Le Saint-Laurent partait de loin

Malgré la construction d'usines d'épuration, beaucoup d'entre elles... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Malgré la construction d'usines d'épuration, beaucoup d'entre elles «traitent» les eaux usées sans les désinfecter, ce qui occasionne toujours beaucoup de pollution bactériologique dans le fleuve Saint-Laurent.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Il partait de loin, ce fleuve Saint-Laurent. À la fin des années 80, à peine le tiers de ses quelque trois millions de riverains étaient raccordés à un réseau d'égout qui traitait ses eaux usées avant de les rejeter dans la nature. Et encore, pas depuis longtemps. Tout le reste, essentiellement, faisait ses besoins plus ou moins directement dans le fleuve.

«La qualité de l'eau est bonne jusqu'à la hauteur de l'île de Montréal, mais se détériore par la suite. Les principaux problèmes [... résultent] de la contamination bactériologique provenant des eaux usées non traitées», écrivait en 1999 le biologiste du ministère de l'Environnement Serge Hébert, dans un rapport sur l'amélioration des eaux du fleuve depuis 1990.

Cette pollution est généralement mesurée en comptant le nombre de bactéries «coliformes» dans un échantillon. Il s'agit d'un vaste groupe de plusieurs sortes de bactéries différentes. La plupart ne cause pas de problèmes de santé, mais leur abondance indique la présence possible d'autres microbes qui, eux, provoquent des symptômes (le plus souvent : fièvre, diarrhée, maux de ventre). De manière générale, on considère qu'une eau est «baignable» si elle contient moins de 200 «unités formant des colonies» par 100 millilitres (UFC/100 ml).

Or au milieu des années 90, bien que des usines de traitement des eaux usées avaient commencé leurs opérations à bien des endroits, le panache de pollution de la région de Montréal contenait toujours environ 5500 UFC/100 ml. À la hauteur de Trois-Rivières, les concentrations moyennes oscillaient entre 400 et 850 UFC/100 ml, et entre 240 et 430 UFC/100 ml devant Québec.

Mais la tendance était aussi assez claire, notait M. Hébert : avec le temps et les stations d'épuration qui entraient en fonction, les coliformes se faisaient plus rares. Si bien qu'à l'été 2009, ce même Serge Hébert mesurait en moyenne 118 UFC/100 ml à la baie de Beauport, 153 à la plage Jacques-Cartier et 96 à l'anse au Foulon. L'eau y est baignable au moins 70 % du temps.

L'eau filtrée, mais pas désinfectée

Toutefois, il reste encore du travail à faire. Malgré la construction d'usines d'épuration, beaucoup d'entre elles «traitent» les eaux usées sans les désinfecter, ce qui occasionne toujours beaucoup de pollution bactériologique. Et les égouts sont souvent conçus pour «déborder» directement dans les cours d'eau quand il pleut beaucoup, ce qui contribue au problème. Plusieurs municipalités doivent encore construire des bassins de rétention pour éviter ces situations, dont Québec. Même si la capitale en a construit plusieurs au cours des années 2000, le bas de la rivière Saint-Charles dépasse encore souvent les 3000 UFC/100 ml par temps de pluie...

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