Dossier des fosses septiques: Labeaume accusé de «populisme»

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Quatre conseillers de l'opposition à Lac-Beauport (photo) demandent au ministère de l'Environnement d'intervenir dans les travaux menés par la CMQ pour la préservation du lac Saint-Charles et des prises d'eau de la rivière Saint-Charles.

Le Soleil, Frédéric Matte

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(Québec) Des conseillers de Lac-Beauport accusent Régis Labeaume de «populisme» dans le dossier des fosses septiques et de la protection de l'eau potable. Ils demandent au ministère de l'Environnement d'intervenir pour contrer le «discours démagogique» du maire de Québec.

Quatre conseillers de l'opposition à la mairesse Louise Brunet, Even McHugh, François-Bernard Saillant, Guy Gilbert et Marc Bertrand, ont signé lundi un communiqué de presse dans lequel ils demandent au ministère de l'Environnement d'intervenir dans les «travaux tendancieux» menés par la Communauté métropolitaine de Québec pour la préservation du lac Saint-Charles et des prises d'eau de la rivière Saint-Charles, principale source d'eau potable des citoyens de Québec.

«J'entends Régis Labeaume qui dit à toute la population que Stoneham, Lac-Delage, Lac-Beauport les empoisonnent. Ça, à un moment donné, c'est un discours populiste et j'aimerais ça que des fonctionnaires, des gens compétents, viennent intervenir là-dedans parce que ça va aller trop loin. Où est notre gouvernement du Québec?», a demandé sans détour le conseiller et urbaniste Marc Bertrand en entrevue au Soleil lundi.

La semaine dernière, le maire de Québec a pointé du doigt les fosses septiques des municipalités de la couronne Nord comme étant en partie responsables de la contamination des prises d'eau de la rivière Saint-Charles. Or raccorder les fosses septiques du bassin versant du lac Saint-Charles aux égouts coûterait 100 millions $ selon une première évaluation. Une somme que Québec sera peut-être contrainte de payer en partie pour «se protéger contre les autres» et récupérer leur «merde», a dit M. Labeaume, aussi président de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ).

Le commentaire visait particulièrement Stoneham, mais les conseillers de Lac-Beauport ont été piqués au vif.

Marc Bertrand et ses trois collègues sont majoritaires au conseil municipal de Lac-Beauport contre deux autres conseillers et la mairesse Louise Brunet. Cette dernière s'est dite favorable au moratoire de trois mois sur toute nouvelle construction voté au conseil de la CMQ le 17 décembre. En tant que préfète de la MRC de la Jacques-Cartier, elle avait toutefois voté contre, en raison de la dissidence de certains élus, dont ceux de son propre conseil et le maire de Stoneham, notamment.

Déjà opposés à un tel moratoire, les quatre conseillers de Lac-Beauport dénoncent le maire de Québec qui n'a pas attendu les conclusions du comité mis sur pied pour évaluer les demandes de permis de construction pendant ces trois mois de moratoire avant de «décider unilatéralement» que la principale source de contamination «était les fosses septiques».

Dans leur communiqué, ils jugent «impropre que le président de la CMQ puisse s'ingérer librement dans un champ de compétence du gouvernement du Québec, soit l'approvisionnement en eau potable». Ils estiment que le ministère de l'Environnement, «notre gardien de l'eau», a «le devoir moral de se manifester dès aujourd'hui».

Rencontre prévue

La semaine dernière, Régis Labeaume a annoncé qu'il ira rencontrer les conseils municipaux de Lac-Beauport, de Stoneham, de Lac-Delage et de Sainte-Brigitte-de-Laval réfractaires à son plan de protection de l'eau potable. À Lac-Beauport, la rencontre aura lieu le 22 février, mais en l'absence de Marc Bertrand, qui sera retenu au Honduras pour son travail.

Pas si vite, réplique la mairesse de Lac-Beauport

Le conseiller Marc Bertrand «met la charrue devant les boeufs» en demandant dès maintenant l'intervention du ministère de l'Environnement, réplique la mairesse de Lac-Beauport, Louise Brunet.

«Tout ce projet de protection de l'eau potable, il ne touche pas seulement Lac-Beauport. Ça va continuer. On s'est justement unis pour avoir plus de poids avant d'aller voir le gouvernement», a dit Mme Brunet lorsqu'appelée à commenter la virulente sortie du conseiller Marc Bertrand contre le «populisme» du maire de Québec, Régis Labeaume.

Habituée à voir ce dernier et les conseillers Even McHugh, François-Bernard Saillant et Guy Gilbert prendre une position contraire à la sienne, la mairesse minoritaire au conseil n'a pas voulu personnaliser le débat.

Elle a toutefois appelé à la «patience» et a demandé d'attendre de voir le projet de protection des sources d'eau potable dans son ensemble. «Il y a plusieurs étapes à suivre. Certains voudraient aller plus vite», a-t-elle dit. «Mais c'est justement pour ça qu'on fait le travail, pour avoir des papiers à mettre sur la table.»

Contrairement à Marc Bertrand, la mairesse de Lac-Beauport ne voit pas d'ingérence ni de menace à l'autonomie municipale dans la position de Labeaume et de la CMQ. «C'est certain que Québec veut nous aider», a-t-elle dit. «Mais à moyen et long termes, les municipalités, il va falloir qu'on se prenne en main», a-t-elle ajouté.

Louise Brunet et le conseiller dissident Marc Bertrand s'entendent toutefois sur un point : Lac-Beauport a fait des efforts ces dernières années pour protéger les cours d'eau. La municipalité de 7600 habitants a par exemple tout récemment interdit l'usage d'engrais et de pesticides sur son territoire.

La grogne ne changera rien au moratoire

Peu importe la grogne de certains élus de Lac-Beauport, le vote de la Communauté urbaine de Québec l'emporte sur celui des différents conseils municipaux de la couronne Nord. Le maire de Québec et président de la CMQ, Régis Labeaume, avait été clair lors du vote sur le moratoire de trois mois le 17 décembre. «On a gelé le développement pour trois mois. Là, on va se donner des nouvelles règles très, très strictes. Notre objectif est que la population comprenne le problème. C'est très technique, il y a beaucoup de chimie», avait-il réitéré la semaine dernière en mêlée de presse. M. Labeaume avait aussi répondu au conseiller Marc Bertrand qui, opposé à l'arrêt d'émission de permis de construction, avait critiqué une première fois M. Labeaume, estimant que Lac-Beauport méritait un «Méritas», plutôt qu'un «moratoire». «On va lui donner quelques livres pour qu'il lise un peu. On va lui donner des documents», avait répliqué le maire de Québec à propos de M. Bertrand. «Il doit savoir lire, ce gars-là. Demandez-lui donc s'il sait lire s'il ne connaît pas la chimie.»

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