Des inondations subites en Côte d'Azur font au moins 16 morts

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Le déluge de pluie a été «très violent et concentré», a souligné le préfet des Alpes-Maritimes Adolphe Colrat, alors que le soleil brillait à nouveau dimanche sur la Côte d'Azur.

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Catherine Marciano, Beatrix Baconnier Martin, Jean Liou
Agence France-Presse
Nice

Dix-sept personnes sont mortes dans le sud-est de la France, et quatre sont portées disparues après des inondations dévastatrices provoquées samedi soir par des orages d'une rare intensité sur la Côte d'Azur où la saison touristique bat encore son plein.

Le déluge de pluie a été «très violent et concentré», a souligné le préfet des Alpes Maritime Adolphe Colrat, alors que le soleil brillait à nouveau dimanche sur la Côte d'Azur. En certains endroits il est tombé 180 mm de pluie en trois heures.

Les pluies ont notamment entraîné la crue du petit fleuve côtier de la Brague, submergeant des rues de Cannes, Antibes, Mandelieu-la-Napoule, Villeneuve-Loubet et Nice. La plupart des victimes ont été noyées dans leurs voitures, piégés dans des stationnements en sous-sol.

Le président François Hollande, qui a exprimé «la solidarité de la Nation», s'est rendu sur place avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et a rencontré des habitants encore traumatisés.

«Il y a toujours eu des catastrophes, mais leur rythme, leur intensité se sont renforcés», a jugé François Hollande, appelant à «prendre des décisions» pour le climat, à quelques semaines de la conférence mondiale sur le climat Cop21 accueillie par la France.

La situation la plus dramatique est celle de Mandelieu-la-Napoule, une commune limitrophe de Cannes, où l'on compte sept morts et un disparu. Des lames d'eau ont surpris des habitants descendus dans les stationnements souterrains de leurs résidences pour mettre à l'abri leurs véhicules. «L'eau est tellement opaque que les pompiers ne voient pas les corps. (...) C'est apocalyptique», a décrit le maire Henri Leroy.

A la résidence de l'Argentière, aucun mort mais il s'en est fallu de peu: «Je tenais ma femme par les cheveux, je pensais que l'on était foutu», raconte Henri, un rescapé qui n'a dû son salut qu'à l'intervention d'un voisin. Celui-ci a réussi à sauver plusieurs personnes coincées dans le stationnement à l'aide d'une sangle accrochée à une planche.

A Cannes, où les intempéries ont fait trois morts et deux disparus, le maire David Lisnard a critiqué des personnes «pas toujours disciplinées»: «On a eu des personnes qui semblaient très attachées à leurs véhicules là où il fallait préserver des vies», a-t-il déclaré.

Des victimes sont aussi à déplorer à Biot où trois résidents d'une maison de retraite sont morts. Les deux salariées présentes pour la nuit, coupées du monde, n'ont pas eu le temps de mettre à l'abri tous les pensionnaires.

A Vallauris-Golfe Juan une famille de trois personnes a péri dans une voiture coincée dans un tunnel, et à Antibes on compte un mort, un disparu.

Au matin, quelques naufragés faisaient le tour des hôtels de Cannes à la recherche d'hypothétiques chambres, mais tous étaient complets, le salon international des programmes de télévision débutant lundi.

Si la célèbre croisette a été relativement épargnée, les rues de certains quartiers restaient dimanche jonchés de carcasses de voitures. Guy Morales, qui se trouvait dans son véhicule avec sa femme, raconte comment il a réussi à s'extraire du véhicule emporté par les flots avec sa femme et son chien. «On avait de l'eau jusqu'à l'épaule dans la rue». Ils ont attendu sur un mur de béton que l'eau redescende, pendant plus de trois heures.

A Nice, des arbres se sont couchés sur la promenade des Anglais.

Des milliers de «naufragés du rail» ont passé la nuit dans leurs trains immobilisés en gare, dont quatre convois transportant des pèlerins italiens de retour de Lourdes qui ont pu repartir dimanche à la mi-journée. Le reste du trafic ferroviaire restait interrompu en raison des dégâts sur les voies.

François Hollande a annoncé l'état de catastrophe naturelle pour la zone sinistrée.

Le bilan humain reste pour l'instant inférieur à celui des pluies torrentielles de juin 2010 dans la région, qui avaient fait 25 morts, 31560 sinistrés et près d'un milliard d'euros de dégâts.

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