Ébauche d'accord sur le climat

Quelques militantes ont manifesté avec enthousiasme devant le... (AP, Michel Euler)

Agrandir

Quelques militantes ont manifesté avec enthousiasme devant le site où se tient actuellement la conférence sur le climat, en banlieue de Paris.

AP, Michel Euler

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Karl Ritter, Sylvie Corbet
Associated Press
Le Bourget

Une étape clé a été franchie samedi à la conférence sur le climat de Paris avec l'adoption par les représentants de 195 pays d'un texte destiné à conclure un éventuel accord sur le climat.

L'ébauche a été remise aux ministres des pays participants qui ont encore une semaine pour s'entendre sur la mouture finale. Ce sont les ministres de l'Environnement et des Affaires étrangères de chaque pays qui seront responsables de trouver des solutions aux nombreux désaccords qui subsistent en vue de la conclusion de l'une des ententes internationales les plus importantes quant à la lutte contre les changements climatiques.

Le document de 48 pages est encore truffé de parenthèses et de listes d'options à choisir, mettant en relief tous les enjeux qui ne font pas encore consensus.

«Je lance donc devant vous un appel pour que nous soyons capables de dépasser les intérêts - les intérêts des régions, des pays... Pour que nous puissions être [...] à la hauteur de la planète», a lancé le président François Hollande dans un discours livré samedi au Bourget, où les négociateurs sont réunis.

«Cette journée nous donne l'impulsion nécessaire. Nous sommes tout près d'un accord, mais nous aurons, grâce à vous, un accord», a-t-il poursuivi.

La plupart des clauses litigieuses portent sur les obligations des pays riches, des plus pauvres, et de ceux qui ne figurent pas dans l'une de ces catégories. Les propositions abordent, d'une part, l'aide qui sera fournie aux pays pauvres pour assurer leur transition aux énergies vertes et, d'autre part, les sanctions qui pourraient être imposées aux États qui n'atteignent pas leur cible.

Tribunal de justice climatique

L'une des suggestions les plus radicales est celle d'instaurer un «tribunal international de justice climatique» pour juger les pays qui ne respectent pas leurs engagements. On sait déjà que les pays riches rejetteront massivement cette proposition.

François Hollande a lancé un appel à tous... (AFP, Philippe Wojazer) - image 2.0

Agrandir

François Hollande a lancé un appel à tous samedi, afin de transcender les intérêts des pays pour «être à la hauteur de la planète». 

AFP, Philippe Wojazer

Bien que 184 pays aient déjà soumis leur plan national pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), ils ne s'entendent pas sur les moyens pour atteindre ces cibles. Certains pays prônent l'adoption d'un accord légalement contraignant, alors que d'autres, comme les États-Unis, souhaitent une approche moins coercitive.

Le négociateur en chef de la Chine, Su Wei, a exprimé son souhait samedi que «toutes les dispositions, du préambule aux clauses finales» soient contraignantes.

Les États-Unis ne sont pas fermés à l'idée d'adopter certaines dispositions contraignantes, mais ils martèlent que l'atteinte des cibles de diminution des GES ne devrait pas l'être.

Moment charnière

La conférence de Paris est perçue comme un moment charnière dans la lutte contre les changements climatiques sur le plan international. Depuis que les négociations des Nations Unies sur le sujet ont été lancées, en 1992, les émissions de GES n'ont pas diminué.

Les accords internationaux précédents imposaient des limites d'émission aux pays riches, mais l'accord de Paris s'appliquerait à tous les pays, dont ceux qui commencent à peine à se développer.

C'est pourquoi les pays en développement, dont l'Inde et la Chine, demandent aux pays riches d'assumer leurs responsabilités historiques en fournissant des ressources financières aux plus pauvres afin qu'ils s'adaptent à la lutte contre les changements climatiques.

La quasi-totalité des pays présents à la COP21 ont présenté les mesures qu'ils entendent prendre contre le changement climatique. Or, même à un rythme moins soutenu, les émissions de gaz à effet de serre vont continuer de progresser, plaçant le monde sur une trajectoire d'un réchauffement de 3 °C par rapport à l'ère préindustrielle, quand l'objectif est de le limiter à 2 °C.

Au-delà, les scientifiques promettent des impacts irréversibles: sécheresses, inondations accrues, baisse des rendements agricoles, érosion des côtes...

Un des objectifs de l'accord de Paris est donc de bâtir un mécanisme de révision de ces engagements - très probablement tous les cinq ans - pour bloquer la hausse du mercure au niveau souhaité.

«La science nous dit que nous avons seulement une petite fenêtre d'action», a averti samedi la responsable climat de l'ONU, Christiana Figueres.

D'après le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), l'humanité ne peut plus émettre que 1000 gigatonnes de CO2 pour rester à 2 °C: c'est son «budget carbone». Avec les engagements actuels des pays, 72 à 75 % de ce «budget» auront été consommés en 2030.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer