Toujours trop de pesticides au Québec

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La qualité de l'eau des rivières dans les zones agricoles «se dégrade» principalement à cause de l'insecticide néonicotinoïde, dont l'usage s'est généralisé depuis 20 ans dans la culture du maïs et du soya.

Le Soleil

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(Québec) Le Québec s'est doté de multiples «plans» et «stratégies» pour réduire l'utilisation des pesticides sur son territoire depuis 20 ans, mais les moyens d'y parvenir ne suivent pas - et les résultats non plus, d'ailleurs -, déplore le commissaire au développement durable du Québec, Jean Cinq-Mars, dans son rapport annuel.

En fait, constate-t-il dans le document rendu public jeudi, le ministère de l'Environnement n'a même «pas de portrait complet de l'utilisation des pesticides pour le milieu agricole». Un type d'insecticide nommé néonicotinoïde, dont l'usage s'est généralisé depuis 20 ans dans la culture du maïs et du soya, échappe à sa surveillance parce qu'il est appliqué sur les semences, et non sur les plants.

Or Québec ne comptabilise que les semences enrobées sur son territoire, ce qui n'est le cas que de 5 % des semences de maïs - mais tout de même de la majorité des semences de soya.

Cet insecticide est d'ailleurs une des principales raisons pour lesquelles la qualité de l'eau des rivières dans les zones agricoles «se dégrade» : en 2014, les concentrations de néonicotinoïdes y dépassaient les critères de qualité de l'eau pour la vie aquatique pas moins de 99 % du temps.

Rappelons que ces néonicotinoïdes figurent également parmi les facteurs - avec la perte d'habitats, les déplacements fréquents des ruches, les parasites, etc. - qui accroissent la mortalité annuelle des abeilles.

De manière générale, les quantités de pesticides utilisées par hectare ont cru d'environ 25 % entre la période 2006-2008 et l'année 2014, bien que les indices de risques pour l'environnement et la santé (les pesticides ne sont pas tous également toxiques) sont relativement stables, hormis une hausse marquée de la toxicité pour l'environnement de 2013 à 2014.

Réductions ratées

Les difficultés de Québec à réduire l'usage des pesticides en agriculture ne datent pas d'hier, écrit M. Cinq-Mars - sa politique de 1992 visait une réduction de 50 % qui a été complètement ratée, et sa cible actuelle de - 25 % entre 2011 et 2021 «ne donne pas, jusqu'à présent, les résultats escomptés», lit-on dans le document. Et ce n'est pas un hasard.

«En fait, écrit le commissaire, les actions visent principalement la sensibilisation des agriculteurs et la réalisation d'études; il y a donc peu d'activités qui ciblent une réduction de l'utilisation des pesticides. Peu de ressources soutiennent la mise en oeuvre de la stratégie.»

Dans la stratégie actuelle, qui propose 77 mesures à prendre, seulement 14 d'entre elles visent directement la réduction de l'usage des pesticides. Pas moins de 33 autres consistent à réaliser des études, et 23 à sensibiliser les agriculteurs - notamment à la manipulation sécuritaire des équipements et des produits.

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