Les municipalités ne sont pas prêtes pour les changements climatiques

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Au cours des cinq dernières années, les villes canadiennes ont été enterrées sous les records de température, de chute de neige, d'incendies de forêt, d'orage et d'autres manifestations naturelles extrêmes. Pendant ce temps, la facture pour les réparations grimpe.

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Mélanie Patten
Le Soleil

(Halifax) Un météorologue du gouvernement canadien sonne l'alarme: les municipalités ne sont pas prêtes à affronter les impacts d'un climat de plus en plus changeant.

Au cours des cinq dernières années, les villes canadiennes ont été enterrées sous les records de température, de chute de neige, d'incendies de forêt, d'orage et d'autres manifestations naturelles extrêmes. Pendant ce temps, la facture pour les réparations grimpe.

Un climatologue principal d'Environnement Canada, David Philips, s'inquiète pour les municipalités, qui, soutient-il, construisent encore de nouvelles infrastructures en se basant sur de vieux modèles qui ne sont plus adaptés.

Il faut «suivre le pas», plaide-t-il.

La Fédération canadienne des municipalités (FCM), qui a demandé au prochain gouvernement fédéral d'investir 1,5 milliard $ supplémentaires pour les infrastructures, répond que c'est plus facile à dire qu'à faire.

En entrevue vendredi à Vancouver, le président, Raymond Louie, a fait valoir que les administrations municipales étaient prêtes à travailler, mais que ce dont elles ont besoin, c'est de financement stable à long terme.

David Philips précise que le réchauffement climatique ne signifie pas que l'été durera jusqu'en janvier, mais plutôt que la météo connaîtra des sautes d'humeur extrêmes d'une saison à l'autre. Les orages ne seront pas nécessairement plus violents, mais les édifices, systèmes d'évacuation des eaux et digues vieillissants en prennent pour leur rhume. Avec le niveau des océans qui augmente et les côtes maintenant peuplées de jolis chalets équipés de télévisions à écran plasma et d'autres appareils électroniques luxueux, la tempête peut faire très mal.

«Cette tempête inondera davantage parce que le niveau de l'océan est plus élevé, a expliqué M. Philips. Et s'il y a des quartiers résidentiels ou des gens touchés, il y aura des pertes en assurance.»

Au Bureau d'assurance du Canada, on indique que les paiements de réclamations pour des dommages causés par les éléments n'étaient pas significatifs avant 2011. Ils s'élèvent maintenant à un milliard de dollars par année. En 2013, un record de 3,6 milliards $ a été atteint.

À Terre-Neuve-et-Labrador, le montant de l'assurance-habitation a explosé de 493 pour cent au cours des 20 dernières années, à cause de la météo.

La FCM estime qu'une structure de contrôle des eaux de ruissellement de 100 000 $ pourrait permettre à une municipalité d'économiser jusqu'à 10 millions $ en dommages.

«Nous voulons des investissements intelligents, a affirmé M. Louie de la fédération. Nous savons que si nous devions mieux investir dans nos infrastructures aujourd'hui, ces économies seraient tellement plus bénéfiques pour les Canadiens en général.»

«Le climat change de façon si importante, si rapidement que nous devons penser différemment (à nos infrastructures) et s'y adapter, a conclu David Philips. Juste parce que nous ne savons pas tout sur le climat ne signifie pas que l'on devrait ignorer ce que l'on sait.»

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