Climat: le monde au chevet de la planète

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À partir de lundi et jusqu'au 11 décembre, les grands de ce monde seront réunis au chevet de la planète pour la très attendue Conférence de Paris sur le climat.

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(Québec) À compter de lundi et jusqu'au 11 décembre, tous les grands de ce monde seront réunis au chevet de la Terre, à l'occasion de la très attendue Conférence de Paris sur le climat. Un rendez-vous crucial pour l'avenir de la planète, confrontée à des bouleversements météorologiques sans précédent. À l'aube de cette rencontre, Le Soleil s'est entretenu avec trois experts en changements climatiques, Alain Bourque, directeur général du consortium Ouranos; Karel Mayrand, directeur pour le Québec de la Fondation David Suzuki; et Claude Villeneuve, directeur de la chaire en éco-conseil à l'Université du Québec à Chicoutimi.

Q Est-ce que pour vous la conférence de Paris représente celle de la dernière chance?

Alain Bourque : Non. Dans le domaine de la science, il faut s'appuyer sur des faits pour prendre des décisions éclairées, et la science offre cet éclairage. Si la Conférence de Paris aboutit à des objectifs ambitieux, le plus difficile sera de les atteindre.

Karel Mayrand : Depuis la conférence de Copenhague, on a fait beaucoup de chemin. La conférence de Paris agira comme un coup d'accélérateur, une impulsion pour aller plus loin. Depuis quatre ou cinq ans, il s'est investi beaucoup d'argent dans les énergies renouvelables. Pour la première fois, la Chine s'est engagée à plafonner ses émissions de gaz à effet de serre. La disparition des énergies fossiles est annoncée d'ici 2050, il s'agit de voir à quel rythme cela va se dérouler. Nous sommes à la veille d'un grand revirement de situation. Tout cela me rend optimiste.

Claude Villeneuve : Il n'y a jamais de dernière chance. Il faudrait à tout le moins que tous les pays soient prêts à réduire leurs cibles de gaz à effet de serre. Et surtout s'engager à les revoir aux cinq ans. Il faut promettre de faire quelque chose et le faire pour vrai, c'est primordial.

Y a-t-il des accrocs majeurs qui pourraient faire dérailler la conférence?

Alain Bourque : Je suis optimiste. La science dit qu'il existe des moyens pour maintenir la hausse de température à moins de deux degrés. Certaines petites îles du Pacifique sont aux prises avec de graves problèmes (en raison de la montée du niveau des eaux appréhendée), mais pour les pays riches, je crois qu'il y a des façons de gérer les risques liés aux changements climatiques.

Karel Mayrand : D'abord, le financement. Les pays riches, qui polluent depuis 150 ans, vont devoir accepter de verser une aide financière aux pays émergents et en développement, qui ont contribué beaucoup moins au problème. Il faudra aussi s'entendre sur l'aspect contraignant de l'accord et sur une façon de revoir les engagements tous les cinq ans.

Claude Villeneuve : On est à l'abri d'un dérapage comme lors de la Conférence de Copenhague [en 1992]. Il y a des signaux forts sur l'urgence d'agir envoyés par de grands opérateurs du monde économique, comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international. Reste le comportement des humains, qui est un peu le ventre mou de la chose, mais il y a des façons de lui faire faire des redressements assis...

Que pensez-vous de l'arrivée au pouvoir du gouvernement Trudeau, qui s'est engagé, à l'opposé des conservateurs pendant neuf ans, à jouer un rôle actif sur la scène internationale en matière de changements climatiques?

Alain Bourque : Je salue leur initiative de chercher à obtenir un état complet des lieux et leur volonté de s'appuyer sur des faits et des décisions éclairées. C'est un net changement. Les scientifiques sont plutôt satisfaits. Nous avions relativement peu de contacts sur le sujet avec l'ancien gouvernement.

