Pas question d'interdire les sacs à Québec et Lévis

À Montréal, l'interdiction des sacs de plastique entrera... (Le Soleil, Yan Doublet)

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À Montréal, l'interdiction des sacs de plastique entrera en force en 2018, et comprendra seulement quelques exceptions pour des raisons d'hygiène, notamment les sacs minces pour les fruits et légumes et pour les médicaments.

Le Soleil, Yan Doublet

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Après Brossard la semaine dernière, la Ville de Montréal a annoncé lundi qu'elle irait de l'avant avec une interdiction des sacs de plastique sur son territoire à partir de 2018. Québec et Lévis n'ont toutefois pas l'intention de suivre le mouvement même si le maire de Montréal, Denis Coderre, voudrait voir l'interdiction s'étendre à la grandeur de la province.

«Nous, on a fait le choix de recycler. Il y a d'autres combats. Ce n'est pas comme si on ne faisait rien», a déclaré l'attaché de presse du maire Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin. Il estime aussi que le recours de plus en plus répandu aux sacs réutilisables pour faire les courses joue dans la balance et permet de réduire le nombre de sacs de plastique.

À Lévis, le conseiller municipal Guy Dumoulin, responsable de la gestion des déchets, a indiqué que la Ville n'avait pas non plus l'intention d'imiter Montréal et que cette option ne faisait pas partie de son plan de gestion des matières résiduelles, qui s'étend jusqu'en 2020.

Comme les résidents de Québec, les Lévisiens peuvent aussi déposer leurs sacs dans le bac de recyclage, mais M. Dumoulin admet que le recyclage de cette matière dépend du marché, qui fluctue. «Des fois, ça va à l'enfouissement, des fois, c'est recyclé, c'est plus flou comme marché.»

Lévis pourrait toutefois envisager une interdiction d'ici 2030, année où elle souhaite atteindre son objectif de «déchet zéro». Pour l'instant, ça ne semble toutefois pas être une priorité. «Les commerçants utilisent de moins en moins de sacs de plastique. Souvent, ces sacs-là sont réutilisés dans les maisons. Les gens s'en servent pour mettre leurs déchets, pour faire de l'emballage, alors pour nous, c'est pas un enjeu», poursuit M. Dumoulin.

Résolution

Pendant ce temps, la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) a sur la table une résolution votée à l'unanimité par le conseil municipal de Saint-Augustin-de-Desmaures lui demandant d'analyser la possibilité d'interdire elle aussi les sacs de plastique à usage unique.

Saint-Augustin a choisi cette voie plutôt que d'interdire les sacs sur son territoire. «On considérait que c'était un coup d'épée dans l'eau si on était les seuls à le faire, mais qu'à la grandeur de la CMQ, ce serait intéressant», a expliqué Danny Rousseau, directeur des communications.

La résolution a été déposée à la commission de la CMQ chargée des consultations publiques sur le plan de gestion des matières résiduelles. «Une centaine de propositions ont été soumises durant ces consultations et la commission en tiendra compte dans son rapport. Ce sera ensuite au conseil de décider, au cours des prochains mois, si elle fera partie du projet de plan amendé», a expliqué au Soleil Benoît Massicotte, porte-parole de la CMQ.

Exceptions

À Montréal, l'interdiction qui entrera en force en 2018 prévoit quelques exceptions pour des raisons d'hygiène, notamment les sacs minces pour les fruits et légumes et pour les médicaments. 

«Nous encourageons ainsi l'utilisation de sacs réutilisables ou plus résistants, un geste déjà posé par de nombreux Montréalais. D'ailleurs, la Ville de Montréal encouragera en parallèle plusieurs autres initiatives visant la consommation responsable, comme la réduction de la consommation des bouteilles d'eau en plastique, mais également le développement d'une filière de conception et de fabrication de sacs réutilisables au Québec», a déclaré le maire Coderre dans un communiqué de presse.

Labeaume se fait des amis dans l'industrie du plastique

En refusant de suivre la voie de l'interdiction des sacs de plastique à Québec, le maire Régis Labeaume s'est fait des amis au sein de la Fédération des plastiques et alliances composites (FEPAC).

«Je salue le leadership de Québec et je leur offre de marcher main dans la main avec eux pour faire de Québec la première ville en Amérique du Nord à se doter d'un programme écoresponsable de gestion des sacs de plastique, une industrie qui est un moteur de développement et qui crée de l'emploi», a déclaré au Soleil M. Pierre G. Fillion, pdg de cette fédération qui regroupe les entreprises des secteurs des plastiques et des plastiques renforcés. 

«Moi, Montréal, je ne suis plus capable! C'est honteux, c'est une calomnie! Je me porte volontaire et je suis prêt à m'asseoir avec Québec autour de la table. On va prouver qu'on a une solution viable et respectueuse pour les sacs de plastique plutôt que de faire comme Coderre pour se donner bonne conscience», poursuit-il.

M. Fillion a rappelé que le centre de tri Tricentris venait de développer une technologie pour trier les sacs de plastique de façon optimale. «Si Tricentris a investi des millions de dollars dans cette technologie de recyclage, c'est qu'il y a quelque chose à faire. Le sac est recyclé à 94 %, ce qui est un taux plus élevé que n'importe quel produit. Et il y a des industries qui en veulent et s'en servent pour faire de la tuyauterie, des canalisations, des bancs de parc.»

Incrédulité

Au centre de tri du Groupe Bouffard, à Matane, on est également incrédule quant à la nécessité d'interdire les sacs de plastique. «Nous, on n'y croit pas. Il va toujours rester des sacs sur le marché, comme les Publisacs et les sacs à déchets», a indiqué Hugo Desjardins, directeur général adjoint. «Les sacs, nous les récupérons et les vendons à des courtiers. Il y a un marché pour ça, mais ça couvre à peine les frais de transport», avoue-t-il cependant.

Sans prendre formellement position, l'organisme gouvernemental Recyc-Québec a applaudi lundi l'initiative montréalaise. «On ne peut que saluer une mesure visant la réduction des matières alors qu'on fait valoir la hiérarchie des 3RV [Réduction à la source, réutilisation, recyclage et valorisation]», a déclaré le porte-parole Martin Lanouette.

«D'autant plus que le sac de plastique a beau pouvoir être réutilisé, il termine toujours son parcours dans la nature ou à l'enfouissement. Une étude déposée au Forum économique mondial à Davos a démontré qu'en 2050, il y aurait plus de sacs de plastique que de poissons dans l'océan. On ne peut pas être insensible à ça», termine-t-il.  

Avec Valérie Gaudreau et Patricia Cloutier

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