Uranium: pas d'acceptabilité sociale, pas de mine, tranche le BAPE

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Le ministre David Heurtel

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Un an et 254 mémoires plus tard, le BAPE recommande à Québec de dire non aux mines d'uranium. Le mouvement d'opposition civil est massif, et les incertitudes scientifiques, nombreuses pour un minerai demeurant «radioactif des milliers d'années», affirme l'organisme.

C'est un dossier de 600 pages que le Bureau des audiences publiques sur l'environnement a déposé au ministre David Heurtel. Le titulaire de l'Environnement et du Développement durable a fait savoir qu'il analysera en profondeur l'ensemble des recommandations avant d'agir.

La conclusion du BAPE est cependant claire. «Il serait contre-indiqué de donner le feu vert à l'exploitation de l'uranium sur le territoire du Québec dans le contexte actuel», écrivent les membres de la commission d'enquête présidée par l'ex-journaliste Louis-Gilles Francoeur.

L'écueil le plus flagrant qui se dresse devant les promoteurs de l'uranium, c'est l'absence presque totale d'acceptabilité sociale. «Une très large majorité des sociétés civiles et des corps politiques [...] est contre l'exploration et l'exploitation des mines d'uranium.»

L'analyse environnementale comprenait aussi les secteurs du nord de la province qui sont couverts par des conventions avec les Autochtones. Les Cris, les Inuits et les Naskapis «ont tous manifesté de vives craintes quant aux effets de la radioactivité sur les ressources vitales de leur territoire et sur la santé», écrivent les rédacteurs. «Le rejet de la filière uranifère [y] est quasi unanime.»

Nuire aux autochtones

Sur le territoire de la Baie-James, les Cris sont les militants antiuranium les plus connus. Le rapport signale qu'aucun nouveau bail minier» ne doit être accordé pour des gisements de ce minerai «dans les périmètres urbanisés».

Les commissaires notent que la Commission canadienne sur la sécurité nucléaire «conclut à l'absence d'un lien de cause à effet entre le développement de maladies, notamment cancéreuses, et le fait de vivre à proximité d'une mine ou d'installations uranifères».

Mais les commissaires ajoutent que «force est de constater que la simple crainte d'une contamination des aliments par des substances radioactives peut engendrer des modifications dans les habitudes alimentaires, de chasse et de pêche. Ultimement, cela pourrait nuire aux populations autochtones.»

De l'avis du BAPE, une analyse «coûts/bénéfices» de la filière de l'uranium s'impose. Si la demande pour ce minerai lui apparaît stable, le Bureau des audiences préconise que plus d'efforts soient consacrés à la couverture de risques à long terme que représentent «des événements rares et catastrophiques». Une allusion à des accidents nucléaires, comme celui qui a frappé la centrale de Fukushima, au Japon, en 2011.

De plus, la gestion des résidus miniers de l'uranium soulève de «nombreuses incertitudes», tandis que «des questions demeurent sans réponse en ce qui a trait aux risques pour la santé des personnes et pour l'intégrité des personnes».

Le ministre David Heurtel a réagi par communiqué de presse. «Nous constatons que le développement de projets d'exploration et d'exploitation d'uranium suscite des inquiétudes.

«Nous nous engageons à prendre des décisions éclairées qui tiennent compte des répercussions que ce type d'activité peut avoir sur l'environnement, l'économie et le milieu social des communautés locales et autochtones.» La décision sera prise par un comité de ministres, dont il fait partie, comme son collègue Pierre Arcand (Ressources naturelles).

L'Association minière du Québec a tenu à «saluer» les intentions de David Heurtel de «prendre le temps de bien analyser le rapport du BAPE». L'AMQ soutient que la Saskatchewan a fait la preuve «qu'il est possible de bien exploiter une mine d'uranium [...] sans risque significatif à la santé humaine».

Signalons que le climat était tendu entre l'industrie minière et le BAPE. L'entreprise Strateco a tenté d'amener Louis-Gilles Francoeur à se récuser. La firme, qui s'est placée sous la loi la protégeant de ses créanciers, poursuit le gouvernement du Québec pour 190 millions $, alléguant qu'un moratoire sur l'uranium a été imposé de façon «cavalière». Strateco est promoteur du projet Matoush, au nord de Chibougamau.

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