Karel Mayrand : C'est rafraîchissant. Ce qui arrive au Canada, c'est ni plus ni moins qu'une révolution, même s'il s'agit d'un retour à la normale. Ça fait du bien de voir le gouvernement fédéral travailler avec les provinces et le Canada reprendre sa place sur la scène internationale. Il est aussi très significatif de voir l'Alberta décider de fermer ses centrales au charbon, ce qui est l'équivalent de voir disparaître toutes les émissions des gaz à effet de serre produites par l'extraction des sables bitumineux.

Claude Villeneuve : Ça remontait bien avant les conservateurs. Les libéraux avaient déjà ciblé une baisse de 6 % des émissions de gaz à effet de serre, mais ça ne reposait sur rien. C'est aussi Jean Chrétien qui a donné le premier gros coup en procédant à des coupures à Environnement Canada. Pour prendre une analogie, je dirais que les libéraux faisaient pipi au lit et avaient honte; les conservateurs ont continué à faire pipi, mais se sont roulés dedans...

Q Que répondez-vous aux climato-sceptiques, cette frange de la population qui remet en question l'influence véritable des activités humaines sur le réchauffement planétaire, postulant plutôt qu'il s'agit d'un cycle normal dans l'histoire de la Terre?

Alain Bourque : C'est sain d'avoir un débat, mais ce ne sont pas des climatologues. Ce serait comme d'aller voir un comptable pour régler un problème de carie. Rien de ce qu'ils avancent a fait l'objet d'une publication dans une revue scientifique sérieuse ou d'une évaluation par des pairs.

Karel Mayrand : Ils cherchent à transporter un enjeu scientifique sur le terrain de l'opinion. Ce sont les mêmes personnes qui croient que le tabagisme ne cause pas le cancer du poumon parce qu'un grand-père a vécu longtemps, même s'il a fumé trois paquets de cigarettes par jour pendant toute sa vie. Ce n'est pas une question de croyance, mais de faits.

Claude Villeneuve : Je leur dis de continuer à délirer entre eux. C'est seulement une façon d'attirer l'attention. La science du climat est beaucoup plus solide pour comprendre les mécanismes de fonctionnement du climat à travers l'histoire. En 65 millions d'années, la Terre a connu trois épisodes où la concentration en dioxyde de carbone a dépassé les 300 parties par million. Ces phénomènes, beaucoup plus lents, ne résultaient pas de l'influence humaine. Mais on sait maintenant que la variation du climat s'explique à 95 % par des causes humaines. On a accumulé beaucoup de connaissances depuis les années 90.

Conférence de Paris sur le climat

Le Canada offre 2,65 M $ aux pays en développement

Le Canada s'engage à consacrer 2,65 milliards $ d'ici cinq ans pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques. Le premier ministre Justin Trudeau en a fait l'annonce, vendredi, au sommet du Commonwealth à Malte, où le climat semble s'imposer comme le sujet central des discussions, à quelques jours de la conférence de l'ONU à Paris. La contribution canadienne suit l'engagement que le Canada avait déjà pris dans le cadre de l'Accord de Copenhague de 2009 - une initiative internationale qui vise à recueillir 100 milliards $US par année d'ici 2020 pour aider les pays en développement à participer à la lutte contre les changements climatiques. Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, ce fonds avait recueilli environ 62 milliards $US en 2014, une hausse de 10 milliards $ par rapport à 2013.Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a qualifié cette initiative d'«historique».  La Presse Canadienne

Le Québec confirme sa cible

À l'approche de la conférence de Paris, Québec confirme sa cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % par rapport aux niveaux de 1990, d'ici 2030. Le gouvernement québécois avait déjà fixé cette cible en septembre, mais avait averti qu'elle pourrait être revue après les consultations publiques. Cette étape est maintenant complétée et la cible a été maintenue, a annoncé le ministre de l'Environnement David Heurtel vendredi.  «La cible que nous annonçons aujourd'hui est cohérente avec l'urgence d'agir et avec notre volonté de développer le Québec de façon durable et responsable», a-t-il déclaré dans un communiqué. Il a de plus fait valoir qu'il s'agissait de «la cible la plus ambitieuse au Canada».  La Presse Canadienne

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