Un accord sur le climat en bonne voie d'être adopté à Paris

Samedi matin, Ban Ki-moon (entouré ici du président... (AFP, Philippe Wojazer)

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Samedi matin, Ban Ki-moon (entouré ici du président français François Hollande et du président de la conférence, Laurent Fabius) a appelé les pays à «finir le travail», pour lutter contre le réchauffement qui aggrave notamment les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations et la fonte des glaciers.

AFP, Philippe Wojazer

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Céline Serrat, Catherine Hours
Agence France-Presse
Le Bourget

Le projet d'accord mondial sur le climat «juste» et «durable», présenté samedi à Paris par le président de la conférence Laurent Fabius, semble en voie d'être adopté par les 195 pays, après le soutien affiché par les deux poids lourds que sont la Chine et l'Inde.

«Nous sommes satisfaits de cet accord. Nous pensons qu'il est équilibré», a déclaré à l'AFP Gurdial Singh Nijar, le porte-parole du groupe d'une vingtaine de pays en développement dit «LMCD» (Chine, Inde, Arabie saoudite, Malaisie, Venezuela, Iran, etc.).

«Nous sommes presque au bout du chemin et sans doute au début d'un autre», avait déclaré quelques heures plus tôt Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères qui préside cette 21e conférence sur le climat de l'ONU (COP21). Il avait appelé les pays à adopter «un accord historique» au cours d'un discours empreint d'émotion et ponctué par des applaudissements.

Le projet d'accord est «juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant» et «s'il est adopté, ce texte sera un tournant historique», a-t-il poursuivi à la tribune, au côté du président français François Hollande et du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Samedi matin, Ban Ki-moon a appelé les pays à «finir le travail», pour lutter contre le réchauffement qui aggrave notamment les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations et la fonte des glaciers.

François Hollande, qui avait décidé en 2013 de proposer la France comme pays hôte de la COP21, a exhorté la communauté internationale à faire «un pas décisif».

«De petites choses peuvent arriver, mais nous pensons que c'est sur les rails», avait lâché John Kerry, le secrétaire d'État américain, présent dans la salle.

Un «tournant» pour Greenpeace

Reflétant un sentiment partagé au sein des organisations non gouvernementales (ONG), Greenpeace a estimé que le projet marque un «tournant» et relègue les énergies fossiles «du mauvais côté de l'histoire».

Il a pour objectif de contenir le réchauffement «bien en deçà de 2 °C» et appelle à «poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5 °C», par rapport à l'ère préindustrielle. Un but plus ambitieux que les 2 °C visés jusqu'à présent, et qui était réclamé ardemment par les pays les plus vulnérables.

L'aide aux pays en développement pour faire face au réchauffement, qui doit atteindre 100 milliards $ annuels en 2020, devra être «un plancher», appelé à être revu à la hausse, selon le projet. Il s'agit là d'une exigence de longue date des pays du Sud.

L'objectif de parvenir en 2015 à un accord universel et contraignant a été fixé en 2011 à Durban (Afrique du Sud). Les discussions engagées ces dernières années ont culminé pendant deux semaines au Bourget, au nord de Paris.

Lors du coup d'envoi de la COP21, 150 chefs d'État et de gouvernement étaient venus exprimer l'urgence d'agir face à un phénomène qui touche en premier lieu les pays les plus pauvres, disposant de moins de moyens pour y faire face.

L'emballement du mercure menace la production agricole, les ressources marines, les réserves en eau de nombreuses régions. Quant à la montée des océans, elle met en danger des États insulaires, comme les îles Kiribati, et des communautés côtières, au Bangladesh par exemple.

Ce pacte, qui entrera en vigueur en 2020, doit permettre de réorienter l'économie mondiale vers un modèle à bas carbone. Une telle révolution implique un abandon progressif des ressources fossiles (charbon, pétrole, gaz), qui dominent largement la production énergétique mondiale, un essor des énergies renouvelables, des économies d'énergies ou encore une protection accrue des forêts.

Les objectifs des pays, établis en vue de la COP, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mettent à ce stade la planète sur une trajectoire de 3 °C.

L'accord met sur pied un mécanisme imposant de les réviser à la hausse tous les cinq ans, mais à partir de 2025, une date jugée trop tardive par les ONG et les scientifiques.

«À 2 °C, le climat sera déjà très différent d'aujourd'hui», rappelle le climatologue Jean Jouzel, «mais 2 °C ou moins, c'est l'objectif qu'il faut tenir si, à la fin du siècle, on veut avoir un monde dans lequel on peut s'adapter.»

Le texte prend en compte le principe de la «différenciation», voulant que les pays développés s'impliquent davantage, au nom de leur responsabilité historique dans les émissions de gaz à effet de serre.

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