Les certifications forestières au coeur d'un débat à l'UL

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La certification de la Forest Stewardship Council vise à s'assurer que l'exploitation forestière se fait de manière durable et dans le respect des travailleurs et des populations locales; elle est considérée comme la principale du genre dans le monde.

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(Québec) Sommes-nous encore maîtres de notre forêt? La question peut paraître un brin dramatique, mais elle fera l'objet d'un débat tout ce qu'il y a de plus sérieux jeudi soir, à l'Université Laval : les certifications forestières, au centre d'une vive controverse impliquant Greenpeace et la compagnie Résolu produits forestiers récemment, grugent-elles la souveraineté du Québec en la matière?

«La question est très pertinente», estime (sans toutefois y répondre) le président de l'Ordre des ingénieurs forestiers, François Laliberté - qui ne participera pas au débat, mais dont l'organisation a donné un coup de pouce aux étudiants qui ont démarré l'événement.

«Traditionnellement, explique-t-il, les certifications comme les normes ISO ne disaient pas quoi faire. Cela sert à attester que le fournisseur a fait ce qu'il a dit qu'il allait faire. Mais avec la certification FSC (Forest Stewardship Council), on va plus loin que ça. On ne dit plus seulement «Vous devez maintenir la biodiversité et nous démontrer que vous allez le faire», mais ça établit des seuils et ça dit comment procéder.»

Par exemple, illustre-t-il, la norme FSC stipule qu'après un feu, 30 % du bois doit être laissé sur place - l'industrie ramasse ce qu'elle peut au lieu de tout perdre -, mais c'est un seuil qui, bien qu'il s'appuie sur des études scientifiques, a une part d'arbitraire.

Le Forest Stewardship Council est une organisation internationale fondée en 1993 qui regroupe à la fois des groupes environnementaux, des industriels et des représentants autochtones. Sa certification vise à s'assurer que l'exploitation forestière se fait de manière durable et dans le respect des travailleurs et des populations locales; elle est considérée comme la principale du genre dans le monde.

Il est bien possible, remarquez, que cette mainmise soit le prix à payer pour être sûr que la certification assure réellement que l'exploitation se fait de manière durable. Après tout, bien des industries se sont déjà montrées remarquablement «créatives» dans l'application de normes trop imprécises...

«Personnellement, je ne suis pas contre les certifications. Pas du tout, même, dit Clara Canac-Marquis, finissante en génie forestier à l'UL et coorganisatrice du débat. Ce sont de bons outils, mais je pense que c'est important de poser les bonnes questions et d'en discuter, pour qu'on puisse aussi voir ce qui fait moins de sens.»

Côté «mur à mur»

Malgré leurs qualités, dit-elle, ces certifications peuvent avoir un côté «mur à mur» qui ne sied pas à tous contextes. Par exemple, «il y a une motion FSC qui a été votée cet été sur la protection des paysages forestiers intacts. Ça va avoir des impacts dans des pays comme le Canada, mais dans les pays qui ont voté là-dessus, il y en a qui n'ont pratiquement plus de paysages intacts.»

Le débat débutera vers 18h à la cafétéria du pavillon Abitibi-Price. Les panélistes seront Luc Bouthillier, professeur de foresterie à l'UL, Ronald Brizard, sous-ministre associé aux forêts, François Dufresne, président de FSC-Canada, Sophie Gallais, de Nature Québec, et André Tremblay, pdg du Conseil de l'industrie forestière du Québec.

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