Québec et Lévis s'inquiètent de la salinité du Saint-Laurent

Actuellement, la barrière entre l'eau salée et l'eau... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Actuellement, la barrière entre l'eau salée et l'eau douce se trouve à la pointe est de l'île d'Orléans, mais le réchauffement climatique pourrait la faire bouger vers Québec et Lévis, selon des scientifiques.

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(Québec) Les villes de Lévis et de Québec lanceront prochainement une étude pour cerner les dangers qui guettent leurs prises d'eau potable branchées dans le fleuve Saint-Laurent. Il faut notamment déterminer si et quand l'eau salée pourrait se frayer un chemin vers l'ouest et les robinets.

«Nous, ce qu'on aimerait faire au niveau du fleuve, c'est d'être capable de voir ce qui se passe avec la salinité de l'eau. [...] Tantôt ça va devenir important parce qu'apparemment, plus les années vont passer, plus l'eau salée va s'approcher de nos prises d'eau. Il faut qu'on développe des modèles pour savoir ce qui va se passer», a exposé mercredi le maire Gilles Lehouillier, alors qu'il dressait un premier bilan du plan d'action de développement durable de la Ville de Lévis.

Actuellement, la barrière entre l'eau salée et l'eau douce se trouve à la pointe est de l'île d'Orléans, mais le réchauffement climatique pourrait la faire bouger vers Québec et Lévis, selon des scientifiques.

Le maire Lehouillier s'inquiète aussi de la migration des eaux des Grands Lacs et de l'abaissement du niveau d'eau du fleuve.

Sur la Rive-Nord, environ 20 % des citoyens tirent leur eau potable du fleuve. L'usine de traitement est située à Sainte-Foy. Sur la Rive-Sud, la proportion grimpe à 66 %. La prise fluviale la plus à risque, car la plus à l'est, est celle du secteur de la traverse à Lévis. Il y en a une autre à Saint-Romuald. L'autre tiers de l'eau potable de Lévis est puisée dans la rivière Chaudière.

Quelles actions poser

La Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) supervisera l'étude sur les prises d'eau potable fluviales, a indiqué M. Lehouillier. L'organisation est déjà impliquée dans le dossier du lac Saint-Charles, principale prise d'eau potable de la ville de Québec. Un bilan de santé du plan d'eau a été dressé et un moratoire de trois mois sur la construction dans le bassin versant a été adopté avant les Fêtes pour ralentir sa dégradation.

À première vue, rien de tel ne serait nécessaire pour protéger les prises d'eau potable dans le fleuve. Surtout pas à court terme.

Le maire de Lévis veut plutôt savoir «dans un horizon de 10, 15, 20 ans, quelles actions il faut poser pour nous assurer qu'on va toujours avoir une eau potable de qualité». Par exemple, si des investissements s'imposent dans les usines de traitement, pour désaliniser l'eau notamment, «on doit le planifier le plus rapidement possible», dit Gilles Lehouillier, qui n'a aucune idée de l'échéancier ou des sommes en jeu. 

Ce dernier a insisté sur le fait que comparativement au cas du lac Saint-Charles, les villes avaient beaucoup de temps devant elles. «Il ne faut pas paniquer avec ça», mais «être prêt à agir», a-t-il répété à plusieurs reprises.

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