Biométhanisation à Québec: fini la «psychose du bac brun»

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Non seulement les citoyens de Québec n'auront pas de bac brun, mais les déchets de table seront placés dans des sacs compostables déposés dans le même contenant que les ordures.

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(Québec) Les citoyens de Québec n'auront pas besoin de bac brun pour y placer leurs restes de table lorsque l'usine de biométhanisation sera en place. «La psychose du bac brun, elle n'existera plus. Il n'y aura pas de bac supplémentaire», a lancé le maire Régis Labeaume.

Des sacs contenant les coeurs de pommes, les pelures de bananes ou les os de poulet seront jetés directement dans les ordures et triés par un voyant optique une fois rendus à l'incinérateur.

«On veut faciliter la vie à tous ces gens, et l'objectif est d'avoir un seul contenant pour les ordures et les résidus alimentaires», a dit le directeur du projet d'usine de biométhanisation, Carl Desharnais.

«On parle d'aucun nouveau bac et d'aucun camion supplémentaire», a poursuivi l'ingénieur au tout début d'un comité plénier vendredi matin à l'hôtel de ville de Québec.

Les sacs compostables remplis de restes de table seront collectés à la maison dans le même contenant que les ordures et triés par la suite, a-t-il expliqué lors de cette séance d'information aux élus.

La méthode utilisée sera le tri optique, où un lecteur cible les sacs d'une certaine couleur, par exemple. Cette technologie n'est pas encore utilisée au Québec. 

«On a visité des centres qui ont cette technologie-là, comme en Norvège. Mais, au Québec, je dirais qu'on est avant-gardistes», a dit M. Desharnais en mêlée de presse.

Régis Labeaume a aussi donné l'exemple de l'Institut national d'optique, qui a développé un procédé par lequel la lumière distingue différents types de plastique.

Le comité plénier de vendredi visait à faire le point sur cette usine de 98,5 millions $ qui, à partir de 2022, transformera en compost et en biogaz 86 600 tonnes de résidus alimentaires et 96 000 de boues municipales (égouts). On doit ajouter à ce montant les coûts de la collecte pour un projet total de 124,5 millions $. L'usine sera située dans le secteur de la Baie de Beauport, voisine de l'usine de traitement des eaux usées.

Dès les premières minutes du comité plénier, Régis Labeaume a insisté pour dire que la Ville est obligée d'opter pour la biométhanisation, car une loi du gouvernement du Québec interdira tout enfouissement ou incinération de matières organiques d'ici 2022.

«La biométhanisation n'est pas une lubie de la Ville de Québec», a-t-il dit à propos de ce projet subventionné à hauteur de

45 millions $ par le gouvernement provincial et de 15 millions $ du fédéral. La Ville de Québec payera environ 60 millions $.

Opposition absente

Tel qu'ils l'avaient annoncé mercredi, les trois élus de l'opposition, Paul Shoiry, Anne Guérette et Yvon Bussières, ont boycotté le comité plénier de vendredi matin.

Ils estiment ne pas avoir eu en main l'information nécessaire pour se préparer à poser les questions lors de cette séance d'information avec les hauts fonctionnaires de la Ville malgré leurs démarches répétées des derniers mois à l'accès à l'information et auprès de la direction générale de la Ville.

Avant le comité plénier de vendredi, M. Labeaume et le directeur général de la Ville, André Legault, ont soutenu que les documents demandés par Démocratie Québec sont en partie des avis juridiques, qui doivent demeurer confidentiels. D'autres documents demandés «auront de l'incidence sur les appels d'offres», a dit M. Labeaume selon qui ils ne doivent donc pas être publics afin de ne pas influencer les soumissions d'éventuels fournisseurs.

«Leur place est ici. Qu'ils viennent poser toutes les questions», a lancé le maire à l'endroit des députés de l'opposition.

Lettre au ministre Moreau

Vendredi matin, les élus de Démocratie Québec en ont remis en écrivant au ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau. Dans leur missive, M. Shoiry, Mme Guérette et M. Bussières déplorent une «iniquité dans le traitement accordé aux élus de la Ville de Québec». Ils estiment que «des élus du parti politique du maire semblent avoir un accès privilégié aux documents qui [leur] sont refusés».

Un «excellent projet», dit le Conseil régional de l'environnement

Le Conseil régional de l'environnement qualifie «d'excellent» le projet de centre de biométhanisation tel que présenté vendredi.

«Pour nous, le projet de biométhanisation est excellent tant sur le plan environnemental, énergétique, économique et également sur celui de la réduction des nuisances pour les citoyens», a réagi le directeur général Alexandre Turgeon, qui a assisté au comité plénier sur ce projet d'usine de 98,5 millions $ prévue d'ici 2022. 

«C'est un excellent projet. On le dit depuis les premières annonces en 2010», a poursuivi M. Turgeon, qui souhaite maintenant que Québec mette le «pied sur l'accélérateur». «L'année 2022 nous apparaît quand même assez loin. Maintenant que les services de la Ville ont des orientations claires sur comment ils veulent bâtir cet équipement, on devrait mettre en place les choses un peu plus rapidement.»

M. Turgeon voit aussi d'un bon oeil le fait que les gens n'auront pas de bacs bruns, mais qu'ils pourront mettre leurs matières organiques dans la poubelle dans des sacs distincts à la poubelle.

«Ça va simplifier les choses, notamment pour le multilogement», a-t-il dit. 

Mais, attention, la population devra quand même faire un peu de travail, rappelle-t-il. «Ça ne changera rien dans le tri à la source dans leur cuisine. On espère que les gens vont bien comprendre et qu'ils ne vont pas banaliser l'importance de bien trier à la source.»

Compostage à lévis

À Lévis, où le compostage se fait avec un bac brun, la méthode de tri optique choisie par Québec ne sera pas considérée.

«Nous, le bac, c'est la meilleure solution. On ramasse 14 000 tonnes par année. Vous ne pouvez pas comparer Québec et Lévis», a dit le maire de Lévis, Gilles Lehouillier. «C'est pas du tout les mêmes quantités. Nous, on utilise le bac brun, mais ce n'est pas nécessairement ce que tu peux appliquer dans des grands ensembles comme Québec, où on veut faire de la biométhanisation.»  Avec Patricia Cloutier

L'usine en chiffres

‹ 98,5 millions $ pour le centre

‹ 26 millions $ pour l'implantation de la collecte

‹ 60,2 millions $ de subventions provinciale et fédérale

‹ traitera 86 600 tonnes de résidus alimentaires et 96 000 tonnes de boues municipales par an

‹ Diminuera de 18 % le temps de fonctionnement de l'incinérateur

Échéancier

2016-2019 : ingénierie et demande du certificat d'autorisation

2019-2021 : construction

2021-2012 : mise en service

Source : Ville de Québec

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