Un avis d'ébullition dure depuis deux ans à Saint-Alban

L'avis d'ébullition de Saint-Alban a été déclenché en... (Photo Shutterstock, ffolas)

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L'avis d'ébullition de Saint-Alban a été déclenché en 2013, après qu'une seule particule de la bactérie E. coli eut été trouvée dans l'eau brute.

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(Québec) Chaque matin depuis plus de deux ans, Justin Gignac et sa femme sortent un grand chaudron et font bouillir la quantité d'eau dont ils ont besoin pour la journée, avant de la placer au frigo. Comme 600 autres citoyens de Saint-Alban, dans Portneuf, ils doivent composer avec un avis d'ébullition qui s'éternise.

«C'est long, ça n'a pas de bon sens! En ville, on ne tolérerait jamais ça», lance M. Gignac en entrevue téléphonique. Selon lui, la Municipalité devrait agir plus rapidement pour garantir de l'eau potable à ses citoyens. «On sait qu'il y a des gens qui se sont tannés et qui ne la font pas bouillir, mais nous, on veut pas prendre la chance d'être malades», explique M. Gignac.

Durant l'hiver, le couple de retraités s'envole pour la Floride et profite donc d'une pause. Mais ils ont toujours la mauvaise surprise, au printemps, de constater que le problème n'est pas réglé. «Ils disent que ça va être fait pour 2016. J'ai bien hâte de voir ça!» s'exclame M. Gignac.

À la municipalité de Saint-Alban, le directeur général Vincent Lévesque Dostie comprend la grogne des citoyens, mais il soutient qu'elle n'est pas généralisée. «Même si c'est vraiment plate pour les citoyens, c'est pas dramatique de faire bouillir de l'eau», dit-il.

Depuis l'émission de l'avis d'ébullition, le 21 juin 2013, il s'est employé à bien faire comprendre la situation aux gens qui s'abreuvent à l'aqueduc municipal, soit environ la moitié de la population de Saint-Alban.

«Notre système de traitement des eaux est efficace à 99 %. Il nous manque environ 1 % et ça prend du temps, déterminer la véritable cause du problème. Il faut faire une caractérisation complète de l'eau», dit-il.

Selon lui, si la Municipalité avait agi dans l'urgence, elle aurait pu dépenser des milliers, voire des millions de dollars pour rien. C'est la présence d'une seule particule de la bactérie E. coli dans l'eau brute (non traitée) qui a déclenché l'avis d'ébullition en 2013. Depuis ce jour, jamais la bactérie n'a été détectée de nouveau dans l'eau.

«Là, on pense avoir trouvé la solution et ça va demander une modification de l'usine de traitement qui est relativement mineure», soutient M. Lévesque Dostie, sans avancer d'estimation des coûts. «Le délai, c'est vraiment pour ne pas que ça nous coûte les yeux de la tête et qu'on ait à refiler la facture aux citoyens», plaide-t-il. 

Pas un cas isolé

La municipalité de Saint-Alban n'est pas la seule au Québec à être aux prises avec un avis d'ébullition qui dure depuis plusieurs années. Selon les données du ministère de l'Environnement, disponible sur son site Web, 57 réseaux municipaux de distribution d'eau potable faisaient l'objet d'un avis d'ébullition en date de lundi. La plupart sont situés dans de très petites localités, qui ont peu de moyens pour régler le problème. Alors que certains avis ne durent que quelques jours, d'autres sont en vigueur depuis 15 ans, soit depuis l'adoption du Règlement sur la qualité de l'eau potable, en 2001.

À Saint-Casimir, le village voisin de Saint-Alban, les citoyens dont les résidences sont le plus au nord doivent par exemple faire bouillir leur eau depuis 2001. Même si les gens du secteur boivent cette eau de surface depuis des décennies, elle n'est pas traitée, et ne peut donc pas être certifiée conforme par le ministère de l'Environnement. D'où l'avis d'ébullition permanent. 

Au ministère de l'Environnement, la porte-parole Sophie-Anne Tremblay explique que la responsabilité d'offrir de l'eau potable aux citoyens revient aux municipalités, bien que le Ministère garde un oeil vigilant sur sa salubrité.

Le Règlement sur la qualité de l'eau potable prévoit que tout réseau desservant de l'eau de consommation à plus de 20 personnes au Québec est soumis à un contrôle de la qualité.

Disraeli prioritaire

Le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) confirme que la demande d'aide de la municipalité de Disraeli pour construire une usine de filtration de son eau a été reçue et est jugée «prioritaire».

Cette réponse fait suite à un article du Soleil, qui décrivait le ras-le-bol de la population de cette ville de la Chaudière-Appalaches, qui est aux prises avec des épisodes d'«eau noire» depuis 2002. Lorsque le réseau d'aqueduc est fortement sollicité, des dépôts de manganèse font leur apparition.

La porte-parole Audrey Garon explique que deux solutions ont été envisagées : l'une comprenant une étape de filtration par membrane, qui coûte un million de dollars de plus, et l'autre sans cette étape de filtration.

«Suivant les impératifs de saine gestion des finances publiques», le MAMOT préconise la deuxième solution, moins chère, mais qui reçoit quand même l'approbation du ministère de l'Environnement. Si la Municipalité opte pour la première solution, elle devra payer l'excédent. Une rencontre entre des représentants du MAMOT et la Municipalité est prévue en août «pour confirmer l'aide financière», soutient Mme Garon. 

=> Dix municipalités aux avis d'ébullition les plus longs

  • La Martre (Gaspésie)  2000
  • Harrington-Harbour (Côte-Nord)  2000
  • Port-Cartier (Côte-Nord) 2000
  • Saint-Casimir (Portneuf) 2001
  • Saint-Fortunat (Chaudière-Appalaches) 2003
  • Warden (Montérégie)  2003
  • Val-Alain (Chaudière-Appalaches)  2004
  • Lac-Saint-Paul (Laurentides) 2005
  • Saint-Louis-de-Gonzague (Montérégie)  2005
  • Saint-Elzéar-de-Témiscouata (Bas-Saint-Laurent)  2007

Note : Ce tableau fait état des systèmes de distribution municipaux seulement, qui desservent une partie de la population de ces localités.

Source : www.mddelcc.gouv.qc.ca

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