Non à l'usine de biométhanisation de 100 millions $, prône Shoiry

Maquette de l'usine de biométhanisation de Québec... (Photothèque Le Soleil)

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Maquette de l'usine de biométhanisation de Québec

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(Québec) L'opposition à l'hôtel de ville somme l'administration Labeaume d'abandonner le projet d'usine de biométhanisation de 100 millions$ et de se tourner vers le compostage comme le fait déjà Lévis. Impossible, réplique Régis Labeaume selon qui l'obligation de transformer les boues municipales voudrait dire composter 96 000 tonnes de «merde».

Anne Guérette et Paul Shoiry de Démocratie Québec... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 1.0

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Anne Guérette et Paul Shoiry de Démocratie Québec

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Le projet de doter Québec d'une usine de biométhanisation est dans l'air depuis 2010.

Une telle usine est composée ds grands silos sans oxygène dans lesquels profilèrent des bactéries qui transforment les boues municipales (égouts) et les restes de table en biogaz et en engrais. Elle devait être en activité depuis 2014 dans le secteur de la Baie de Beauport, voisine de l'usine de traitement des eaux.

Or, le temps passe et pour chef de l'opposition, Paul Shoiry, le constat est clair: une usine évaluée à 100 millions $, dont plus de 40 millions$ à la charge de la Ville est trop cher.

«D'autres avenues que celle de la biométhanisation sont possibles», estime M. Shoiry qui a convoqué la presse jeudi pour demander publiquement au maire de Québec de revoir sa stratégie. Selon l'opposition, la Ville de Québec devrait s'inspirer de Lévis, Gatineau, Ottawa ou encore Sherbrooke qui compostent les matières organiques collectées dans les bacs bruns de leurs citoyens.

«Ottawa composte et elle réalise des économies de 10 millions$. La Ville a récolté 83 000 tonnes de matières organiques en 2013», a-t-il donné en exemple.

Paul Shoiry accuse l'administration Labeaume d'opter pour la biométhanisation uniquement car une subvention provinciale de 44 millions$ y est rattachée.

Le ministère de l'Environnement demande en effet aux municipalités de se doter d'une telle infrastructure d'ici la fin de 2019. Une politique interdira l'incinération et l'enfouissement de toute matière organique dès 2020. Une échéance que la Ville de Québec a bon espoir de voir reportée (voir autre texte).

Une «ânerie», réplique Labeaume

La sortie de l'opposition n'a pas du tout plu à Régis Labeaume. «Il ne faut vraiment pas connaître ça pour dire une telle ânerie!» a répliqué le maire de Québec en après-midi.

La Ville, a-t-il assuré, a envisagé toutes les options ces derniers mois. Dont le compostage, impossible en raison du volume de matières organiques à traiter. Au premier chef, les boues municipales qui ne conviennent pas à la méthode de compostage utilisée à Lévis et dans les autres villes citées par M. Shoiry. «C'est d'une incompétence crasse de dire qu'on peut épandre 182 000 tonnes de matières putrescibles dont 96 000 qui sont de la merdre», a-t-il martelé à propos de la matière généralement définie par l'expression plus élégante de «boues municipales».

«Ces quantités n'ont d'aucune comme mesure avec Lévis», a poursuivi M. Labeaume. À Lévis, les boues municipales représentent 5800 tonnes contre 96 000 à Québec.

Même s'il soutient que troquer la biométhanisation pour le compostage serait plus abordable, M. Shoiry ne s'est pas avancé jeudi sur le prix d'un centre de compostage. M. Labeaume a toutefois avancé qu'il en coûterait à terme «jusqu'à 15 % plus cher» de composter.

«Pour le compostage, la subvention est deux fois moins grosse que pour la biométhanisation, a dit le maire de Québec. On ne commencera pas à composter alors que ça coute moins cher de biométhaniser.»

Un an de plus pour se doter d'une usine, soutient Labeaume

Le gouvernement du Québec est ouvert à allonger d'au moins un an l'obligation de se doter d'une usine de biométhanisation pour 2020, soutient Régis Labeaume. Une telle entente pourrait être incluse dans le nouveau pacte fiscal dès cette année.

«J'ai une bonne nouvelle du gouvernement, il aurait l'intention de peut-être donner une année additionnelle. Alors, nous, si on gagne un an, bravo!» a commenté le maire de Québec jeudi.

M. Labeaume a fait cette affirmation en réponse à la sortie de Démocratie Québec qui demande l'abandon de ce projet d'usine de biométhanisation de 100 millions $.

Une loi oblige les municipalités à se doter d'une telle usine pour 2020, année où sera interdit l'incinération et enfouissement de toute matière organique comme les boues municipales ou les restes de table.

«On tente de gagner un an au point de vue budgétaire. On voudrait étirer un peu plus les investissements», a dit M. Labeaume. Le maire de Québec a formulé publiquement une telle demande à quelques reprises depuis juin.

«L'autorisation sera dans la négociation du pacte fiscal», a révélé le maire de Québec jeudi. Et ce, même s'il a dit qu'il ne voulait «pas négocier sur la place publique pour le pacte fiscal». Une rencontre de négociation se tient d'ailleurs vendredi entre le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, l'Union des municipalités du Québec et les maires de Québec et de Montréal.

Jeudi, Régis Labeaume a dit «porter le dossier» d'une demande de report aussi au nom d'autres municipalités. Il assure que des maires de plusieurs villes trouvent l'échéance de 2020 un peu trop proche.

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