Oléoduc Énergie Est: Heurtel défend le mandat du BAPE

Le ministre de l'Environnement David Heurtel.... ((Photo La Presse Canadienne))

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Le ministre de l'Environnement David Heurtel.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Québec

Critiqué par les écologistes, le ministre de l'Environnement, David Heurtel, défend le mandat octroyé au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) afin qu'il se penche sur le projet d'oléoduc Énergie Est de TransCanada.

En mêlée de presse, mercredi, il s'est défendu d'avoir fait un «chèque en blanc» à TransCanada (TSX: TRP), le promoteur du projet, affirmant que le mandat respectait les lois environnementales québécoises en vigueur.

«Depuis mai 2014, nous disons qu'il y aurait un BAPE sur la portion québécoise du projet, a dit M. Heurtel. C'est l'application de nos lois en matière d'environnement.»

Une coalition d'organismes écologistes a critiqué le mandat du BAPE, annoncé lundi en fin de-journée, affirmant qu'il n'évaluerait pas les émissions de gaz à effet de serre (GES) globales de l'industrie des sables bitumineux.

«On ne va pas regarder l'ensemble des émissions de l'industrie albertaine, a répliqué M. Heurtel. Nous allons regarder spécifiquement ce que ce projet a comme impact au Québec en ce qui a trait aux GES.»

La coalition - qui regroupe l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, la Fondation David Suzuki, Équiterre, Greenpeace, Nature Québec et le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec - craint également que la société albertaine puisse entreprendre des travaux préliminaires avant que l'évaluation ne soit complétée.

Les organismes soulignent qu'une situation similaire était survenue au large des côtes de Cacouna en 2014, où se trouvent des bélugas. Les travaux avaient été interrompus à la suite d'un jugement de la Cour supérieure en faveur des écologistes.

«Le premier mandat du BAPE sur les travaux préliminaires, c'est: conseillez-nous pour établir un comité d'experts qui nous décrira les exigences nécessaires pour (obtenir) les certificats, a dit M. Heurtel. On va avoir un guide d'analyse.»

La coalition d'organismes écologistes déplore également que le mandat confié au BAPE exclue une analyse économique du projet, qui doit passer par le Québec avant de se rendre à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Sur cet aspect, le ministre de l'Environnement a répliqué que les ministères des Finances et de l'Énergie accomplissaient déjà un travail d'analyse économique, ajoutant qu'il allait se poursuivre.

«On va laisser ce travail d'analyse se faire et il sera conjugué avec le BAPE sur les questions plus environnementales», a affirmé le ministre Heurtel.

Selon lui, les audiences publiques du Bureau sur le projet de TransCanada devraient s'amorcer à l'automne, lorsque la société aura dévoilé le tracé final qu'empruntera son oléoduc en sol québécois.

Le tracé initial d'Énergie Est prévoyait le transport quotidien d'environ 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains à travers un oléoduc de quelque 4600 kilomètres vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

Toutefois, TransCanada a renoncé à la construction d'un port pétrolier à Cacouna, en raison de la présence de bélugas. La société évalue d'autres sites dans la province, mais estime que son projet serait envisageable avec un seul terminal au Nouveau-Brunswick.

Elle refuse néanmoins de dire à quel moment une décision finale sera prise dans ce dossier. La mise en service de l'oléoduc, initialement prévue à la fin de 2018, a été reportée en 2020.

De son côté, le porte-parole péquiste en matière de développement durable et d'environnement, Sylvain Gaudreault, a accusé le ministre Heurtel d'improviser sur un projet de «grande importance».

«Le ministre abdique la compétence du Québec aux mains de l'Office national de l'énergie, a-t-il souligné. On ne veut pas d'un demi BAPE parce qu'il a pris du temps à l'annoncer.»

Selon TransCanada, le Québec pourrait toucher des recettes fiscales de plus de 2 milliards $ en combinant la phase de conception et de construction ainsi que celle d'exploitation de l'oléoduc.

Plus tôt cette semaine, son président et chef de la direction, Russ Girling, a affirmé que même sans terminal pétrolier au Québec, les retombées économiques du projet seraient au rendez-vous pour la province.

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