Le maire Coderre joue les inspecteurs d'égouts à Montréal

Denis Coderre se defend des accusations de l'opposition,... (La Presse, Olivier Jean)

Agrandir

Denis Coderre se defend des accusations de l'opposition, qui soutient qu'il est davantage préoccupé par son image que par les conséquences du déversement. «Il me semble que tu es un petit peu plus crédible quand tu es sur le terrain pour voir ce qui se passe», a déclaré le maire.

La Presse, Olivier Jean

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Presse Canadienne

MONTRÉAL - L'état de détérioration avancé de l'intercepteur Sud-Est a convaincu le maire de Montréal, Denis Coderre, qu'il avait fait le bon choix en autorisant le déversement d'eaux usées non traitées dans le fleuve Saint-Laurent, a-t-il déclaré, jeudi, quelques heures après être descendu dans les entrailles de la ville afin d'inspecter les réparations.

Accompagné par des représentants de la municipalité, M. Coderre est allé vérifier par lui-même l'importance des dommages et le déroulement de la réfection dans la conduite d'égout. Une expérience qui, selon lui, l'a persuadé du bien-fondé de sa décision. «Les 30 minutes que j'ai passées en bas ont confirmé que ces travaux étaient vraiment nécessaires», a-t-il assuré devant les journalistes après être remonté à la surface.

Denis Coderre s'est défendu contre les accusations de Projet Montréal, qui soutient que le maire, en voulant descendre dans l'intercepteur, était davantage préoccupé par son image que par les conséquences réelles du déversement. «Il me semble que tu es un petit peu plus crédible quand tu es sur le terrain pour voir ce qui se passe, puis dire aux gens comment ça fonctionne, a-t-il répondu. Moi, je vais être là tout le temps, moi je vais accompagner tout le temps. Je suis là pour les Montréalais, je suis là pour les travailleurs, et puis c'est comme ça que j'ai travaillé toute ma vie, et c'est pour ça qu'il y a un niveau de confiance entre la population et moi.»

M. Coderre, qui a précisé avoir été vacciné contre le tétanos et les virus de l'hépatite A, B et C avant de s'aventurer dans la conduite, a expliqué qu'il voulait, «par ce geste, premièrement, davantage apprendre ce qui se passe sur le terrain mais en plus rendre hommage à ces travailleurs des gens qui travaillent dans une situation hasardeuse».

La Ville de Montréal a commencé mercredi après minuit le déversement de huit milliards de litres d'eaux usées directement dans le fleuve Saint-Laurent, sans passer par l'usine d'épuration, afin d'assécher puis de remettre à niveau un intercepteur d'égouts collecteurs. Ces travaux doivent durer sept jours.

Plus rapide

Jeudi, les responsables de l'opération ont affirmé que les équipes, qui sont à l'oeuvre 24 heures sur 24 dans l'immense infrastructure souterraine, progressaient plus rapidement que prévu. Environ 25 employés sont mobilisés pour cette tâche qui comprend l'inspection, la réparation, le retrait d'équipement détérioré et le nettoyage de débris accumulés.

Les villes comme Montréal pourraient bientôt recevoir des millions de dollars de la part du gouvernement fédéral afin de rénover leurs installations de traitement des eaux usées. Le premier ministre Justin Trudeau a en effet réitéré, jeudi, sa promesse électorale de créer un fonds pour les infrastructures vertes. Prenant la parole devant les reporters à Ottawa, M. Trudeau a reconnu que la métropole québécoise se trouvait dans une situation «fâcheuse».

L'eau de Québec sous surveillance

Depuis le début du déversement de 8 milliards de litres d'eaux usées à Montréal, la Ville de Québec a augmenté le nombre de tests sur la qualité de l'eau à son usine de filtration de Sainte-Foy.

«Il y a des tests automatiques aux minute», a illustré le maire de Québec, Régis Labeaume. «Et les dernières informations qu'on a est qu'il n'y a aucun impact», a-t-il indiqué en mêlée de presse jeudi. Les tests, dit-il, vont se poursuivre plusieurs jours après la fin du déversement. «On va continuer pour être sûrs.» Ce nombre multiplié de coups de sonde sur la qualité de l'eau fleuve à la hauteur de la capitale avait été annoncé le 5 octobre, au moment où Montréal devait initialement mettre à exécution son plan de grand déversement. «On ne s'attend à aucune modification à la qualité de l'eau à Québec», avait alors assuré le directeur de la Division de la qualité de l'eau à la Ville de Québec, François Proulx accompagné du directeur adjoint au développement durable de la Ville, Gilles Dufour. M. Proulx avait expliqué que les matières en suspension dans ce colossal volume d'eaux usées déversées seront «en grande partie totalement décantées» à la hauteur du lac Saint-Pierre, en Mauricie. Québec avait tout de même promis d'être vigilante. Valérie Gaudreau

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer