Biométhanisation à Québec: le vérificateur général s'inquiète du retard

Maquette de l'usine de biométhanisation de Québec... (Photothèque Le Soleil)

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Maquette de l'usine de biométhanisation de Québec

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(Québec) Le Vérificateur général de la Ville de Québec s'inquiète du retard pour la réalisation du projet d'usine de biométhanisation qui transformera en compost et en biogaz les boues municipales et les déchets de table de la population. Dans le deuxième tome de son rapport 2014 et le dernier de son mandat de sept ans, François Gagnon va jusqu'à estimer que la ville pourrait perdre sa subvention provinciale de 44 millions$ pour l'usine de biométhanisation.

À Québec une telle usine évaluée à 100 millions $, dont 40 millions $ à la charge de la Ville et 16 millions $ du fédéral, devait initialement entrer en fonction en 2014. Mais rien n'est encore fait.

Le temps presse puisque le gouvernement du Québec demande aux municipalités de se doter d'une usine de biométhanisation d'ici la fin de 2019. Une politique prévoit l'interdiction d'enfouir toute matière organique dès 2020.

Or, voilà, le Centre de biométhanisation de l'agglomération de Québec (CBAQ) n'a pas encore fait l'objet d'un appel d'offres, ce qui inquiète le Vérificateur dans une partie de son rapport consacrée à l'incinérateur.

«Considérant les reports dans le calendrier pour la mise en oeuvre du CBAQ et considérant que les actions figurant sur le chemin critique de la gestion du projet n'ont pas encore été réalisées, nous sommes d'avis qu'il y a un risque que le projet ne soit pas complété avant la date butoir, ce qui pourrait faire en sorte que la Ville ne touche pas la totalité de la subvention du gouvernement du Québec», peut-on lire dans le rapport.

«Le temps passe. Une usine comme ça, tu ne fais pas ça en un an ou deux», a commenté M. Gagnon en précisant toutefois que «tout le monde en est conscient» dans l'administration Labeaume. En juin, le maire avait d'ailleurs exprimé publiquement son souhait d'avoir plus de temps pour un tel projet.

En plus d'un important investissement financier, la Ville de Québec devra implanter sur son territoire la collecte des matières organiques d'ici 2018.

Chantiers routiers

Dans son rapport, le Vérificateur général recommande aussi à la Ville de Québec d'en faire plus pour minimiser l'impact des chantiers sur la circulation. Et cela passe beaucoup par une meilleure communication entre les différents services de la Ville de Québec lorsque vient le temps de déterminer quelle route emprunter pour contourner un chantier.

«Du travail intéressant se fait, mais le mécanisme de consultation est à améliorer. Des acteurs importants ne sont pas toujours présents», a dit François Gagnon en allusion aux techniciens sur le terrain qui «ne sont pas toujours consultés à temps».

Même chose pour le Bureau des transports, une instance fondée l'automne dernier et qui n'est pas encore tout à fait dans le coup au moment de la prise de décision. 

Plus étonnant, le Vérificateur général et son équipe a découvert que près de la moitié des données sur les débits de circulation datent de plus de cinq ans. Une mise à jour est recommandée.

Enfin, le Vérificateur a observé «un souci moins important» pour les piétons et les cyclistes au moment de l'établissement des clauses de circulation. «Bien que certaines exigences générales soient posées en regard de la sécurité pour l'accès aux résidences et aux commerces dans le cahier des charges, près de 50% des dossiers majeurs analysés ne comportaient aucune exigence pour faciliter la mobilité et la sécurité de ceux-ci», peut-on lire dans le rapport.

Le vérificateur général de la Ville de Québec,... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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Le vérificateur général de la Ville de Québec, François Gagnon

Le Soleil, Yan Doublet

Le successeur de François Gagnon pourrait se pencher sur ExpoCité

Il n'est pas impossible que le Vérificateur général de la Ville de Québec se penche sur la gestion d'Expo Québec et d'ExpoCité, comme le réclame l'opposition à l'hôtel de ville. Il en reviendra toutefois au successeur de l'actuel vérificateur François Gagnon qui quittera son poste à la fin de l'année.

«Ça peut faire partie des potentiels mandats», a commenté M. Gagnon en conférence de presse mardi après le dépôt de son ultime rapport. «Mais ce sera pour mon successeur, je ne peux pas décider pour lui», a ajouté celui qui achève son mandat non renouvelable de sept ans.

«On a pris bonne note de tous les commentaires reçus et des préoccupations de part et d'autre. On lit dans les journaux tout ce qui se passe. Ce sont des éléments qui nous alimentent», a poursuivi M. Gagnon.

Guerre de chiffres sur l'achalandage

Au coeur d'une guerre de chiffres sur l'achalandage d'Expo Québec dont l'avenir semble de plus en plus incertain, Démocratie Québec a réitéré lundi son souhait de voir le vérificateur se pencher sur ce qui cloche à ExpoCité ces dernières années.

Le maire Régis Labeaume et ses conseillers avaient voté contre une telle demande en novembre, estimant que les élus n'ont pas à dicter quoi faire au Vérificateur général.

Mardi, François Gagnon a toutefois confirmé que le conseil municipal peut recommander que le Vérificateur se penche sur un sujet en particulier, comme le plaide l'opposition. «Au contraire, les suggestions du conseil sont bienvenues», a-t-il dit. La loi stipule toutefois qu'une telle demande ne doit pas chambouler l'organisation, les budgets, l'horaire ou les mandats déjà en cours au bureau du Vérificateur. 

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