Old Harry: des océanographes étudieront l'impact d'un déversement

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Le bateau de recherche scientifique universitaire Coriolis II sera en mer du 8 au 19 juin pour une expédition portant notamment sur l'éventualité d'un déversement de pétrole dans le golfe du Saint-Laurent.

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Johanne Fournier

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Le Soleil

(Rimouski) Jusqu'où se disperseraient les hydrocarbures dans le cas d'un déversement de pétrole dans le secteur d'Old Harry? Voilà ce qui motive en partie la prochaine mission d'une équipe d'océanographes de l'Institut des sciences de la mer (ISMER), rattaché à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). Une quinzaine de scientifiques prendront la mer dans une semaine à bord du Coriolis II pour une expédition d'une durée de deux semaines.

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Une partie de l'équipe qui participe à la mission scientifique de l'UQAR-ISMER: Érik Lapointe, Guillaume St-Onge, Daniel Bourgault, Ian St-Arnault et Ariane Plourde.

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Le navire de recherche mettra le cap vers le secteur d'Old Harry, situé à 80 km des Îles-de-la-Madeleine, là même où se situe un important gisement de pétrole. Les chercheurs s'attarderont plus particulièrement aux courants et à la dispersion des hydrocarbures en cas de déversement. «On va mettre une douzaine de bouées dérivantes pour voir comment l'eau se disperse au gré des courants du golfe, explique le professeur en océanographie, Daniel Bourgault. On va prendre des mesures des courants de surface et de la colonne d'eau. L'idée, c'est vraiment d'avoir une meilleure idée de l'impact qu'un déversement pourrait avoir sur l'écosystème.» 

Les bouées qui seront lancées en mer sont des balises GPS fixées sur une plate-forme flottante. L'équipement transmet la position géographique en temps réel. «Ça nous donne des informations indirectes de la circulation de l'océan et de l'impact des vagues, fait observer le scientifique. La bouée fait toutes sortes de tourbillonnements. Parfois, elle change de direction.» Ces données seront accessibles via le site www.notregolfe.ca.

Afin d'analyser le phénomène en cas de déversement dans les glaces, les chercheurs ont participé à des expérimentations en canot à glace. «On est allés sur la banquise et on a déployé nos bouées, raconte Daniel Bourgault. Même si on ne peut pas aller dans l'estuaire avec des canots, cette glace-là a dérivé et s'est retrouvée jusque dans le golfe du Saint-Laurent.»

C'est la première fois que les chercheurs de l'ISMER participent à une mission à bord du bateau de recherche pour étudier les conséquences qu'aurait un déversement pétrolier dans le secteur d'Old Harry. Une étude environnementale avait déjà été déposée par la pétrolière Corridor Resources dans l'espoir d'obtenir un permis d'exploration dans ce gisement. «Elle avait été beaucoup critiquée, dont par nous», tient à préciser le professeur Bourgault.

Avant de se rendre à Old Harry, le Coriolis reviendra au quai de Rimouski afin de changer d'équipage. Une nouvelle équipe d'océanographes mettra le cap vers le large de Pointe des Monts, sur la Côte-Nord, afin de valider une curieuse hypothèse récemment découverte, soit la présence de canyons sous-marins. Ceux-ci pourraient atteindre de 250 à 300 mètres de profondeur. «Normalement, des canyons, ça se forme où il y a des grosses rivières ou par la dérive littorale, fait remarquer le professeur et titulaire de la chaire de recherche du Canada en géologie marine, Guillaume St-Onge. Au large de Pointe des Monts, il n'y a ni l'un ni l'autre. C'est cette question-là qu'on veut élucider pour comprendre comment ils se produisent. Ce sont des canyons sous-marins creusés par des courants granitaires. Donc, c'est du sédiment qui devient plus dense, qui coule et qui crée des canyons.»

Les deux portions de cette mission s'élèvent à 500 000 $. Le financement provient de différents partenaires, dont principalement le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada. À elle seule, cette mission bénéficie de la moitié du financement total accordé annuellement pour l'ensemble de la recherche scientifique au Canada. «Ça démontre que c'est très compétitif et que l'UQAR tire bien son épingle du jeu», fait valoir le professeur Bourgault. Pour suivre les travaux de recherche en temps réel : www.ismer.ca

Le cinéaste montréalais Félix Lamarche fera partie de l'équipage. Avec la collaboration de Paraloeil de Rimouski, il tournera un documentaire. Ce projet s'inscrit dans un programme de résidences en cinéma et en sciences de la mer appelé Plan large.

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