Accord historique pour sauver la planète

Le président français François Hollande étreint Christiana Figueres, secrétaire exécutive... (AP, François Mori)

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Le président français François Hollande étreint Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, sous l'oeil du secrétaire des Nations Unies, Ban Ki-moon, après l'adoption de l'accord sur le climat.

AP, François Mori

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La Presse Canadienne
Paris

PARIS - Paris, ville des révolutions, vient de vivre «la plus belle et sa plus pacifique des révolutions», a déclaré le président François Hollande samedi: après près de deux semaines de tractations intenses, les 195 États ont accepté sans objection un accord «historique» sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), au terme de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, la COP21.

C'est la première fois que tous les pays s'entendent sur cet enjeu, alors que depuis plus de 20 ans, l'ONU tente en effet de les convaincre de se concerter pour réduire leurs émissions, qui contribuent au réchauffement de la planète, selon le consensus scientifique.

Le triomphe de «l'esprit canadien»

Le Canada a rapidement salué l'adoption de l'accord. Il y a un peu de «l'esprit canadien» dans l'accord international historique, si on en croit la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna. L'esprit de collaboration et l'amitié que le Canada partage avec plusieurs pays ont permis de rapprocher les parties, estime la ministre, qui a joué un rôle-clé comme facilitatrice mandatée.

Mais c'est aussi une victoire pour la diplomatie canadienne du jeune gouvernement Trudeau, qui y a fait un de ses premiers tours de piste, qui a joué sa partie et qui voulait marquer une rupture avec le précédent gouvernement Harper hostile à ce genre d'exercice. La ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, avait même été choisie comme facilitatrice par Laurent Fabius pour rapprocher les parties.

La ministre canadienne de l'Environnement, Catherine McKenna.... (Photo PC, Adrian Wyld) - image 2.0

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La ministre canadienne de l'Environnement, Catherine McKenna.

Photo PC, Adrian Wyld

«Avais-je des doutes? Peut-être entre 4h et 6h du matin, c'était un peu difficile parfois, a admis la ministre McKenna. Mais je suis une optimiste réaliste. Je savais qu'il y avait des solutions, mais on a travaillé vraiment fort.»

La ministre a affirmé avoir vécu un moment «formidable» qu'on vit une fois dans une génération, selon elle.

À première vue, Mme McKenna ne voit pas de problème pour le Canada dans le texte de cet accord, mais reconnaît qu'il y aura un «travail difficile» pour le mettre en oeuvre.

Le Canada s'est engagé à contribuer à hauteur de 2,65 milliards $ au cours des cinq prochaines années pour la lutte aux changements climatiques, argent qui servira notamment à la réduction des émissions de carbone par le financement de sources d'énergie durables.

Par l'entremise de son compte Twitter, le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s'est dit «particulièrement enchanté que des cibles ambitieuses soient comprises dans cette entente».

«Oui, le 12 décembre reste une grande date pour la planète, a déclaré M. Hollande à la plénière finale samedi soir après l'adoption du texte. À Paris, il y a bien des révolutions depuis des siècles, mais aujourd'hui, c'est la plus belle et la plus pacifique des révolutions, la révolution pour le changement climatique. Vive les Nations Unies! Vive la planète! Et vive la France!»

Accepté sans objections

L'accord conclu représente un tour de force pour le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui présidait la conférence.

À la surprise générale, au début d'une plénière attendue depuis le début de la journée et qui tardait encore pourtant à se mettre en branle, M. Fabius, a invité la COP21 à adopter le document, tout à fait banalement et sans aucune objection. Il a ainsi signé sa victoire, devant l'assemblée qui l'a ensuite acclamé. «Je regarde la salle, je vois que la réaction est positive, je n'entends pas d'objection. L'accord de Paris pour le climat est accepté», a-t-il déclaré avant d'être enterré sous les applaudissements.

Des clameurs et des applaudissements ont résonné partout dans les vastes hangars du Bourget, l'aéroport qui accueille la conférence. Même dans l'immense salle de presse, des journalistes ont poussé des cris et applaudi à l'annonce de l'adoption.

C'est une grande victoire pour la diplomatie française qui voulait à tout prix éviter l'échec de la conférence précédente à Copenhague en démontrant que les négociations multilatérales peuvent fonctionner. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rendu hommage à M. Fabius devant toute l'assemblée des délégués samedi soir. «C'est un succès monumental pour les peuples et la planète», a-t-il lancé.

Obama se réjouit d'un accord «ambitieux»

La Maison-Blanche s'est réjouie, samedi, de la conclusion du «plus ambitieux accord de l'histoire sur les changements climatiques», quelques heures après que les États-Unis et près de 200 autres pays eurent donné leur appui à l'entente dans le cadre de la conférence des Nations Unies sur le climat à Paris. Prenant la parole à Washington, le président américain Barack Obama a affirmé que cet accord sur le climat offrait la «meilleure occasion» à ce jour pour «sauver notre unique planète». Les États-Unis représentent le deuxième plus grand pollueur au monde et M. Obama s'est engagé à diminuer les GES au pays de 26à 28 % d'ici 2030.  AP

La cible à atteindre: 1,5 °C

PARIS - L'entente signée à Paris a conservé l'objectif de contenir bien en deçà de 2 degrés Celsius l'augmentation de la température moyenne, mais aussi de s'efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C, ce qui «réduit significativement les risques des effets liés aux changements climatiques», a indiqué le président de la conférence Laurent Fabius. Il faut «tout faire même pour être à 1,5 degré, parce que c'est notre responsabilité, parce que c'est l'enjeu décisif, parce qu'un réchauffement qui irait au-delà pourrait gravement atteindre les équilibres de la planète», a soutenu peu après le président François Hollande, qui a mis tout son poids dans la balance pour convaincre les délégués, lui qui joue son prestige et celui de son pays pour éviter un échec. La Presse Canadienne

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