Exclusif

Pesticides: Québec «gonfle» le nombre de contrôles en milieu agricole

Le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, s'inquiète... (123RF/sauletas)

Agrandir

Le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, s'inquiète du manque de contrôle sur l'utilisation des pesticides en milieu agricole de la part du ministère du Dévelopement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

123RF/sauletas

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Des données embellissant une réalité déjà peu reluisante sur les pesticides ont été transmises par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) au commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars.

C'est ce qu'affirme le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec. Les documents qu'il a rassemblés, notamment en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, paraissent étayer ses dires.

Dans son rapport déposé à l'Assemblée nationale au début du mois, le commissaire Jean Cinq-Mars s'inquiète du fait que le MDDELCC effectue «peu de contrôle quant au respect des règles» d'utilisation de pesticides en milieu agricole.

Environ 900 inspections sont réalisées chaque année, selon un tableau qu'il a confectionné à partir de données fournies par le Ministère. Or, il existe environ 10 000 titulaires de certificats d'utilisation de pesticides en milieu agricole. Voilà pourquoi M. Cinq-Mars estime que le nombre d'inspections est insuffisant.

Le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle, soutient que le problème est bien pire, puisque la très grande majorité des «inspections» sont en fait «des visites de sensibilisation» effectuées par des étudiants. C'est ce que son syndicat a découvert en mettant la main sur un document du Centre de contrôle environnemental du Québec.

Pas le même travail

Christian Daigle affirme n'avoir rien contre de telles visites de sensibilisation, mais dénonce le fait que la haute administration du MDDELCC tente de les faire passer pour des contrôles d'inspection en bonne et due forme.

Il montre du doigt un manque de transparence. «Qu'on dise au moins la vérité!» lâche-t-il. Il croit que le commissaire au développement durable a été trompé par des données ne disant pas toute la vérité.

«Le Ministère essaie de sauver la face en gonflant les inspections de pesticides avec des étudiants», lance un autre interlocuteur du SFPQ.

Selon le syndicat, les étudiants ne peuvent tout simplement pas faire d'inspection en règle. Une inspection demande de deux à trois jours de travail. La sensibilisation effectuée par les étudiants prend une demi-journée.

Christian Daigle dit vouloir protéger l'intérêt général des Québécois - qui passe par le contrôle de l'utilisation des pesticides -, mais ne cache pas défendre un intérêt particulier dans cette affaire, celui de son syndicat. Depuis juin 2014, en raison des compressions budgétaires, le nombre de techniciens en eau et en assainissement, ceux qui assument la fonction d'inspecteur, a chuté de 11 %.

Dans son rapport, Jean Cinq-Mars déplore que le ministère du Développement durable ne possède pas de portrait complet de l'utilisation des pesticides en milieu agricole, une situation qui limite la fiabilité des indicateurs de risque pour la santé et l'environnement.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer