Les gros détaillants méfiants du plan de gestion des matières résiduelles

Le Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles demande aux commerces un effort supplémentaire pour faire passer de 55 % à 70 % le taux de récupération du papier, du verre et du plastique d'ici 2021.

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(Québec) Les grands magasins craignent que pour atteindre les objectifs «ambitieux» de recyclage, les municipalités de la région ne viennent interdire la collecte par leurs services internes.

«Si jamais il y avait obligation de participation à la collecte municipale, on est opposés. On a déjà des commerces qui ont leur propre programme», a tranché Philippe Cantin, conseiller en environnement du Conseil canadien du commerce de détail à la consultation publique sur le Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR), mardi.

L'un des principaux points de ce plan des 28 municipalités de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) présenté le 2 novembre est un effort supplémentaire demandé aux commerces pour faire passer de 55 % à 70 % le taux de récupération du papier, du verre et du plastique d'ici 2021.

Le hic, c'est que le tonnage des matières recyclables amassées dans les grandes bannières n'est pas comptabilisé dans les données municipales. Certaines chaînes font plutôt affaire avec leur propre système, qu'ils jugent plus économique et plus pratique. De grands centres de distribution, par exemple, peuvent placer leurs cartons à recycler sur des palettes, ce que ne permettrait pas nécessairement une collecte municipale, a avancé M. Cantin.

«Ça représenterait un coût additionnel parce qu'il faudrait ajouter des conteneurs et des bacs», a-t-il illustré pendant cette consultation menée par l'Institut du Nouveau Monde. «Municipaliser» la collecte dans les grandes bannières «s'apparenterait à de l'expropriation» des entreprises qui offrent déjà ce service à l'interne pour les gros joueurs du détail, a dit M. Cantin.

Or, rien dans le PMGMR ne parle d'une telle mesure, a souligné l'un des commissaires, Alexandre Turgeon, du Conseil régional de l'environnement. 

L'intervention est surtout préventive dans le cas où les villes de la CMQ en viendraient à se fixer une «obligation de résultat», a répliqué le représentant du Conseil canadien du commerce de détail, qui représente 45 000 commerces au Canada.

«On veut juste s'assurer qu'il n'y ait pas de tentation si jamais on voit après quelques années que les résultats ne sont pas satisfaisants, a avancé M. Cantin. C'est ça qu'on veut dire.»

Halte au gaspillage

La collecte des matières organiques en prévision de la future usine de biométhanisation de Québec, en 2022, a aussi fait l'objet de discussions mardi.

Or, avant de parler de réduire les restes en compost, Pierre-Alexandre Blouin, de l'Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ), a plaidé pour un soutien aux organismes d'aide aux plus démunis qui récupèrent la nourriture bonne, mais moins attrayante pour les étalages. Dans la métropole, un programme de Moisson Montréal a montré un bilan positif. Un projet-pilote comparable est présentement mené par Moisson Québec. M. Blouin souhaite une collecte de denrées fréquente, ce qui aiderait autant les épiciers que les organismes. «Les détaillants ne veulent pas jeter, malgré ce qu'on peut entendre», a-t-il soutenu. «Les détaillants veulent collaborer, mais pas de façon périodique. Ils ne peuvent pas garder de nourriture pendant deux semaines.»

Recyclage : rien d'acquis, même chez les jeunes

Recycler est un geste systématique chez les jeunes? Oh, que non, sont venus dire trois étudiants du Comité environnement du Cégep de Limoilou, où se tenait mardi une journée de consultation publique sur le Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR). «On a des statistiques qui montrent que ça ne fonctionne pas du tout. Il faut constamment qu'on aille voir les gens, qu'on les informe», a dit la cégépienne Kayla Thibault en dressant un constat lucide. «Toutes les fois qu'il y a des gens du secondaire qui arrivent, ça ne fonctionne plus. Ça dégénère. On retrouve du papier dans la poubelle.» Elle plaide pour davantage d'information et de prise en charge par les institutions scolaires. «Je rêve qu'on n'ait plus besoin d'avoir un comité», a-t-elle illustré. La dernière journée de consultation sur le PMGMR se tiendra jeudi à l'édifice Andrée-P.-Boucher de la route de l'Église. L'horaire prévoit entre autres les présentations de groupes comme les AmiEs de la Terre de Québec, les restaurants Saint-Hubert et Démocratie Québec.

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