Énergie-Est: le comité d'experts de Québec ne rassure pas Greenpeace

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Le ministre David Heurtel a approuvé, jeudi, la désignation de quatre scientifiques, recommandée par le Bureau des audiences publiques sur l'environnement dont il est le responsable. Le BAPE pourra compter sur leur expertise lorsqu'il tiendra des audiences sur Énergie-Est.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) La nomination par Québec de spécialistes chargés de surveiller les travaux que conduira Énergie-Est pour compléter le tracé de son oléoduc et tenter de trouver un nouvel emplacement pour un port pétrolier en eaux québécoises est loin de rassurer Greenpeace.

Le ministre David Heurtel a approuvé, jeudi, la désignation de quatre scientifiques, recommandée par le Bureau des audiences publiques sur l'environnement dont il est le responsable. Le BAPE pourra compter sur leur expertise lorsqu'il tiendra des audiences sur Énergie-Est.

Entre-temps, les chercheurs s'assureront que le promoteur TransCanada utilise les «meilleures pratiques environnementales» pour les relevés sismiques en milieux terrestre et aquatique et les sondages géotechniques en milieu terrestre. Le groupe est présidé par Ghislain Chouinard, un expert des ressources vivantes dans le sud du golfe Saint-Laurent.

«À ce stade-ci, il est important de préciser que le comité n'aura pas à se pencher sur la construction d'ouvrages, mais uniquement sur les travaux préliminaires que compte réaliser TransCanada», a fait savoir le cabinet du ministre de l'Environnement et du Développement durable.

Responsable de la campagne Énergie/Climat pour Greenpeace, Patrick Bonin a soulevé que la constitution du groupe-conseil «ne change rien au fait que le Québec a mandaté un BAPE à rabais, insatisfaisant, grandement incomplet, par rapport au projet de TransCanada». Il a fait valoir qu'il s'agissait d'un dossier «complexe», un investissement de 12 milliards $ pour un pipeline de 4600 kilomètres allant de l'Alberta au Nouveau-Brunswick.

L'écologiste en a contre le fait que, dans la future enquête du BAPE, «la question des GES est évacuée». L'examen ne tiendra pas compte des rejets de gaz à effet de serre, générés à la source par le pétrole extrait des sables bitumineux de l'Alberta, hydrocarbure que transportera l'oléoduc, a dénoncé Patrick Bonin.

«Et le gouvernement a aussi retiré la dimension économique du mandat. Or, ce sont deux enjeux majeurs. Ils doivent être soumis à des audiences publiques. Le mandat est déficient.»

Il a mentionné que la firme TransCanada «n'a pas reconnu officiellement la légitimité du BAPE». Tout comme, a-t-il ajouté, la compagnie n'a pas confirmé qu'elle «participera de bonne foi» aux auditions que tiendra l'organisme québécois.

M. Bonin ne critique pas la composition du groupe d'experts mis sur pied. La présence du biologiste Chouinard semble offrir la garantie que la saga du projet Cacouna, où Énergie-Est devait à l'origine établir un port pétrolier en pleine pouponnière des bélugas, ne se reproduira pas, a-t-il dit en substance.

«S'il y a des milieux sensibles qui sont visés par TransCanada, il faut s'attendre que les experts vont refuser même les travaux préliminaires, s'ils posent problème, et exiger les plus hauts standards de protection.»

Le porte-parole de Greenpeace a dit craindre que le Québec soit «contraint éventuellement par l'agenda du fédéral». Les experts québécois se penchent sur les «travaux préliminaires», mais, à l'Office national de l'énergie, «le rouleau compresseur continue d'avancer pour l'évaluation fédérale».

Il en a donné pour preuve que l'ONÉ vient de publier une liste conférant le statut «d'intervenant» dans les audiences à de nombreuses organisations autochtones. Patrick Bonin a aussi fait remarquer que l'Office de l'énergie de l'Ontario a commencé à évaluer le projet «sur l'ensemble du [trajet du] pipeline», en novembre 2013. «Si le fédéral continue d'avancer comme ça, le Québec, malgré le fait qu'il ajoute des experts, n'aura pas le temps d'évaluer en profondeur», a-t-il conclu.

Le BAPE doit déposer au gouvernement son rapport 60 jours avant les audiences de l'ONÉ. Si le projet ne respecte pas les lois environnementales du Québec, il n'aura pas lieu, a tenu à faire valoir un porte-parole du ministre Heurtel. Énergie-Est doit traverser le Québec sur 700 kilomètres.

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