L'Université Laval premier campus carboneutre au Québec

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L'université Laval a réussi à atteindre cet objectif en réduisant ses GES de 27 % entre 2006 et 2015. Des changements de comportement, des rénovations et des constructions écoénergétiques lui ont permis de réduire considérablement ses coûts de chauffage.

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(Québec) Après sept ans d'efforts, le campus de l'Université Laval est devenu le premier campus carboneutre au Québec. Pour l'année 2014-2015, son impact climatique a été officiellement nul.

Gilles Pelletier, du Service des immeubles, et Hugues... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 1.0

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Gilles Pelletier, du Service des immeubles, et Hugues Sansregret, directeur des opérations à la Forêt Montmorency, sont deux maîtres d'oeuvre de la carboneutralité de l'Université Laval. 

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

«Ça démontre que c'est possible de faire des choses que, a priori, les gens pensent inatteignables», soutient Éric Bauce, vice-recteur exécutif de l'Université Laval.

Aujourd'hui, l'Université Laval souhaite devenir un exemple. «Notre objectif, c'est de contaminer la planète avec notre carboneutralité», affirme sans détour M. Bauce.

L'Université a réussi à atteindre ce «rêve» en réduisant ses gaz à effet de serre (GES) de 27 % entre 2006 et 2015. Des changements de comportement, des rénovations et des constructions écoénergétiques lui ont permis de réduire considérablement ses coûts de chauffage, qui sont mesurés par une centaine de compteurs répartis dans tous les pavillons. 

Comme l'Université possède déjà la plus grande forêt d'enseignement et de recherche universitaire au monde, elle l'a mise à contribution pour compenser 59 % des GES qu'elle génère. Elle a planté des arbres dans plusieurs zones non boisées des 412 km2 de la Forêt Montmorency, située entre Québec et le Saguenay, et s'est associée avec le Séminaire de Québec pour reboiser également la Seigneurie de Beaupré, et utiliser ce puits de carbone à son avantage.

Finalement, l'institution a dépensé environ 50 000 $ pour acheter des crédits carbone, ce qui représente 14 % de son effort. Ces crédits serviront à financer des projets dans les écoles québécoises ou le reboisement de la forêt amazonienne, au Pérou.

Finances difficiles

Mais comment l'Université Laval a-t-elle pu dépenser pour des crédits carbone alors qu'elle dit souffrir de coupes budgétaires depuis plusieurs années? En mettant à profit une parcelle des sommes économisées en chauffage, explique M. Bauce. «On ne va pas prendre de l'argent qui est destiné à de la formation ou des frais de scolarité», assure-t-il.

Selon le recteur Denis Brière, «le développement durable, c'est pas un coût!». Il explique qu'en 2008, un fonds de démarrage de 2 millions $ a été mis de côté, mais ce fonds vert est depuis extrêmement rentable. Seulement en chauffage, l'Université économise environ 2 millions $ par année, explique-t-il.

Notons toutefois que la carboneutralité de l'Université ne prend pas en compte les émissions émises par les milliers de véhicules qui y circulent tous les jours. «Ça fait partie des émissions qu'on ne contrôle pas, mais ça ne veut pas dire qu'on ne s'en préoccupe pas», indique M. Bauce. Depuis quelques années, les automobilistes peuvent acheter une vignette de stationnement «verte», c'est-à-dire que l'Université compense les GES qu'ils produisent en faisant l'aller-retour de leur domicile.

Au Canada, seulement cinq universités sont carboneutres. Les quatre autres sont situées en Colombie-Britannique et elles ont l'obligation par une loi provinciale de l'être.

=> Exemples de gestes qui ont permis à l'UL de devenir carboneutre :

  • ajout d'une chaudière électrique au système de chauffage
  • construction d'un centre de gestion des déchets dangereux, alimenté par la géothermie
  • construction du stade Telus
  • installation du superordinateur Le Colosse, qui récupère la chaleur de serveurs informatiques

***

Autre référendum sur les résidences étudiantes

Alors que les étudiants ont dit non l'an dernier au financement de nouvelles résidences sur le campus, l'Université Laval se prépare à leur soumettre la question de nouveau.

«Il y a beaucoup d'éléments aujourd'hui qui font que ce n'est plus le même projet», assure le recteur Denis Brière, citant par exemple, des plans et devis plus précis. M. Brière soutient qu'un nouveau référendum se tiendra d'ici la fin de son mandat, en 2017, sur ce projet de 70 millions $ qu'il juge «très important».

L'an dernier, les étudiants ont refusé à 56 % de verser 10 $ par session pendant 20 ans pour payer une partie du projet, nommé «Quartier de la vie étudiante» et qui pourrait loger de 400 à 600 personnes, surtout des couples et des familles.

***

Institut nordique: financement fédéral à portée

Le gouvernement provincial injectera 30 millions $ pour construire un nouveau pavillon qui accueillera le nouvel Institut nordique de l'Université Laval, mais on attend toujours une subvention identique du fédéral. Ce ne serait toutefois qu'une formalité, selon le recteur Denis Brière.

«S'il n'y avait pas eu un déclenchement des élections hâtif, ça serait réglé!» a-t-il lancé en marge de l'annonce sur la carboneutralité.

Présent à la conférence de presse, Joël Lightbound, député libéral de Louis-Hébert, va dans le même sens. «Ça reste une de nos priorités. On a des rencontres qui seront à l'ordre du jour avec M. Brière et M. Bauce pour en discuter, mais c'est sûr que c'est en haut de notre liste», dit-il.

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