L'eau, une source potentielle de conflit, selon Stéphane Dion

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De passage à Québec pour participer à un forum, le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a rappelé que le manque d'eau peut «mener à la dislocation des sociétés, à des tensions et à des violences».

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) «Le Canada doit développer une expertise sur le phénomène des migrations climatiques et soutenir la recherche sur les liens entre les changements climatiques et la prévention des conflits.»

C'est ce qu'a affirmé le ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion, lors du Forum Saint-Laurent sur la sécurité internationale, organisé de concert par l'Université Laval, l'Université du Québec à Montréal et l'Université de Montréal. 

«Les changements climatiques et l'accès à l'eau potable font partie des grands enjeux en matière de sécurité internationale, au même titre que les crises géopolitiques classiques et le syndrome de la méfiance de l'autre», a-t-il lancé devant un parterre d'étudiants et d'intellectuels réunis au Concorde, sur la Grande Allée.

«Le lien entre les changements climatiques et la sécurité internationale n'est pas suffisamment reconnu», a admis M. Dion. «Lorsque mon collègue de la Défense, Harjit Sajjan, a cité les changements climatiques comme un facteur de perturbation au Moyen-Orient, l'opposition [conservatrice] en a fait des gorges chaudes au Parlement.»

Cette idée n'est pourtant pas nouvelle. Le G7 a fait état de l'effet des changements climatiques en tant que multiplicateurs des facteurs de risques dans des États déjà fragilisés dans un rapport indépendant, intitulé Un climat pour la paix, rendu public en 2015.

S'il mentionne qu'historiquement, les conflits hydriques «ont été résolus par la voie diplomatique», cette situation risque de changer, en raison de la fréquence accrue des inondations, les variations grandissantes des débits d'eau et des volumes de production hydrauliques nécessaires pour l'agriculture, la production d'énergie et la consommation humaine.

Les populations sont donc durement affectées par les problèmes liés au climat, qui «aggravent les sécheresses et autres phénomènes naturels perturbateurs. Ils privent les populations de leur moyen de subsistance, comme l'eau et la nourriture. [...] Ils peuvent mener à la dislocation des sociétés, à des tensions et à des violences», a ajouté le ministre, en précisant que 14 des 33 pays qui manquent le plus d'eau dans le monde se trouvent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

La grande sécheresse en Syrie, de 2007 à 2010, a contribué à la déstabilisation de la région. «Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement, près de 75 % des agriculteurs du nord-est de la Syrie avaient perdu complètement leur récolte et les éleveurs 85 % de leurs animaux.» Cette destruction des moyens de subsistance a mené à une grande migration des familles rurales vers les villes. Cette catastrophe a contribué à alourdir le fardeau de villes déjà faibles économiquement.

Le rôle du Canada

À cet égard, le ministre Dion a salué la signature de l'Accord de Paris sur le climat, ce qui a permis au Canada de «développer une véritable de diplomatie de l'eau». Il considère que le Canada a beaucoup à offrir et «doit en faire davantage». Il a rappelé que le Canada s'est engagé à verser 2,65 milliards$ d'ici 2020 pour lutter contre les changements climatiques dans les pays en développement.

Tout en indiquant que le Canada n'a pas intérêt à vendre son eau, M.Dion a ajouté que «nous disposons d'une expertise de calibre mondial dans la gestion de l'eau par bassins versants. Nous pouvons partager cette expertise avec le reste du monde».

Le Moyen-Orient après l'EI

L'objectif avoué de la Coalition contre l'État islamique (EI) est d'exterminer le groupe terroriste. Or, pour éviter de refaire l'erreur commise en Irak, les pays coalisés doivent penser à la reconstruction afin d'éviter la montée d'autres groupes extrémistes nourris par la haine de l'Occident. «C'est extrêmement difficile, mais il faut le tenter», a affirmé au Soleil le ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion. «Il faut avoir une approche qui allie différentes forces. On ne peut pas y aller uniquement avec le militaire, il faut avoir l'aide humanitaire urgente - quand une ville est libérée, tout est à reconstruire-,il faut que les forces policières soient des forces amies et pas des abuseurs», a-t-il ajouté.

Et si nous devons bien encadrer la transition dans les États directement touchés, «il ne faut pas non plus négliger les pays aux premières loges de ce genre de tensions, mais qui résistent encore, qui sont encore capables d'être des pays relativement fonctionnels», comme la Jordanie et le Liban. «Si le Liban devait s'écrouler, ce serait une très mauvaise nouvelle pour le monde entier. Le Canada doit aider ces pays-là à rester viables.»

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