Anticosti, pas un «rat de laboratoire»

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John Pineault, maire récemment élu de la  municipalité de l'Île-d'Anticosti, est ouvertement contre l'exploration pétrolière et gazière sur son île.

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<p>Steeve Paradis</p>
Steeve Paradis

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Le Soleil

(Baie-Comeau) «On vit ici de chasse, de pêche et de tourisme. Y'a personne qui va venir ici pour chasser avec des derricks dans la face. Et la population locale n'a strictement rien à gagner de ça.» Le maire de la municipalité de L'Île-d'Anticosti, John Pineault, est on ne peut plus clair. Il refuse que son île devienne «le rat de laboratoire de Pétrolia et du gouvernement».

Ce qui a fait sortir le maire de ses gonds, c'est que le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), David Heurtel, a récemment laissé entendre que l'acceptabilité sociale du projet de fracturation hydraulique de Pétrolia ne sera valable que s'il y a exploration et pas avant.

«On a beau sortir tous les arguments, demander des rencontres avec le ministre, c'est la sourde oreille totale», se désole M. Pineault, maire récemment élu de la municipalité et ouvertement contre l'exploration pétrolière et gazière sur son île.

Désenchantement

Il estime d'ailleurs qu'au moins 75 % de la population de l'île est aujourd'hui de son avis. «Au début, il y en avait plusieurs qui étaient en faveur du projet pour des motifs économiques, mais ils ont commencé à déchanter quand ils ont vu ce qui se passe ailleurs avec la fracturation hydraulique.»

Malgré les demandes de suspension de permis faites par le maire, le MDDELCC étudie la demande de Pétrolia de procéder à trois forages par fracturation hydraulique. Selon John Pineault, la réponse viendra dans les prochaines semaines, et elle risque d'être positive pour Pétrolia, croit-il.

Le préfet de la MRC de Minganie se fait plus cinglant. «Le gouvernement parle des deux côtés de la bouche dans ce dossier. D'un côté, il parle d'acceptabilité sociale et de l'autre, il est prêt à laisser détruire le sous-sol de l'île sans demander l'avis et la permission de personne dans la région», tonne Luc Noël, qui rappelle que la géologie particulière de l'île est mal connue et qu'il y a des liens directs entre fracturation hydraulique et tremblements de terre.

«C'est la santé, la vie du fleuve Saint-Laurent qu'on est en train de jouer là-dedans. On est devant l'inconnu et le gouvernement s'apprête quand même à permettre la fracturation hydraulique. En plus, on sait déjà que ça coûterait trop cher d'exploiter le pétrole qu'on pourrait éventuellement trouver. Vraiment, je ne comprends pas où le gouvernement veut en venir avec tout ça», conclut le préfet Noël.

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