Réchauffement planétaire: alors, trop tard ou non?

Des gens portent un ballon géant représentant la... (AFP, Tiziana Fabi)

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Des gens portent un ballon géant représentant la Terre, lors d'une manifestation pour des mesures contre le réchauffement planétaire, dimanche, à Rome.

AFP, Tiziana Fabi

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(Québec) «Ce futur [où le réchauffement planétaire provoquera toutes sortes de disruptions environnementales et économiques] en est un que nous pouvons toujours éviter, mais seulement si nous nous montrons à la hauteur du défi dès maintenant», a déclaré lundi Barack Obama lors de son allocution à la conférence de Paris sur les changements climatiques.

Cependant, la chancelière allemande Angela Merkel s'est plutôt dite d'avis que «la mauvaise nouvelle, c'est que nous risquons de ne pas parvenir [à limiter le réchauffement à 2 °C, seuil en deçà duquel les conséquences ne devraient pas être trop dramatiques]», selon ce que rapportait lundi le journaliste du Monde Stéphane Foucart.

Alors, est-il trop tard pour éviter le pire, ou le président Obama a-t-il raison d'afficher un certain optimisme?

Les faits

Personne, précisons-le, ne prétend qu'il reste encore amplement de temps pour limiter les changements climatiques. La question est plutôt celle de savoir s'il y a «seulement» urgence d'agir pour s'en tenir à 2°C, ou s'il faut commencer à réfléchir à d'autres cibles - avec les conséquences plus sévères qui viennent avec.

À ce compte, estime le climatologue Alain Bourque, du consortium scientifique Ouranos sur les changements climatiques, les deux chefs d'État «ont en partie raison. Le troisième rapport du GIEC [Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat, dont le troisième rapport date de 2004] a clairement établi qu'on a déjà dépensé environ 60 % du budget carbone de l'humanité pour rester sous les 2°C. Donc il faut gérer la décroissance avec les environ 35 % restants».

On ne peut donc pas dire que ce soit complètement impossible, estime M. Bourque. Et il y a même des indices très concrets qui autorisent l'optimisme : en 2014, l'économie mondiale a cru de 3 % alors que ses émissions de gaz à effet de serre sont restées essentiellement stables (+ 0,5 %). Cela suggère que ces émissions, qui historiquement ont toujours suivi de très près la vigueur de l'économie, sont en train de s'en découpler. Il serait donc possible de les réduire sans passer par la décroissance économique.

Cependant, précise M. Bourque, le virage qui doit être pris demeure «très abrupt. [...] Cela implique que nos émissions doivent atteindre leur pic dans les prochaines années, littéralement». Et pour l'heure, le monde n'est pas en voie de réussir.

Le bilan

Il est encore «mathématiquement possible» de limiter le réchauffement à 2°C, pour reprendre l'expression de M. Bourque. Mais c'est un tel contrat qu'il n'est certainement pas injustifié de penser que cela ne se fera pas.

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