Les premiers ministres divisés sur Énergie Est et la tarification du carbone

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall... (La Presse Canadienne, Jonathan Hayward)

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Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall (au centre), est un ardent défenseur du projet Énergie Est.

La Presse Canadienne, Jonathan Hayward

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Vancouver

Les tensions entourant le projet d'oléoduc Énergie Est et les désaccords sur la tarification du carbone ont marqué la rencontre hivernale du Conseil de la fédération, qui se tenait mercredi à Vancouver.

Les premiers ministres provinciaux et territoriaux se réunissaient autour d'une même table au lendemain du dépôt d'une demande d'injonction de Québec contre la société TransCanada, un geste qui a suscité l'ire du premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, ardent défenseur du projet Énergie Est.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a tenu à réitérer en point de presse que les démarches judiciaires entamées contre le promoteur du pipeline ne visaient aucunement à provoquer «une chicane» entre l'est et l'ouest du pays.

«Je crois que les tensions sont temporaires, a-t-il suggéré. C'est tout à fait normal que les lois et règlements d'une province soient suivis par une compagnie, et ça ne remet pas en cause le processus fédéral. Ça l'améliore.»

Son alliée Kathleen Wynne, première ministre de l'Ontario, a volé à son secours. Elle a souligné que la portion ontarienne du tracé avait fait l'objet d'une évaluation «très similaire» à celle que souhaite mener le Québec avec le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) avec toutes les informations en main.

«Je suis passée par là. J'ai clairement établi que l'évaluation de la Commission de l'énergie de l'Ontario n'avait d'aucune manière comme objectif de miner le processus national. Le but, en fait, était d'informer l'Office national de l'énergie», a insisté la première ministre lors d'un point de presse conjoint avec M. Couillard.

Mais pour Brad Wall, la nécessité de bâtir l'oléoduc a déjà été démontrée, et «on ne devrait pas mettre des barrières supplémentaires, provinciales ou autres, au processus réglementaire rigoureux déjà existant de l'Office national de l'énergie», a-t-il soutenu en point de presse avant la réunion du Conseil.

Les différends entourant Énergie Est ne sont pas les seuls à subsister au sein du groupe de premiers ministres provinciaux et territoriaux.

Leurs positions divergent notamment en ce qui concerne l'imposition d'un prix pancanadien sur le carbone, une possibilité que la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, n'a pas exclue en entrevue avec La Presse Canadienne, mercredi.

Les provinces du «Canada central» de Philippe Couillard et de Kathleen Wynne, qui ont déjà leur propre marché du carbone, n'en veulent pas. «Ce serait une très mauvaise idée», a résumé le dirigeant québécois.

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, en revanche, trouve l'idée intéressante. Et Brad Wall, lui, est sans équivoque : il refuse de souscrire à une entente nationale qui comporterait une taxe sur le carbone.

«Nous ne pouvons signer une entente qui prévoit une entrée en vigueur immédiate d'une taxe sur le carbone [...] étant donné la situation du secteur de l'énergie en Saskatchewan», a-t-il tranché.

Mais ultimement, il faudra passer par-dessus ces divergences pour en venir à un terrain d'entente et convenir d'un plan de réduction de gaz à effet de serre, a souligné la première ministre Wynne.

«Nous devons travailler ensemble pour lutter contre les changements climatiques, nous devons travailler ensemble pour soutenir les économies des provinces et des territoires, donc nous devons avoir des conversations difficiles», a-t-elle fait valoir.

«Mais je crois que nous avons la capacité de trouver les solutions», a conclu Mme Wynne.

Le premier ministre Couillard est d'avis qu'il est «essentiel de se réunir autour du concept» d'une taxe sur le carbone. «Il y a plusieurs méthodes qu'on peut utiliser, mais l'ensemble des experts internationaux s'entendent que (la tarification du carbone) est un des outils essentiels», a-t-il dit.

La ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, partage le même avis. «C'est la manière la plus efficace de réduire les émissions de gaz à effet de serre», a-t-elle dit en entrevue.

Ce n'est toutefois pas la seule façon d'y parvenir : investir dans les infrastructures vertes et l'électrification des transports permettra au Canada de réduire son empreinte carbone, a-t-elle fait remarquer.

Les discussions sur la lutte aux changements climatiques reprendront jeudi matin dans la capitale britanno-colombienne, alors que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, rencontrera ses homologues provinciaux et territoriaux.

Il dit vouloir en arriver à une entente négociée avec les provinces sur les moyens à mettre en oeuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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