Sécurité des barrages: Québec ne fait pas son travail, conclut un rapport

Le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars.... (Photo: PC)

Agrandir

Le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars.

Photo: PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le rapport du commissaire au développement durable n'a rien de rassurant quant à la sécurité des barrages : des lacunes dans la gestion des risques en matière de sinistres perdurent 12 ans après l'adoption de la Loi sur la sécurité civile, déplore Jean Cinq-Mars dans son document rendu public mercredi.

Les rapports du Vérificateur général se suivent et se ressemblent en matière de sécurité des barrages. 

«À plusieurs égards, les constats faits lors de la présente vérification ressemblent à ceux énoncés dans un rapport que l'organisation a publié en 2013 et qui portait sur la sécurité civile. [...] Tout comme pour la gestion des risques quant aux sinistres, les lacunes concernant la sécurité des barrages n'ont pas été corrigées, et ce, 12 ans après l'adoption de la Loi sur la sécurité civile, dont l'objectif était précisément de mettre de l'ordre dans ce secteur», note Jean Cinq-Mars.

Le Québec, précise-t-il, compte près de 6000 barrages qui jouent un rôle important dans la régularisation du régime hydrique et dans la conservation des habitats fauniques. De ce nombre, 758 sont exploités par Québec, les autres appartenant au privé ou aux municipalités. Tous sont soumis à la Loi sur la sécurité des barrages, et c'est le ministère de l'Environnement, par l'intermédiaire du Centre d'expertise hydrique du Québec, qui doit veiller à l'application de la loi.

M. Cinq-Mars constate que le ministère de l'Environnement n'a pas réussi à assurer le respect de la loi. Pourtant, souligne-t-il, le Ministère «peut recourir à des mesures légales [des amendes, par exemple] afin de favoriser une meilleure application, mais il néglige de le faire».

Autre constat troublant : le Ministère n'a toujours pas établi de critères visant à déterminer le caractère essentiel des barrages à la mission de l'État. «Pour plus de la moitié des barrages sous sa responsabilité, la démonstration de leur caractère essentiel n'est pas faite», précise M. Cinq-Mars, qui reproche aussi au Ministère d'avoir diminué la fréquence de ses activités de surveillance.

«Une trentaine d'interventions d'entretien en moyenne peuvent être menées annuellement, alors que plus de 300 sont prioritaires quant à la sécurité», écrit le commissaire.

M. Cinq-Mars remarque également que le Ministère ne respecte pas les exigences relatives aux plans de mesures d'urgence. «Pour près de 20 % des barrages, les plans n'ont pas été produits ou ne sont pas conformes. De plus, la préparation du personnel affecté à la gestion des situations d'urgence est insuffisante», précise-t-il.

En conférence de presse, M. Cinq-Mars a préféré ne pas commenter les impacts éventuels des coupes imposées au Centre d'expertise hydrique du Québec lors du dernier budget. «C'est au Centre de faire ses propres représentations si les coupes ont un impact sur la sécurité des barrages», a-t-il déclaré, prudent. 

Le commissaire au développement durable a néanmoins dit souhaiter une correction rapide des lacunes identifiées dans son rapport. Précisant ne pas avoir fait la vérification de la sécurité de chacun des barrages, M. Cinq-Mars a invité les citoyens demeurant près d'une telle installation à «poser des questions pour vous assurer que le barrage est sécuritaire».

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a dit mercredi prendre «très au sérieux» le rapport du commissaire au développement durable. 

«Nous agissons dès aujourd'hui. On va mettre en oeuvre l'ensemble des recommandations du rapport, on va augmenter le nombre d'inspections des barrages [...], on va augmenter la cadence en matière de plans d'urgence et on va améliorer les processus de reddition de compte et de tarification», a énuméré le ministre. 

«On se met en mode action, les citoyens doivent savoir qu'on prend la sécurité des gens très au sérieux», a insisté M. Heurtel, selon qui «on ne parle pas de négligence, mais de problèmes de gouvernance et de gestion». 

Avec la collaboration de Michel Corbeil

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer