BAPE sur Énergie Est: pipeline ou train, le risque se gère

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(Québec) Plus risqué que les oléoducs, le transport par train? La croyance populaire veut que oui, mais ce n'est pas nécessairement le cas, a dit mardi après-midi un dirigeant du Bureau de la sécurité des transports devant le BAPE sur le projet Énergie Est.

«De notre point de vue, le transport de pétrole brut peut se faire de manière sécuritaire dans tous les modes de transport si les risques sont bien identifiés et gérés de manière proactive», a indiqué Jean Laporte, du BST.

Le fonctionnaire note toutefois qu'en général, l'industrie des pipelines se montre un peu plus collaborative que celles des chemins de fer. La totalité des «recommandations» (correctifs à apporter à la suite d'une enquête du BST) faites aux compagnies de pipelines est remplie de façon satisfaisante, alors que ce taux est d'un peu plus de 80 % du côté ferroviaire - il avoisinait même les 70 % avant la tragédie de Lac-Mégantic. En outre, dit-il, «l'industrie des pipelines est plus proactive et n'attend pas nos recommandations avant de prendre des mesures correctives. Du côté ferroviaire, certains joueurs vont être proactifs, d'autres vont attendre nos recommandations».

D'après les statistiques qu'il a présentées, les déversements majeurs ne semblent ni plus fréquents ni vraiment pires pour un mode de transport ou un autre. Entre 1990 et 2015, les pires déversements d'oléoducs ont laissé échapper entre 1 et 3,8 millions de litres de pétrole dans la nature, contre 1 à 2,6 millions de litres pour les pires désastres ferroviaires.

L'immense majorité des incidents sont toutefois des événements très mineurs n'impliquant souvent aucune fuite, précise M. Laporte.

Le BAPE a entamé lundi, à Lévis, une première série de séances de consultation au sujet du projet Énergie Est de l'entreprise TransCanada. L'oléoduc proposé acheminerait du pétrole de l'Ouest canadien, issu des sables bitumineux albertains et des schistes du nord des États-Unis, jusqu'au Nouveau-Brunswick. À l'heure actuelle, ce pétrole est en quelque sorte «prisonnier» au centre du continent, où les prix sont plus bas que sur les marchés mondiaux. Cette première phase du BAPE s'étirera jusqu'à la semaine prochaine.

Appel à la raison

Le premier ministre Philippe Couillard a par ailleurs réagi aux manifestations qui ont troublé la première séance du BAPE, lundi, en lançant un appel au calme et à la raison. «Je dirais qu'il faut avoir un débat rationnel et raisonné là-dessus», a-t-il dit lors d'un point de presse. «Je ne crois pas que ça aide d'avoir des manifestations qui bloquent le droit de parole des gens, qui sont agressives, d'un côté ou de l'autre. [...] Ce qu'on a vu [lundi], c'est des gens opposés au projet manifester très fortement. Je pense que si des gens favorables au projet manifestaient aussi fortement, ça ne serait pas bien accueilli par l'autre côté. Alors on a besoin d'un débat rationnel et respectueux.»

Une soixantaine de personnes se sont déplacées pour assister à la séance de mardi après-midi, et une bonne centaine ont assisté à celle du soir - les deux s'étant déroulées dans le calme.

Notons que cette séance du soir a porté sur les marchés qui seraient éventuellement visés par Énergie Est. Il en est ressorti que les oléoducs en place ne suffisent pas à approvisionner les trois raffineries de l'est du pays en pétrole canadien, en bonne partie parce que les pipelines ne peuvent pas fonctionner à leur capacité maximale en permanence. Une partie des tuyaux d'Énergie Est servirait donc au marché intérieur, mais une part substantielle serait manifestement destinée à l'exportation. Comme l'a indiqué l'économiste de l'Université Laval Patrick Gonzalez, invité par le BAPE à titre d'expert, les pipelines actuels et projetés dans l'Est auront une capacité maximale de 1,4 million de barils par jour (b/j), alors que la capacité totale des trois raffineries n'est que de 700 000 b/j. 

Avec La Presse Canadienne

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