Débat sur le BAPE: Couillard annule sa visite au port de Québec

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

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(Québec) Mécontent du traitement réservé à son ministre de l'Environnement, Philippe Couillard annule une rencontre prévue avec les autorités du Port de Québec.

La rebuffade publique servie par le Port au ministre David Heurtel, qui vantait pourtant la veille leur «collaboration» réciproque, n'a pas plu au premier ministre.

«Franchement, j'ai trouvé ça bien décevant. D'ailleurs, moi, j'avais une visite prévue au port de Québec que j'ai annulée. [...] Je veux dire très clairement que les lois environnementales du Québec, elles s'appliquent partout au Québec. Y compris dans les ports.»

La proposition de mener conjointement une analyse des impacts environnementaux du projet d'agrandissement et de tenir un BAPE spécifique sur les enjeux qui relèvent des juridictions québécoises lui apparaît «élégante et intéressante» pour le Port.

«Je suis assez surpris de cette attitude, ce matin [jeudi], j'ai donc préféré annuler ma visite», a noté M. Couillard. Il importe d'abord de «rétablir un ton plus collaborateur» avant d'aller plus loin, ajoute-t-il. La question n'est pas de savoir s'il y aura un BAPE, prévient le premier ministre, mais si le Port tient à «dédoubler le processus» et tenir ses propres consultations en parallèle. La porte est encore ouverte, assure M. Couillard. Mais «on ne laissera pas aller nos responsabilités et notre juridiction, on va les assumer», dit-il.

La visite des installations portuaires était prévue depuis quelques semaines dans le cadre de la Stratégie maritime du gouvernement. «Je trouvais que l'ambiance aujourd'hui ne se prêtait pas à une conversation agréable», a dit le premier ministre.

Le PQ veut plus qu'un «BAPE de pacotille»

De son côté, le Parti québécois réclame plus qu'un «BAPE de pacotille» et exige que le Québec ait le dernier mot sur l'agrandissement du port.

Le candidat péquiste dans Jean-Talon, Clément Laberge, se félicite d'avoir invité le projet du Port dans l'élection complémentaire. Il estime que sa sortie a forcé le ministre de l'Environnement à annoncer la tenue d'un BAPE.

«On n'est pas contre le développement du port, a affirmé M. Laberge. Mais au XXIe siècle, le développement doit se faire avec les gens.» Pour lui, la solution proposée par le ministre Heurtel, «ce n'est clairement pas assez». «Il faut que le BAPE ait des dents et puisse jouer son rôle comme partout ailleurs au Québec», a-t-il déclaré.

Ses collègues du caucus Bernard Drainville, Sylvain Gaudreault et Agnès Maltais ont abondé dans le même sens. Le communiqué du Port qui «déplore» la «sortie prématurée» du ministre Heurtel est du «jamais vu», selon eux.

Le ministre doit écrire une lettre pour mandater le BAPE, et s'assurer qu'un certificat d'autorisation du gouvernement du Québec soit obligatoire pour que le projet soit autorisé, soutiennent-ils.

Le candidat libéral dans Jean-Talon, Sébastien Proulx, juge que le PQ instrumentalise l'élection complémentaire pour parler du projet du Port de Québec. «Il y a à peu près juste dans Jean-Talon, près du Versant-Nord, qu'on pouvait se retrouver en danger si un train avec des hydrocarbures pouvait y passer, alors qu'on traverse la capitale nationale en entier, note-t-il. Faire de la politique comme ça appartient à une époque qui n'est pas la mienne.»

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