Des plantes pour décontaminer autour de l'incinérateur

C'est ce terrain vague, situé dans Limoilou, qui... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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C'est ce terrain vague, situé dans Limoilou, qui servira de projet pilote pour la tentative de décontamination. La Ville estime que la décontamination de ce terrain selon la méthode traditionnelle coûterait 4 millions$, tandis que la phytoremédiation nécessiterait seulement 1,2 million $.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La Ville de Québec espère arriver à décontaminer un terrain vague situé près de l'incinérateur, dans Limoilou, en y faisant pousser des arbres et des plantes.

Ce projet pilote de phytoremédiation - une première pour la Ville - s'est mis en branle en décembre. Le service de l'Environnement souhaite s'associer à un centre de recherche et à une université dans les prochains mois pour le mener à bien. Dès que les études préparatoires seront réalisées, au printemps, la plantation pourra débuter.

«C'est un processus qui est prometteur, mais qui est long. Ça peut prendre une dizaine d'années, parce qu'il faut laisser la nature faire ce qu'elle a à faire», explique Émilie Bruneau, porte-parole de la Ville de Québec.

Le principe est simple : au lieu d'excaver la terre polluée par des métaux ou des hydrocarbures et la remplacer par de la terre propre, on laisse la terre en place et on y plante des arbres, des arbustes ou des graminées, qui vont soit extraire les contaminants du sol ou faire en sorte de les dégrader. Le type de végétaux qui seront plantés sur le terrain situé à l'angle du chemin de la Canardière et du boulevard Montmorency dépendra de la technique qui sera choisie.

Si les végétaux ont pour mission d'extraire les contaminants, ils seront plantés aux deux ou trois ans, le temps de capter le maximum de polluants possible, avant d'être coupés et probablement incinérés. «On n'enverrait pas ces plantes-là dans le compost, par exemple», lance Mme Bruneau.

Économies substantielles

Cette technique permettrait, à terme, d'économiser des millions de dollars et de donner une nouvelle vie à des terrains laissés pour compte. Dans un sommaire décisionnel daté du 4 décembre, la Ville estime que la décontamination de ce terrain selon la méthode traditionnelle coûterait 4 millions $. La phytoremédiation coûterait quant à elle 200 000 $ au départ et 100 000 $ chaque année pendant 10 ans, pour un grand total de 1,2 million $.

Ce terrain de 12 000 mètres carrés a été cédé gratuitement à la Ville cet automne par la compagnie AIM Québec, qui recycle des métaux. Il a été choisi aux fins de ce projet pilote parce qu'il fait aussi partie d'un projet plus vaste, celui de reverdir ce secteur industriel, identifié comme un îlot de chaleur et mal-aimé des citoyens.

«Les gens qui vivent près de l'incinérateur n'aiment pas nécessairement le voir, alors on veut remettre un peu de nature dans cette zone, pour améliorer leur qualité de vie», soutient Mme Bruneau. Il y aura donc des plantes et des arbres sur place au cours des 10 prochaines années, mais le terrain restera une aire de recherche, non accessible aux citoyens. «Tant que c'est pollué, les gens ne doivent pas s'attendre à un parc public avec des bancs et des sentiers», soutient MmeBruneau.

La phytoremédiation est une technique émergente au Québec qui intéresse de plus en plus les municipalités et les gouvernements. La technique de décontamination conventionnelle a l'avantage d'être rapide, mais elle reporte seulement le problème, la terre n'étant pas dépolluée; seulement enfouie ailleurs.

En novembre, la Ville de Mont­réal a conclu une entente de 780 000 $ avec l'Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) de l'Université de Montréal pour décontaminer à l'aide de plantes quatre terrains de l'est de la ville, pendant quatre ans.

Agriculture Canada s'est quant à elle entendue pour trois ans avec la Ville de Lévis en mai pour revaloriser un terrain situé près de l'ancien incinérateur municipal. Des plants de panic érigé et d'alpiste roseau ont levé de terre et serviront de biomasse pour le chauffage ou le transport lorsqu'ils seront à maturité.

En un mot

Phytoremédiation: La phytoremédiation est une technique de dépollution basée sur les plantes et leurs interactions avec le sol et les microorganismes. Cette technique concerne plus particulièrement l'épuration des eaux et la dépollution des sols. 

Source: www.futura-sciences.com

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