Lévis ferme la porte au pipeline

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«Le projet, avec les informations qu'on a, ne passe pas la rampe, c'est clair», a affirmé le maire de Lévis jeudi.

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(Québec) S'il l'avait laissée entrouverte ces dernières semaines, le maire de Lévis Gilles Lehouillier a fermé la porte au projet de pipeline Énergie Est jeudi.

«Le projet, avec les informations qu'on a, ne passe pas la rampe, c'est clair», a lancé le maire en marge d'une conférence de presse jeudi. Au début janvier, M. Lehouillier se montrait relativement ouvert au projet de TransCanada. Le 11 février, il disait aux journalistes qu'il était favorable au projet, si et seulement si la compagnie répondait à toutes ses interrogations. «C'est un oui conditionnel», disait-il.

La donne a changé après le dévoilement mercredi en fin de journée des rapports des experts de la Communauté métropolitaine de Québec. Ces huit volumineux rapports concluent que le projet de TransCanada comporte plusieurs «lacunes», notamment dans ses scénarios de déversement de pétrole. Des scénarios qualifiés «d'optimistes» par les experts.

«Pour le moment, avec les informations qu'on a de TransCanada, c'est non. [...] J'ai dit qu'on allait être intraitables, donc, actuellement, on se doit de dire que c'est le côté intraitable qui prend le dessus», a expliqué le maire.

Un immense défi

Est-ce qu'il pourrait changer d'avis dans l'avenir, si TransCanada retourne à sa planche à dessin et arrive avec de meilleurs scénarios? Le maire s'est contenté de dire que TransCanada a un «immense défi à relever».

«L'ensemble de nos experts à la Communauté métropolitaine de Québec concluent que TransCanada a pas fait la job, c'est aussi simple que ça! [...] Qu'on le prenne de tous bords, tous côtés, il est clair qu'il y a un problème réel dans l'élaboration de ce projet-là au niveau de TransCanada», a-t-il indiqué.

Par exemple, M. Lehouillier s'inquiète de ne pas savoir combien de temps le pétrole prendrait avant d'atteindre les prises d'eau de la Ville dans le fleuve, en cas de déversement. Les experts indiquent également que 1,5 % des fuites ne pourraient être détectées. Ce qui représente 11 000 litres de pétrole qui pourraient se retrouver dans l'eau du fleuve chaque jour.

Enfin, TransCanada n'aurait pas évalué les impacts d'un déversement qui surviendrait en hiver. Si la catastrophe de Lac-Mégantic était survenue en hiver, la Ville de Lévis n'aurait jamais été en mesure de brancher 50 000 personnes à une nouvelle source d'eau en peu de temps, soutient le maire. «On se doit d'être responsables.»

CMQ : une position en avril

La Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) ne s'est pas encore officiellement prononcée sur le projet Énergie Est. Les rapports d'experts qu'elle a commandés lui serviront de guides pour son audition devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, prévue en avril. 

À Québec, l'opposition demande au maire Régis Labeaume de faire siennes les conclusions des experts et de dire non une fois pour toutes à ce pipeline. 

«M. Labeaume doit envoyer le signal fort qu'il s'oppose au projet Énergie Est», écrit la conseillère Anne Guérette dans un communiqué. 

À Lévis, le maire Lehouillier souhaite que la CMQ soit conséquente dans ses avis et ses décisions. 

«Si on s'attaque à la CMQ à la protection de nos prises d'eau, faut faire la même chose dans le fleuve qu'on fait avec la [rivière] Saint-Charles, faut assurer la protection de nos prises d'eau potable», a-t-il martelé. Patricia Cloutier

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