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Santé publique: mesures pour le nickel, mais pas pour les autres polluants

Le directeur de la Santé publique, le Dr... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le directeur de la Santé publique, le Dr François Desbiens

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La concentration de nickel dans l'air de Limoilou continue de diminuer et ses effets à long terme sur la santé sont peu préoccupants, conclut la Direction de la santé publique (DSP) de la Capitale-Nationale dans la mise à jour d'un avis publié en 2013. L'organisme gouvernemental s'inquiète davantage des autres polluants atmosphériques présents dans l'atmosphère, mais n'a pas commencé à les mesurer.

Le directeur de la santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens, a réagi mardi à la diffusion, par le Journal de Québec, des conclusions tirées d'une copie de travail du prochain avis de santé publique sur la question du nickel. 

Cette version préliminaire a été soumise aux membres du Comité intersectoriel sur la contamination environnementale dans l'arrondissement La Cité-Limoilou ainsi qu'au ministère de l'Environnement pour commentaires. La version finale, qui tiendra compte des remarques exprimées, est en préparation. Elle devrait être publiée d'ici «deux ou trois semaines». 

En attendant, le Dr Desbiens confirme que «la diminution de la concentration de nickel dans l'air ambiant s'est poursuivie» jusqu'à la fin de l'année 2014, selon les données fournies par le ministère de l'Environnement. Conséquemment, «les problèmes de maladies chroniques ou de cancers ne sont pas plus préoccupants qu'ils ne l'étaient dans le premier avis», produit dans la foulée d'épisodes de poussière rouge en provenance du Port de Québec. 

En 2013, la DSP statuait qu'une exposition aux taux de nickel observés, sur une base de 24 heures et sur une période de 70 ans, pourrait entraîner trois cancers du poumon sur une population de 85 000 personnes. Le risque était donc qualifié de «faible». Idem pour les maladies cardiaques et pulmonaires. 

Le nickel peut tout de même causer des réactions allergiques cutanées ou aggraver l'asthme chez des personnes prédisposées. «Ça, c'est toujours quelque chose qui est possible, même avec la diminution de la concentration», souligne le Dr Desbiens.

Préoccupations

Celui-ci se dit davantage préoccupé par l'ensemble des polluants présents dans l'air des grandes villes, lesquels augmentent les risques de maladies chroniques. À Québec, ces polluants sont générés par les activités portuaires, certes, mais aussi par le trafic automobile, le chauffage au bois, les entreprises de toutes sortes et l'incinérateur, énumère le directeur de la santé publique. Il ajoute qu'il y a de fortes chances que la vallée de la rivière Saint-Charles concentre ces indésirables dans la basse ville. 

Aucune mesure spécifique n'a toutefois été prise dans le secteur. «C'est quelque chose qu'il faudrait construire avec le ministère de l'Environnement, la Ville de Québec et les autres partenaires», tous d'accord, dit M. Desbiens. Le projet est «en discussion, mais pas encore en opération». 

L'Administration portuaire de Québec (APQ) a réagi positivement, mardi, aux constats du prochain avis public sur le nickel, qu'il a pu lire en primeur. Pour la porte-parole Marie-Andrée Blanchet, c'est la preuve que «les mesures de mitigation fonctionnent». Le Port est aussi encouragé que le rapport identifie «d'autres sources de polluants». 

Ces dernières années, l'APQ et son principal locataire, Arrimage Québec, ont investi environ 15 millions $ dans des stations d'échantillonnage et des canons à eau pour détecter et rabattre la poussière générée par les activités de transbordement. 

Véronique Lalande, porte-parole du groupe citoyen Vigilance Port de Québec, attend avec impatience le rapport de la DSP, qu'elle aurait bien voulu commenter elle aussi avant sa publication officielle. Déjà, elle se désole qu'il s'attarde à la concentration et aux effets du nickel, alors que les citoyens «veulent un portrait global de l'ensemble des effets à leur santé pour l'ensemble des produits qui sont transbordés et manutentionnés au port de Québec». 

«On apprend aujourd'hui qu'on est en train de nous patenter un rapport sur le plus petit dénominateur de cette problématique et qu'on l'a fait d'abord valider par des gens qui ont tous des intérêts à défendre», a-t-elle résumé. «Ça contribue à aggraver l'insécurité de la population et non à la diminuer.»

Le député de Beauport-Limoilou, Raymond Côté, a saisi la balle au bond pour dénoncer l'inaction des conservateurs dans le dossier de la pollution émanant du Port. 

«C'est une bonne chose que le directeur de santé publique étende son analyse à l'ensemble des particules en suspension dans l'air à Limoilou», a-t-il déclaré dans un communiqué. «Non seulement on rapporte que de nombreux polluants se mélangent à l'air que nous respirons, mais le fait que la charge de poussières est élevée nous laisse supposer qu'il y a des risques potentiels pour la population touchée.»

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