La révolution française du traitement des déchets

En plus de la technologie de 3Wayste, la... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

En plus de la technologie de 3Wayste, la Ville de Québec en analyse aussi une deuxième qui pourrait lui éviter de devoir passer à la collecte à trois bacs pour récupérer les matières compostables.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ian Bussières</p>

(Québec) La Ville de Québec s'intéresse à une technologie révolutionnaire qui permet de valoriser 90 % des matières résiduelles. Après une première rencontre en novembre, un représentant de la Ville a visité en janvier l'usine de la société 3Wayste dans la commune française du Puy-en-Velay.

«Nous sommes la seule société dans le monde à faire ce que personne n'a jamais fait : tout trier», explique d'entrée de jeu Fabien Charreyre, inventeur de la technologie. Il était de passage à Québec à la mi-mars avec ses associés à l'occasion d'un voyage d'affaires lors duquel ils espéraient vendre leur technologie à des villes nord-américaines.

«Nous avons aussi discuté avec la ville ontarienne de Durham, qui a été très impressionnée par notre technologie et devrait aller en appel d'offres pour une technologie permettant d'enfouir ou d'envoyer à l'incinérateur seulement 10 % des matières résiduelles. On divise par dix la quantité de déchets», poursuit l'inventeur, qui estime qu'il s'agit d'une première mondiale.

La technologie de 3Wayste ne nécessite même pas que les citoyens trient eux-mêmes leurs ordures. À la limite, ils pourraient tout mettre dans le même sac. C'est l'usine qui se charge du tri.

«Il nous a fallu 10 ans pour mettre au point cette technologie qui fonctionne maintenant depuis 22 mois au Puy-en-Velay. Nous avons breveté un ouvre-sac qui permet d'ouvrir les sacs sans dégrader les matières et qui traite 20 tonnes de matières à l'heure à raison de 21 heures par jour, soit 120 000 tonnes par an. C'est un niveau industriel», poursuit M. Charreyre.

Le métal est séparé grâce à des aimants à courant alternatif, le papier, le carton et le plastique à l'aide de robots optiques et la matière organique, qui représente de 40 % à 50 % du sac à poubelle, est transformée en compost. «On utilise la chaleur de la matière organique pour la ramener à 10 % d'humidité. En bout de ligne, on produit un compost dont la valeur agronomique est le double de celle du compost classique», indique le créateur de 3Wayste.

Le reste des matières recueillies, qui inclut certains plastiques non recyclables issus de la transformation du pétrole, est transformé en combustible qui est ensuite vendu aux cimenteries et à d'autres entreprises. L'idée est de n'éliminer aucune matière ayant de la valeur. Même le sac à poubelle est lavé, recyclé et transformé en granules qui servent à fabriquer d'autres sacs à poubelle.

Avec 100 000 tonnes de déchets, les gens de 3Wayste se targuent de produire plus de 30 000 tonnes de combustible recyclé, 25 000 tonnes de compost, 15 000 tonnes de papier recyclé, 5000 tonnes de plastique recyclé et 5000 tonnes de métal.

L'utilisation d'une telle technologie pourrait même sonner la fin de la collecte des ordures ménagères à deux bacs, toutes les matières pouvant être déposées dans le même bac sans problème.

«Pour l'instant, notre collectivité a choisi de garder son bac de recyclage mais, éventuellement, il se pourrait que tout revienne à un seul sac. Comme ce qui se faisait avant!» indique en terminant M. Henri Grange, l'un des associés de M. Charreyre.

Deux usines seraient nécessaires à Québec

Si la Ville de Québec décidait un jour de miser sur la technologie de 3Wayste, elle devrait construire deux usines pour traiter la totalité des ordures ménagères de ses résidents, selon les dirigeants de l'entreprise française.

«Nous calculons qu'un centre peut desservir 350 000 habitants. Québec aurait donc besoin de deux centres», indique Fabien Charreyre, ajoutant que le fait de devoir multiplier par deux ne rendrait pas prohibitive l'installation de la technologie.

Moins cher qu'incinérer

«Lors de leur visite en France, les gens de Québec sont tombés en bas de leurs chaises quand ils ont appris combien ça coûtait», poursuit-il. «L'implantation coûte 20 millions d'euros (29,4 millions $ canadien) et le coût de fonctionnement est de 50 $ la tonne.»

L'homme d'affaires indique que le jeu en vaut la chandelle lorsqu'on compare ces coûts à ceux d'un incinérateur. «Un incinérateur coûte 280 millions d'euros et son coût de fonctionnement est énorme, autour de 100 à 130 $ la tonne», explique-t-il en précisant que les rejets de l'incinérateur aboutissent quand même au site d'enfouissement.

Selon M. Charreyre et ses associés, la collectivité de Puy-en-Velay envisagerait même de diminuer le taux de sa taxe sur les ordures ménagères après que la nouvelle technologie lui aura fait économiser plus de 1 200 000 euros en un an.

La Ville analyse deux technologies

En plus de la technologie de 3Wayste, la Ville de Québec en analyse aussi une deuxième qui pourrait lui éviter de devoir passer à la collecte à trois bacs pour récupérer les matières compostables.

«Ce sont des technologies qui permettent de faire du tri de manière mécanique ou optique pour séparer les matières compostables des autres matières sans utiliser un troisième bac», a expliqué au Soleil l'attaché de presse du maire Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin.

«Il s'agit pour nous de voir ce qui serait le plus efficace, ce qui permettrait le plus d'économies, ce qui apporterait le meilleur rapport qualité-prix», poursuit-il en ajoutant que la technologie qui sera éventuellement choisie s'ajoutera à la future usine de biométhanisation.

M. Nolin a confirmé que des gens du département d'environnement de la Ville de Québec avaient rencontré les gens de 3Wayste en novembre à Québec. «Par la suite, l'un de nos employés s'est rendu en France visiter de la famille pour les Fêtes et nous en avons profité pour lui faire visiter l'usine de 3Wayste.»

L'attaché de presse du maire avoue que la Ville de Québec essaie d'être à l'affût de ce qui se fait de meilleur dans le domaine du traitement des déchets. «Et il faut avouer que la technologie de 3Wayste et l'autre technologie que nous analysons sont très intéressantes», conclut-il.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer