Énergie Est: Labeaume et Lehouillier promettent d'être «intraitables»

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Comme Régis Labeaume, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a clarifié jeudi sa position face au projet Énergie Est en affirmant qu'il est d'accord avec le passage de l'oléoduc sur le territoire de sa ville, mais si et seulement si TransCanada le rassure sur toutes ses interrogations.

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(Québec) Régis Labeaume et Gilles Lehouillier ne feront pas de quartier à TransCanada lors des audiences du BAPE sur le controversé projet d'oléoduc Énergie Est. «Nous serons intraitables», ont tranché les maires de Québec et de Lévis mercredi.

«On va se présenter au BAPE et à l'Office national de l'énergie. Si ça ne change pas, on va être très durs. Très, très durs», a dit le maire de Québec en mêlée de presse après le conseil de la Communauté urbaine de Québec (CMQ) mercredi après-midi.

Peu avant, les élus de la région avaient officiellement confirmé qu'ils participeront aux audiences des deux organismes de consultation. Les maires et préfets de la CMQ sont en faveur du projet, eux qui préfèrent un oléoduc au transport de pétrole par train ou camion.

Mais pas dans l'état actuel des choses, où trop de questions sur la sécurité et l'environnement demeurent sans réponse.

Le BAPE commencera le 7 mars à Lévis ses travaux sur le projet d'oléoduc qui relierait l'Alberta au Nouveau-Brunswick. Des 28 municipalités de la CMQ, Lévis et Saint-Augustin sont touchés par un éventuel tracé du pipeline.

«Comme président de la CMQ, je vais aller défendre Lévis et Saint-Augustin», a expliqué M. Labeaume. «On va discuter de nos problèmes, et les réponses qu'on a pas. On va être intraitables», a martelé celui qui a qualifié TransCanada «d'incompétente» et «d'arrogante».

M. Labeaume doit rencontrer les dirigeants de l'entreprise ces prochains jours.

«Oui conditionnel» de Lehouillier

Plus tôt en matinée, le maire de Lévis Gilles Lehouillier avait clarifié sa position face au projet Énergie Est en affirmant qu'il est d'accord avec le passage de l'oléoduc sur le territoire de sa ville, mais si et seulement si TransCanada le rassure sur toutes ses interrogations. «C'est un oui conditionnel», a-t-il lancé en mêlée de presse. Une position qu'il a réitéré en marge du conseil de la CMQ en après-midi.

Il y a deux semaines, M. Lehouillier avait indiqué qu'il attendait les résultats des experts de la CMQ pour se prononcer. Mais voilà qu'il se fait plus affirmatif. «Je suis un peu d'accord avec l'idée qu'à un moment donné, il faut que les pipelines finissent par traverser quelque part», explique celui qui dit être sur la même longueur d'ondes que Régis Labeaume sur la question. «Notre position est pas celle de Montréal. On s'entend là-dessus.»

Il est prévu que l'oléoduc traverse le fleuve à la hauteur de Saint-Augustin et traverse Lévis sur 40 kilomètres. M. Lehouillier rappelle que sa ville avait déjà voté une résolution en 2013 en faveur de l'oléoduc de TransCanada, tant que le tracé de celui-ci respectait le schéma d'aménagement. «Le tracé respecte les grandes lignes de notre schéma d'aménagement», a-t-il réaffirmé mercredi.

Manifestation lundi

Opposé au projet d'Énergie Est, le Mouvement citoyen Stop Oléoduc prépare une manifestation lundi. Sur sa page Facebook, le regroupement «invite la population à faire du piquetage citoyen devant l'hôtel de ville de Québec lundi à 16h30», soit avant une séance du conseil municipal.

«On est en démocratie, les gens ont le droit», a répliqué M. Labeaume lorsque questionné sur la manifestation à venir. Il estime toutefois que ces opposants ne «s'attaquent à la mauvaise personne». «Les maires n'ont pas à décider si c'est du pétrole propre ou moins propre», a-t-il en rappelant que le président américain Barack Obama a mis fin au projet d'oléoduc Keystone XL en novembre. «Il l'a fait pour des convictions. Si le premier ministre Trudeau pense pareil, qu'il l'arrête. C'est son rôle à lui, pas mon rôle à moi.»

Un BAPE trop tôt pour les écolos

Six groupes environnementaux jugent que les séances du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui débuteront le 7 mars à Lévis, arrivent trop tôt et demandent à ce qu'elles soient reportées.

«Le gouvernement canadien vient de donner neuf mois de plus à l'Office national de l'énergie pour étudier le projet Énergie Est, alors il n'y a plus d'urgence», soutient Anne-Céline Guyon, du mouvement citoyen Stop Oléoduc.

Ce qui cloche, selon elle, c'est que l'ONE a renvoyé TransCanada refaire ses devoirs, en lui demandant des documents plus complets et traduits de façon plus précise de l'anglais au français. «Pourquoi est-ce que le Québec devrait se contenter de documents incomplets pour se faire une idée sur le projet? Attentons de recevoir les mêmes documents!» lance-t-elle.

Les groupes concernés, soit l'Association québécoise de la lutter contre la pollution atmosphérique, Greenpeace Canada, le Mouvement Stop Oléoduc, Nature Québec, le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec et Sierra Club Québec, se réjouissent toutefois que le BAPE étudie non seulement la sécurité et l'accessibilité sociale de l'infrastructure, mais l'impact que cet oléoduc aura sur le bilan des gaz à effet de serre. «Il faudrait être cohérent avec ce qu'on a signé à Paris, dit Mme Guyon, faisant référence à l'Accord de Paris sur le climat, signé en novembre dernier. Patricia Cloutier

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