.

Ni le gouvernement du Québec ni Pétrolia n'a prêté oreille aux préoccupations des autochtones, affirme le chef Piétacho.

«Si M. Couillard comprenait nos préoccupations, il se ressaisirait et dirait fermement non à ce projet de forages, déclare-t-il. Partout dans le monde, un contrat, ça se renégocie. S'il tient à protéger l'intégralité de l'île, il va prendre les moyens. [...] Nous, on ne veut pas seulement être consulté. On a le droit de dire non à un projet aussi insensé.»

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Le pdg de Pétrolia, Alexandre Gagnon

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Injonction déposée

Par ailleurs, Pétrolia a annoncé mardi le dépôt d'une injonction pour forcer le gouvernement et la société pétrolière Maurel & Prom à «respecter leurs engagements financiers» envers la société en commandites Hydrocarbures Anticosti. À l'origine, dans ce consortium, Pétrolia et Corridor Resources cédaient leur permis d'exploration, et Québec et Maurel & Prom allongeaient jusqu'à 100 millions $ pour les travaux exploratoires.

«Considérant l'incapacité d'adopter le budget permettant d'amorcer les travaux conformément aux ententes contractuelles, [nous n'avons] eu d'autres choix que de recourir à l'assistance des tribunaux», indique Pétrolia dans un communiqué. L'affaire doit être entendue mercredi matin au palais de justice de Montréal.

Chez Investissement Québec, la porte-parole Chantal Corbeil indique qu'il y a désaccord quant à l'interprétation de certaines clauses contractuelles. «On ne peut pas commenter en raison de la judiciarisation du dossier, mais on estime avoir respecté nos engagements», affirme Mme Corbeil. 

Québec a délivré à la mi-juin les certificats d'autorisation pour de la fracturation hydraulique sur Anticosti. Toutefois, le feu vert est arrivé trop tard pour les travaux prévus cet été. La fracturation a été remise à l'été 2017, mais Pétrolia souhaite forer les puits pour préparer le terrain en vue de l'an prochain.

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