Exploitation forestière: entente entre Québec et le Grand conseil des Cris

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Le premier ministre Philippe Couillard et le Grand chef Matthew Coon-Come ont convoqué les médias à l'Assemblée nationale, lundi, afin de souligner en grandes pompes la ratification de l'entente Québec et le Grand conseil des Cris.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Québec et le Grand conseil des Cris ont signé un accord pour la création d'aires protégées, le rétablissement de la population de caribous forestiers et la gestion de l'exploitation forestière sur un territoire désigné par la Paix des braves. Un accord contesté, notamment par les Innus de Masteuiash.

La ratification de l'entente s'est voulue en grandes pompes. Le premier ministre Philippe Couillard et le Grand chef Matthew Coon-Come ont convoqué les médias au Salon rouge de l'Assemblée nationale, lundi.

Québec met ainsi 9134 kilomètres carrés de territoire du Nord, dans le secteur de la rivière Broadback qui coule vers la baie James, dans des aires protégées et des réserves de biodiversité. La moitié de cette superficie se trouvait déjà sous protection.

L'accord servira surtout à harmoniser les pratiques forestières et mettre fin à une querelle entre les Cris et la firme Résolu. Le dossier a nécessité l'intervention comme négociateur de l'ex-premier ministre Lucien Bouchard.

Les autochtones renoncent à la poursuite de 13 millions $ qu'ils ont lancée, il y a deux ans, contre l'entreprise qu'ils accusaient d'effectuer des coupes à blanc. «Depuis six mois, nos négociateurs ont travaillé fort», a indiqué Matthew Coon-Come. C'est plus que la fin d'une dispute, c'est le début d'un partenariat, a-t-il poursuivi en substance.

Le litige portait sur l'abattage d'arbres au nord du lac Saint-Jean. La zone avait été identifiée par lettre d'entente entre les Cris et le Québec, à l'époque de la Paix des braves, accord historique signé, en 2002, sous le gouvernement de Bernard Landry.

Les Innus se sont immédiatement opposés avec virulence à l'annonce conjointe de MM. Coon-Come et Couillard. Le chef Gilbert Dominique a dénoncé les «tractations de coulisse du Grand conseil des Cris. Nous exigeons que l'entente ne soit pas mise en oeuvre. Nous envisageons toutes les options, y compris la contestation juridique».

Pour le leader de Masteuiash, le litige remonte à la ratification de la lettre Baril-Moses (noms d'un ministre québécois et d'un Grand chef cri). Selon M. Dominique, «pour des raisons que nous ignorons», Québec aurait reconnu aux Cris «des activités de piégeage et de trappe sur un territoire qui est essentiellement le nôtre. C'est devenu un enjeu [de revendications] territorial». En point de presse, Matthew Coon-Come a nié que ce soit le cas.

L'accord de lundi a aussi été renié par une communauté crie. Le chef Marcel Happyjack, de Waswanipi, a fait savoir qu'il ne reste que 10 % de forêts vierges sur l'ensemble du territoire de sa communauté. «Chaque arbre qui y sera coupé deviendra une controverse sur les marchés internationaux», a-t-il lancé en faisant allusion au fait que le recours judiciaire avait fait perdre la certification forestière FSC à Produits forestiers Résolu.

Le directeur des affaires publiques de la compagnie a réagi avec prudence. Pour Karl Blackburn, «il faut prendre le temps de bien analyser l'accord. Mais c'est un pas dans la bonne direction». Pour ce qui est de la certification FSC, il a signalé que la décision dépend surtout du nouveau plan de Québec pour le caribou forestier.

Les groupes écologistes n'ont pas tous réagi de la même manière. Canopée, organisation environnementale à but non lucratif, a parlé «d'une percée mondiale en matière de protection dans la forêt boréale». Nature Québec et SNAP-Québec ont cependant relevé que des territoires névralgiques au caribou forestier sont négligés. Selon Patrick Nadeau, de SNAP-Québec, «l'absence de protection pour la forêt intacte au nord de la rivière Broadback est l'omission la plus évidente. L'aire protégée évite clairement la région de Mishigamish afin de ne pas importuner l'industrie forestière».

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