Les articles sur le climat à l'épreuve de la vérification scientifique

Un groupe d'une centaine de scientifiques volontaires s'affaire... (Photothèque Le Soleil)

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Un groupe d'une centaine de scientifiques volontaires s'affaire à valider l'information qui est relayée au public dans le dossier des changements climatiques.

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Kerry Sheridan
Agence France-Presse
Miami

L'un prétend que la Terre va retourner à l'âge de glace, l'autre que le réchauffement va éviter à la planète de se transformer en congélateur géant. Un site passe les articles de presse sur le climat à l'épreuve des faits. Et des scientifiques.

ClimateFeedback.org, un projet monté par le scientifique français Emmanuel Vincent, qui vit en Californie, passe en revue les articles et les éditoriaux sur le climat pour faire la chasse aux erreurs, aux approximations, voire aux manipulations.

Des articles parus dans le New York Times, le Wall Street Journal ou encore le magazine Forbes ont été ces derniers mois taclés par des scientifiques.

Ils sont plus de cent scientifiques volontaires qui donnent leur avis de spécialistes, annotant ligne par ligne les articles.

«Nous voyons cela comme un effort scientifique», explique Emmanuel Vincent, 31 ans, originaire de Lignan-sur-Orb, dans l'Hérault. «Nous essayons d'être neutres et d'expliquer la science et pourquoi certaines personnes se trompent dans les médias», ajoute celui qui travaille désormais comme scientifique à l'Université de Californie à Merced, dans l'ouest des États-Unis.

Le site créé en 2015 vise le grand public autant que les médias, explique-t-il.

L'Agence spatiale américaine, sur son compte Twitter Nasa Climate, a récemment qualifié le site de «victoire pour la science et pour le journalisme sur le climat».

La prochaine étape, pour laquelle Emmanuel Vincent lève actuellement des fonds, est le lancement d'un site qui classerait les différents médias selon leur fiabilité sur la question des changements climatiques.

«À quoi ça sert?»

Les réactions des médias dont les erreurs ont été pointées du doigt sont hétérogènes.

Certains corrigent, comme le Telegraph britannique et son histoire sur l'imminence d'un retour à l'âge de glace.

D'autres ferment les yeux, comme le magazine Forbes qui avait publié une série d'articles décrite comme «profondément inexacte et trompeuse par plus de 20 scientifiques qui l'ont passée en revue», explique ClimateFeedback.org.

Autre cible du site : le Danois Bjorn Lomborg, auteur de L'écologiste sceptique (paru en 2001) et qui écrit régulièrement sur les aspects politiques et économiques des changements climatiques.

Il est accusé par les scientifiques du site d'utiliser des données sélectives pour appuyer ses arguments, principalement pour affirmer que le réchauffement présente quelques bienfaits.

«Ils accueillent des personnes qui prétendent parler de science, mais qui en réalité parlent politique», répond Bjorn Lomborg à l'AFP, se disant «choqué» par ces accusations.

«Parce qu'ils disent, à moins que tu affirmes quelque chose qui montre que le réchauffement de la planète est mauvais, que tu as tort», ajoute-t-il.

Pour lui, les changements climatiques s'opèrent et sont dangereux, mais «la façon dont nous nous y attaquons actuellement est incroyablement inefficace». Et n'en présenter que les aspects négatifs rend l'information «très, très pauvre», estime Bjorn Lomborg.

Le déni des changements climatiques est très répandu aux États-Unis, où un tiers de la population ne considère pas l'homme comme responsable du réchauffement et où 57 % des Américains ne jugent pas qu'il présente une sérieuse menace, selon un récent sondage Gallup. La droite de l'échiquier politique américain nie elle aussi en partie le phénomène.

Selon certains, la responsabilité incombe aux médias.

Le climatologue américain Eric Holthaus entendait vulgariser le débat sur le climat dans un article plus enlevé dans le magazine Rolling Stone et s'est volontairement soumis à la relecture des scientifiques de ClimateFeedback.org.

Les retours ont été mitigés : aucune erreur factuelle n'a été décelée, mais des commentaires pointaient des études non citées ou dénonçaient l'absence de lien avec les articles scientifiques qui étaient la base de l'article.

«Peut-être que les scientifiques ont lu cela comme ils liraient un article plus formel et pas nécessairement comme une histoire écrite pour le même public qui lit des revues musicales», déplore Eric Holthaus auprès de l'AFP.

«S'ils essaient de vérifier les faits dans tout le journalisme relatif au climat, cela semble être une grande tâche et nous amène à nous poser cette question : à quoi ça sert?»

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