Le pape à la défense de l'environnement

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Le pape François

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(Québec) La «maison commune» de l'humanité, la Terre, est pratiquement en feu, et il faudra une «révolution culturelle» allant jusqu'à la «décroissance» économique dans certaines parties du monde pour éteindre l'incendie. Références chrétiennes en moins, le message aurait pu être écrit par Greenpeace, mais l'auteur en est bien le pape François, qui, dans une encyclique divulguée jeudi, a mis tout son poids dans la balance des changements climatiques.

«La Terre, notre maison commune, semble se transformer toujours davantage en un immense dépotoir», y déplore le saint père, qui appelle l'humanité à s'unir pour relever ce «défi urgent».

Intitulée Laudato si (Loué sois-tu), l'encyclique n'amène rien de neuf sur le plan scientifique, ni ne propose de solutions inédites. Le pape François y prend acte du «consensus scientifique très solide qui indique que nous sommes en présence d'un réchauffement préoccupant du système climatique. Au cours des dernières décennies, ce réchauffement a été accompagné de l'élévation constante du niveau de la mer, et il est en outre difficile de ne pas le lier à l'augmentation d'événements météorologiques extrêmes, indépendamment du fait qu'on ne peut pas attribuer une cause scientifiquement déterminable à chaque phénomène particulier.»

Mais le message du pape est avant tout, manifestement, politique. Ainsi, il met les échecs successifs des grandes réunions internationales sur le climat, dont la prochaine aura lieu à Paris en décembre, sur le compte de certains pays parmi les plus riches qui, dit-il, «semblent surtout s'évertuer à masquer les problèmes ou à occulter les symptômes, en essayant seulement de réduire certains impacts négatifs du changement climatique. Mais beaucoup de symptômes indiquent que ces effets ne cesseront pas d'empirer si nous maintenons les modèles actuels de production et de consommation».

En outre, les conséquences négatives des changements climatiques frappent principalement les pays en voie de développement, a estimé le pape François.

«Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n'est pas soutenable, tandis que d'autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C'est pourquoi l'heure est venue d'accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d'autres parties», écrit-il.

Jeb Bush en désaccord

Sur le plan politique, «la tombée de cette encyclique a des retombées très importantes, surtout aux États-Unis», a déclaré le père Thomas Rosica, qui agissait jeudi à titre de porte-parole du Saint-Siège lors d'une conférence de presse du Diocèse de Québec. Le pays de l'Oncle Sam est en effet un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre du monde, et une nation particulièrement religieuse où les catholiques (25 %) sont la deuxième confession en importance derrière les protestants (45 %).

Les condamnations n'ont en tout cas pas tardé dans les milieux climatosceptiques et chez les candidats républicains à la Maison-Blanche.

«Je respecte le pape, c'est un dirigeant formidable, mais ce problème doit être résolu dans le domaine politique... Je ne vais pas à la messe pour entendre parler économie ou politique», a réagi Jeb Bush, ancien gouverneur de la Floride et aspirant à la présidence.

«Je respecte le pape, c'est un dirigeant formidable, mais ce problème doit être résolu dans le domaine politique... Je ne vais pas à la messe pour entendre parler économie ou politique.»

Jeb Bush
Ancien gouverneur de la Floride et aspirant à la présidence

Plus tôt ce mois-ci, réagissant à une version coulée de l'encyclique, Rick Santorum, qui brigue lui aussi l'investiture républicaine, avait quant à lui enjoint l'Église à ne pas se mêler de science. M. Santorum est connu pour nier l'impact de l'activité humaine sur le climat.

À l'opposé, comme on s'en doute, plusieurs groupes écologistes ont accueilli très favorablement l'encyclique Laudato si, qui au Québec fut notamment saluée par l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, qui a «loué la courageuse prise de position du guide spirituel de l'Église catholique».

Église anglicane de Québec

Mais les appuis n'ont pas tous été aussi prévisibles. Parmi ceux que l'on voyait moins venir, notons celui de l'église anglicane de Québec, dont l'évêque Dennis Drainville a participé à la conférence de presse de jeudi au diocèse catholique.

«Aujourd'hui, le pape François mobilise l'humanité tout entière en vue d'accomplir la plus importante mission jamais requise des êtres vivants sur Terre. Il s'agit d'une tâche titanesque dont l'énormité pousse certains à nier l'existence de la crise», a déclaré Mgr Drainville, qui a promis l'aide de son diocèse dans cette oeuvre.

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