Shoiry pourfend le plan de réduction des GES du maire

Modélisation de la future usine de biométhanisation de... (Fournie par la Ville de Québec)

Agrandir

Modélisation de la future usine de biométhanisation de Québec

Fournie par la Ville de Québec

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le plan de réduction des gaz à effet de serre de la Ville de Québec d'ici 2020 est «incomplet», «inadéquat» et «irresponsable», juge l'opposition.

Plus encore, les prémisses mêmes du plan que l'administration Labeaume a approuvé en septembre sont viciées aux yeux du chef Paul Shoiry, car elles se basent en bonne partie sur la biométhanisation. Le hic, dit-il, c'est que ce grand projet ne sera pas en fonction avant 2022.

«En partant, le plan est faussé. Sa prémisse est qu'il y aura un centre de biométhanisation. C'est de tromper les gens de dire ça», a lancé M. Shoiry en point de presse lundi.

Au moment où les yeux de la planète sont tournés vers la conférence de Paris sur les changements climatiques, le chef de l'opposition à l'hôtel de ville est sévère envers le plan vert du maire.

Dans son Plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) 2011-2020, l'agglomération de Québec vise à réduire de 10 % les gaz à effet de serre d'ici 2020.

Le plan, voté par le comité exécutif de la Ville sans tambour ni trompette en septembre, se base beaucoup sur la mise en activité d'une usine de biométhanisation. À elle seule, elle permettrait 25 % de l'objectif de réduction. Cette infrastructure de 100 millions $ qui transformera en engrais et en gaz naturel les restes de tables et les boues municipales est inscrite pour 2018 dans le document de la Ville. Or, sa mise en fonction est repoussée à 2022, depuis un délai supplémentaire octroyé par le gouvernement Couillard dans le pacte fiscal signé en septembre.

De plus en plus de voitures

Lundi, Paul Shoiry ne s'est pas arrêté là dans sa critique des objectifs écolos de l'administration Labeaume. Contrairement au précédent plan touchant la période 2004-2010, a-t-il déploré, celui de 2011-2020 ne comprend pas de volet «collectivités», par exemple des incitatifs quant au covoiturage où à la protection des boisés. Pourtant, dit l'élu de Démocratie Québec, «le nombre de véhicules à Québec augmente deux fois plus vite que la population». Le transport routier constitue 45 % des émissions de GES dans la capitale.

«Est-ce que l'abandon de ce volet vise à cacher l'échec du plan de mobilité durable?» a-t-il demandé.

«L'administration Labeaume a décidé de laisser tomber le volet collectivités pour se concentrer uniquement sur les équipements municipaux comme l'incinérateur. C'est un autre exemple qui rend le plan inadéquat», a poursuivi M. Shoiry. À Montréal, par exemple, un plan comparable touche ce volet qui touche la population, a-t-il noté. 

Mais le Service rapide par bus (SRB) ne promet-il pas un meilleur transport collectif? Il sera trop tard, réplique l'élu de l'opposition puisque cette infrastructure de 1 milliard $ et 38 km de voies réservées n'est prévue que pour 2025. 

S'inspirer des conclusions de Paris

Sans la biométhanisation et le SRB, les objectifs de réduction seront donc impossibles à atteindre d'ici 2020, a martelé Paul Shoiry.

Quelle solution proposer? Tout recommencer, a-t-il suggéré. «On demande au maire Labeaume de refaire le plan. Et ça tombe bien, il y a une conférence planétaire à Paris. Il faudra prendre connaissance de ce qui va se décider et adopter un nouveau plan de réduction des gaz à effet de serre selon les cibles du gouvernement du Québec.»

Le plan de réduction des gaz à effet de serre de la... (Infographie Le Soleil) - image 3.0

Agrandir

Infographie Le Soleil

Priorité à l'eau, dit Labeaume

L'eau a davantage la cote que la réduction des gaz à effet de serre pour Régis Labeaume. «Nous, notre priorité à Québec, c'est l'eau. C'est gros, c'est important», a commenté le maire de Québec à l'heure où l'opposition critique le plan de réduction de gaz à effet de serre proposé par la Ville de Québec en septembre. 

Ce plan prévoit la baisse de 10 % des émissions de GES d'ici 2020. Trop peu ambitieux? Régis Labeaume juge au contraire que mieux vaut une cible plus «atteignable» que celle proposée à l'époque par le Renouveau municipal de Québec, le parti de l'ex-maire Jean-Paul L'Allier en 2004. 

La Ville de Québec souhaitait alors réduire ses émissions de 22 %. «Avant qu'on arrive, RMQ a voté des objectifs impossibles à atteindre. On peut se faire plaisir en pensant qu'on va éliminer la moitié des GES en trois ans, c'est à peu près ce qu'ils avaient fait», a lancé M. Labeaume dans une flèche au parti de l'ancien maire. «Nous, on a voté des objectifs atteignables. Ça adonne bien parce que ceux qui ont mis ces objectifs ne sont plus en politique, alors ils n'ont plus à répondre de ça», a-t-il laissé tomber. 

La réponse ne tient pas la route aux yeux du chef de l'opposition, Paul Shoiry. «Le maire est là depuis 2007. Avant lui, il y a eu Andrée Boucher en 2005, 2006 et 2007. De 2007 à 2010, c'était M. Labeaume. Qu'il ne vienne pas dire que c'est le plan du RMQ», a poursuivi l'élu de Démocratie Québec. «Qu'est-ce qu'il a fait pour essayer d'atteindre des cibles? Moi, je pense qu'il ne s'en est pas occupé.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer